Les prix du blé et du maïs reculaient vendredi sur les marchés internationaux, dans un contexte de prises de bénéfices de fin de semaine. Seul le maïs affichait une légère progression sur Euronext. Par ailleurs, les conditions de culture du maïs continuaient de se dégrader en Europe, notamment en France. La vague de chaleur observée ces derniers jours ne devrait pas contribuer à améliorer la situation.
Repli du blé sur le CBOT
Les cours du blé au CBOT ont perdu entre 6 et 13 cents par boisseau selon les échéances, les plus fortes baisses étant observées sur les contrats les plus rapprochés. La volatilité est toutefois restée limitée, avec des écarts intra journaliers compris entre 1 et 12 cents par boisseau.
L'échéance décembre 2026 a cédé 12,75 cents pour clôturer à 714,25 cents par boisseau. Le contrat mars 2027 reculait également de 13 cents, à 730 cents par boisseau.
Les faibles précipitations attendues dans le nord-ouest des États-Unis ne devraient pas ralentir les semis de blé d'hiver. À l'inverse, les pluies annoncées dans les Grandes Plaines pourraient localement être abondantes, même si elles contribueront à reconstituer les réserves hydriques des sols.
Sur le marché des changes, l'euro poursuivait son rebond face au dollar vendredi, atteignant 1,1486 $. La veille, la monnaie unique s'échangeait à 1,1476 $. Ce lundi matin à 6 h 35 (heure de Paris), l'euro revenait néanmoins à 1,1475 $.
Léger recul du maïs à Chicago
Les cours du maïs à Chicago perdaient entre 2 et plus de 3 cents par boisseau selon les échéances, sous l'effet du repli des cours pétroliers.
Le Brent reculait de 0,76 %, à 103,30 $/baril, tandis que le WTI américain abandonnait 1,11 %, à 99,73 $/baril. Ce lundi matin, le mouvement baissier s'accentuait, avec un recul de 2,32 % pour le Brent et de 1,72 % pour le WTI.
Le marché anticipe une reprise des flux pétroliers saoudiens malgré les attaques menées par les Houthis. Dans le même temps, les tensions demeurent élevées au Moyen-Orient et dans la région de la mer Noire, alimentant une forte volatilité des marchés énergétiques. L’Iran a frappé un pétrolier togolais dans le détroit d’Ormuz et les Ukrainiens ont attaqué au moyen de drones une raffinerie à proximité de Moscou.
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L'échéance décembre 2026 perdait 3 cents par boisseau à 527,5 cents, tandis que mars 2027 reculait également de 3 cents, à 541,5 cents par boisseau.
Par ailleurs, les fortes pluies attendues cette semaine dans le Midwest américain pourraient compliquer la progression des récoltes.
Le blé perd du terrain sur Euronext
Sur Euronext, la volatilité est demeurée limitée tout au long de la séance, avec des variations ne dépassant pas 2 à 3 €/t selon les échéances. Les cours ont suivi la tendance observée à Chicago.
L'échéance décembre 2026 reculait de 2 €/t à 241,50 €/t, tandis que mars 2027 cédait 1,25 €/t pour s'établir à 244,75 €/t.
Léger rebond du maïs sur Euronext
Les cours du maïs ont peu évolué au cours de la séance. Si la plupart des échéances demeuraient relativement stables, le marché restait soutenu par la dégradation des conditions de culture en France.
Sur l'échéance novembre 2026, le maïs progressait de 2,25 €/t à 264 €/t. Le contrat mars 2027 gagnait quant à lui 0,75 €/t, à 262,50 €/t.
Selon le rapport Céré'Obs publié par FranceAgriMer le 18 septembre, les conditions de culture du maïs se sont à nouveau fortement dégradées. La part des surfaces jugées « bonnes à très bonnes » n'atteint plus que 23 %, contre 26 % une semaine auparavant et 62 % à la même date en 2025. Par ailleurs, 27 % des surfaces françaises auraient déjà été récoltées, contre seulement 9 % la semaine précédente.
La Turquie relance les discussions sur un corridor maritime en mer Noire
La Turquie a présenté à l'Ukraine et à la Russie une nouvelle proposition visant à sécuriser la navigation en mer Noire. Le projet prévoirait l'arrêt des attaques sur une bande maritime de 4 à 5 miles empruntée par les navires transitant en eaux internationales après leur sortie des eaux territoriales ukrainiennes.
