« Nous valorisons nettement mieux le lisier avec l’injecteur prairie sur notre tonne à lisier sans perdre en débit de chantier »
À la Cuma du Don dans le Calvados, la tonne à lisier avec l’injecteur spécial prairie réalise 80 % des épandages. La réduction des pertes d’azote ammoniacal par volatilisation et la meilleure valorisation des effluents d’élevage ont motivé les adhérents à investir dans cet équipement spécifique.
À la Cuma du Don dans le Calvados, la tonne à lisier avec l’injecteur spécial prairie réalise 80 % des épandages. La réduction des pertes d’azote ammoniacal par volatilisation et la meilleure valorisation des effluents d’élevage ont motivé les adhérents à investir dans cet équipement spécifique.
À la Cuma du Don de Landelles-et-Coupigny dans le Calvados, la tonne à lisier à deux essieux Samson TG 20 de 20 000 litres, équipée d’un injecteur à disques spécial prairie de 8 m de large, épand 20 000 mètres cubes sur les 25 000 mètres cubes annuels de l’activité. Acté en 2023, l’achat de cet ensemble d’une valeur de 200 000 euros a demandé quatre ans de réflexion. Aujourd’hui, les 12 adhérents engagés ne feraient pas marche arrière. Ce projet a été en majeure partie porté par Adrien Letellier, trésorier de la Cuma.
« Alors que les adhérents travaillaient depuis toujours avec une tonne à lisier dotée d’une buse, il n’était pas question d’investir dans un nouveau modèle sans l’équiper d’un outil d’épandage. Les effluents d’élevage méritent d’être correctement valorisés pour limiter les achats d’engrais chimiques et ainsi réduire les coûts. », indique-t-il.
Une démonstration de la tonne à lisier Samson a boosté le projet
Le jeune éleveur laitier, convaincu des bienfaits humains et économiques d’utiliser le matériel agricole en commun, a d’abord organisé une première réunion en 2019, avec Frédéric Lavalou de la FDCuma du Calvados, afin de présenter les intérêts des outils d’épandage et leur action positive sur les réductions des pertes d’azote ammoniacal par volatilisation. Or, ce fut un échec, car seuls deux adhérents ont participé. À l’époque, l’approche théorique n’a pas séduit. La période Covid-19 a ensuite mis le dossier en sommeil, mais le jeune agriculteur n’a pas baissé les bras. Il a organisé en 2022 une démonstration au champ avec un ensemble équivalent à celui que la Cuma possède aujourd’hui. « Lors de la présentation en conditions réelles par les établissements Blanchard, concessionnaire New Holland et distributeur de Samson, la donne a changé, car onze adhérents étaient présents sur les douze engagés sur l’activité lisier. Les agriculteurs aiment les choses concrètes et ils ont été séduits par la qualité du travail réalisé par l’injecteur Samson TE 8 spécial prairie. »
De 500 à 750 mètres cubes par jour avec la tonneà lisier Samson TG 20 et l'injecteur prairie
« Avant de finaliser l’achat, dix mois ont été nécessaires, car nous avons visité plusieurs Cuma pour faire le tour de différents outils d’épandage : injecteur prairie, rampe à pendillards et rampe à patins. Les rampes ont finalement été écartées, car nous avions peur au risque de casse, donc de l’envol du coût d’utilisation, comme chaque adhérent prend la tonne à lisier avec son tracteur. Les petits incidents rencontrés avec le pulvérisateur traîné utilisé en commun ont influé cette décision. » La perte de débit de chantier était au cœur des préoccupations des agriculteurs, mais chaque Cuma rencontrée les a rassurés sur ce sujet et a fini de convaincre les indécis. En effet, contrairement aux idées reçues, les outils d’épandage ne pénalisent pas le débit. Les utilisateurs de l’injecteur spécial prairie de la Cuma du Don ont d’ailleurs rapidement validé ce point, en constatant que le débit était comparable à celui de l’autre tonne à lisier, une Joskin de 18 000 litres, équipée d’une double buse à palette. « Il est appliqué entre 500 et 750 mètres cubes par jour, selon la distance entre la fosse et les parcelles. Dans les champs jouxtant mon exploitation, j’arrive à réaliser cinq voyages par heure, c’est-à-dire un débit de 100 mètres cubes par heure », précise Adrien Letellier.