Cette zone est aujourd'hui considérée comme particulièrement sensible. Ankara souhaite ainsi recréer un corridor sécurisé inspiré de l'accord sur les exportations de céréales conclu en 2022. Selon plusieurs sources, au moins 25 navires turcs auraient été visés depuis le début du mois de juin.
Ces discussions constituent un élément potentiellement baissier pour les marchés céréaliers dans la mesure où elles pourraient faciliter les exportations ukrainiennes.
Des exportations de maïs en forte hausse en Ukraine, mais un recul marqué du blé
Depuis le début de la campagne, les exportations ukrainiennes de maïs atteignent 1,81 million de tonnes au 16 septembre. Ce volume est quasiment deux fois supérieur à celui enregistré un an plus tôt à la même période, malgré les difficultés persistantes sur les routes maritimes de la mer Noire.
Pour le seul mois de septembre, plus de 200 000 tonnes auraient déjà été exportées, contre seulement 20 000 tonnes un an auparavant.
À l'inverse, les exportations de blé accusent un net ralentissement. Depuis le 1er juillet, elles s'élèvent à seulement 2,26 Mt contre 4 Mt à la même période de la campagne précédente. En septembre, 582 000 tonnes de blé ont été exportées, contre plus de 1,3 Mt un an plus tôt.
Cette différence s'explique notamment par les débouchés. Le blé ukrainien est principalement destiné aux marchés du Maghreb, de l'Égypte et de l'Asie, qui nécessitent un transport maritime. Le maïs bénéficie davantage de la proximité géographique de l'Union européenne et des solutions logistiques terrestres.
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Les exportations par rail ont d'ailleurs progressé de 53 % en septembre par rapport au mois d'août. Quelque 717 500 tonnes de céréales ont été transportées, dont 422 400 tonnes destinées à l'exportation. Parmi ces volumes, 118 000 tonnes ont été acheminées vers les ports du Danube, 11 000 tonnes vers les ports d'Odessa et 346 000 tonnes vers les points de passage frontaliers de l'ouest du pays.
Les délais logistiques continuent toutefois de se dégrader. Des expéditions d'Izmaïl vers l'Égypte ont récemment nécessité entre 26 et 33 jours, contre une douzaine de jours habituellement. Les conditions météorologiques automnales pourraient encore accentuer ces difficultés.
Des exportations roumaines toujours très soutenues malgré une qualité dégradée
Depuis le début de la campagne 2026-2027, la Roumanie a déjà exporté près de 2,8 Mt de blé tendre, confirmant sa position de premier exportateur de l'Union européenne.
La compétitivité du blé roumain à travers son prix FOB Constanta continue de soutenir les expéditions roumaines. Si ce rythme des exportations se maintient, une part importante du potentiel exportable pourrait être écoulée avant la fin de l'année civile.
Lors de la Bourse exceptionnelle des céréales organisée conjointement par le Crédit Agricole et Agro Paris Bourse ce vendredi 18 septembre 2026, Xavier Cassedanne, expert grains au Crédit Agricole, a souligné que la compétitivité roumaine reposait principalement sur un coût du blé au champs plus faible et sur l'efficacité logistique du port de Constanța.
Le port roumain bénéficierait notamment d'un taux de rotation des stocks proche de 10, contre moins de 5 en France. Il dispose également d'installations adaptées au chargement de navires Panamax, une capacité que seuls 3 silos français sur Dunkerque, La Palice et Montoir de Bretagne possèdent aujourd'hui.
Jean-François Lepy, directeur général de Soufflet Négoce by InVivo, rappelait également que les variétés cultivées en Roumanie ont été sélectionnées pour répondre aux exigences des marchés export, avec des teneurs en protéines fréquemment supérieures à 12,5 %. Certaines années, jusqu'à 70 % de la production nationale est destinée à l'exportation.
Selon une étude du Crédit Agricole, le standard export roumain atteint en moyenne 12,7 % de protéines, contre 11,5 % pour le blé français, davantage orienté vers les besoins spécifiques de la meunerie nationale.
Toutefois, cette analyse mérite d'être nuancée pour la campagne actuelle. Selon les témoignages recueillis par La Dépêche-Le Petit Meunier auprès d'importants opérateurs du commerce des grains, la qualité de la récolte roumaine s'est nettement dégradée en 2026. Un responsable d'une grande société exportatrice française indiquait ainsi que « près d'un navire sur deux chargés en Roumanie contient aujourd'hui du blé fourrager », ajoutant que certains acheteurs, notamment en Algérie, pourraient rapidement être confrontés à cette réalité.