Davantage de fourrage avec moins de lisier apporté
L’agriculteur, comme les adhérents engagés dans l’activité lisier, valorise nettement mieux les effluents liquides depuis l’arrivée de l’ensemble Samson. Étant donné que le lisier ou le digestat est déposé au contact de la terre dans un sillon formé par des disques espacés de 18 cm, les pertes d’azote ammoniacal par volatilisation sont fortement réduites. En effet, selon les études réalisées par différents organismes, elles peuvent dépasser 80 % avec une buse à palette dans les conditions les plus défavorables, alors qu’elles oscillent entre 5 et 10 % avec l’injecteur prairie. « Cette optimisation nous a permis de réduire les apports de lisier par hectare, en passant de 60 à 80 mètres cubes auparavant à 20 à 50 mètres cubes aujourd’hui. Ceci permet de fertiliser davantage de surfaces », souligne Adrien Letellier. L’éleveur reconnaît toutefois que les quantités d’engrais chimiques achetées n’ont pour autant pas forcément baissé chez les adhérents. « Comme le lisier est mieux valorisé par les plantes, les rendements ont progressé et nous produisons davantage de fourrages par hectare. Cela se traduit sur le niveau de production laitière qui, à périmètre identique, a progressé de 20 % ces dernières années dans les exploitations du groupe. »
Une faible différence de coût entre l'apandage du lisier à la buse et l’injecteur
La Cuma du Don possède toujours la tonne à lisier Joskin de 18 000 litres à deux essieux, qui épand avec sa double buse à palette environ 5 000 mètres cubes par an. Cette tonne à lisier à compresseur, achetée 50 000 euros en 2014, est aussi utilisée pour assurer du transfert de lisier ou de digestat entre les lieux de stockage. Pour inciter les adhérents à privilégier la tonne à lisier Samson et son injecteur à disques spécial prairie, la différence de tarif est volontairement limitée entre les deux tonnes. En effet, la Joskin est facturée 80 centimes d’euro par mètre cube, alors que l’ensemble Samson ne coûte que 20 centimes de plus, soit un euro. Il faut préciser qu’un dossier PCAE a permis d’obtenir une subvention de 30 %, soit 60 000 euros, et que l’investissement est amorti sur neuf ans. « Vu le montant engagé, il est important que la tonne à lisier la plus récente fonctionne en priorité. À son avantage, l’injecteur se déplie en moins de 10 secondes, ce qui permet d’être rapidement opérationnel. Il s’utilise entre 5 et 11 km/h selon la dose appliquée et n’est pas tirant. Un tracteur de 160 chevaux suffit dans les parcelles plates, tandis qu’un modèle de 200 chevaux fait l’affaire dans les terrains vallonnés. Ces niveaux de puissance sont disponibles chez les adhérents. »
L’injecteur prairie Samson valorisé sur les chaumes
L’outil d’épandage est également utilisé sur les chaumes, même s’il n’est pas conçu pour ces conditions. « À notre grande surprise, il fonctionne parfaitement dans les cannes de maïs. En revanche, sur les étaux de blé, la terre s’incruste entre les tuyaux de descente du lisier et leur fixation, finissant par les pincer et coupant ainsi le flux de matière. Il est donc recommandé de nettoyer régulièrement les supports pour éviter ce souci », remarque Adrien Letellier. Certains adhérents ont aussi testé sur les terres déchaumées, mais le résultat n’est pas probant. L’injecteur prairie Samson TE 8, récemment rebaptisé Samson IDs 8 par le constructeur danois, est clairement vendu pour un appareil spécial prairie et sa polyvalence s’en trouve obligatoirement limitée.
Par ailleurs, pour garantir un bon entretien et un bon vieillissement de l’ensemble, les articulations et les paliers de la tonne et de l’outil d’épandage Samson sont lubrifiés par une centrale de graissage automatique. « Et pour être sûrs que le bac à pierres du système de pompage et celui de l’injecteur sont bien vidés tous les jours, nous avons opté pour une commande hydraulique, afin de piloter facilement leur ouverture depuis la cabine », termine le trésorier de la Cuma du Don.
David Laisney
Un pré-équipement pour chaque tracteur attelé à la tonne à lisier Samson
Pour garantir une utilisation optimale et simplifier l’attelage de la Samson TG 20 et de l’injecteur spécial prairie, dix kits d’installation, composés chacun d’un faisceau Isobus, d’un retour libre hydraulique et de supports à boule RAM, ont été négociés lors de l’achat par la Cuma du Don de Landelles-et-Coupigny dans le Calvados. Ces accessoires ont été montés sur les dix tracteurs qui assurent l’épandage du lisier. Les deux fixations RAM, fixées à demeure dans les cabines, s’utilisent pour accrocher le terminal de commande et l’écran de la caméra arrière, ainsi que le joystick pilotant les principales fonctionnalités de la tonne. Aussi, comme le remplissage est réalisé par un bras de pompage latéral à simple articulation, douze cônes de reprise ont été achetés avec l’ensemble, soit un par adhérent engagé dans l’activité lisier.