COTidienne
Marché des céréales du 15 juillet 2026 : Envolée des prix du blé et du maïs sur les marchés CBOT et Euronext, bloquant toute décision sur le marché physique français.
L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 14 et le 15 juillet 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 14 et le 15 juillet 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Les Etats-Unis ont frappé à plusieurs reprises ce mercredi 15 juillet 2026 des installations iraniennes utilisées pour attaquer des navires dans le détroit d’Ormuz. L’Iran a bien sûr riposté et dit avoir visé des installations militaires des Etats-Unis dans différents pays du Golfe. L’annonce par Donald Trump de renoncer à sa taxe de 20 % sur le trafic dans le détroit d’Ormuz a rassuré les marchés. Sur un autre front, les Ukrainiens ont attaqué des installations énergétiques russes (raffineries, dépôts pétroliers et infrastructures portuaires) à l’aide de drones. Plusieurs raffineries ont été obligées de stopper temporairement ou définitivement leur activité fragilisant l’approvisionnement en carburant de la Russie. Des ports russes attaqués par l’Ukraine ont eu leurs installations d’exportation de pétrole fragilisées et des navires russes ont été attaqués en mer d’Azov. Le trafic de navires russes entre la mer Noire et la mer d’Azov via le détroit de Kertch est désormais proche de zéro compte tenu des risques.
Dans ce contexte, le prix du pétrole a continué à augmenter mais de façon plutôt timide. Le prix du Brent a ainsi progressé de seulement 0,07 % à 85,2 $/baril alors que son équivalent américain, le pétrole WTI gagnait 0,21 % à 79,85 $/baril. Ce jeudi matin, à 5 h 50 heure de Paris, le Brent diminuait de 0,56 % restant en dessous des 85 $/baril et le pétrole WTI diminuait de 0,39% à 79,69 $ /baril. La hausse reste modérée ce mercredi compte tenu d’une offre de pétrole abondante et d’une demande plus faible que prévue en raison du contexte économique.
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Le dollar a continué à se déprécier ce mercredi face à l’euro à la suite de la faiblesse des données de l’inflation aux Etats-Unis en juin. L’inflation est tombée à 3,5 %, première baisse en cinq mois, comparée à 4,2 % en mai. Un euro s’échangeait contre 1,1467 $ alors que le taux de change de l’euro la veille, mardi 14 juillet, était de 1,1421 $. Ce taux de change restait inchangé ce jeudi matin.
Dans ce contexte de reprise du conflit au Moyen-Orient et des attaques des Russes et Ukrainiens sur des infrastructures logistiques, les prix du blé et du maïs se sont envolés ce mercredi 15 juillet 2026 sur le marché CBOT de Chicago.
Le prix du blé sur le CBOT a ainsi gagné de 7 à plus de 30 cts$/boisseau selon les échéances. Il a bondi de 32,5 cts$/boisseau sur septembre 2026, échéance la plus travaillée, à 677,5 cts$/boisseau. Sur décembre 2026, il augmentait de 32,25 cts$/boisseau à 692 cts$/boisseau.
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Les exportations russes de blé étaient donc fragilisées par les attaques de l’Ukraine en mer d’Azov, alors que des terminaux d’exportation ukrainien en mer noire étaient fragilisés par les attaques russes. Un report vers des achats de blé dans l’Union européenne pourrait s’opérer même si l’origine russe reste la plus compétitive à l’heure actuelle.
Selon la Bourse de Rosario, la production de blé en Argentine couvrirait 1,6 million d’hectares, le froid ayant favorisé les semis des 100 000 hectares qui restaient incertains.
Le prix du maïs a lui aussi augmenté de 6 à 9 cts$/boisseau dans le sillage du prix du blé et du pétrole, effaçant ses pertes de la veille. Sur décembre 2026, il progressait de 9 cts$/boisseau à 469,5 cts$/boisseau tandis que sur septembre 2026, il augmentait de 9 cts$/boisseau à 447,5 cts$/boisseau. Les fortes chaleurs sur le MidWest et les faibles précipitations sont surveillées par les opérateurs même si les conditions de culture sont actuellement favorables.
Ces bonnes conditions de culture aux Etats-Unis mais aussi au Brésil pèsent sur le marché et limitent le potentiel mondial de hausse. Le Brésil se prépare en effet à une nouvelle production abondante de maïs. La société nationale brésilienne a relevé ses estimations de la deuxième production de maïs (safrinha) de 107,9 Mt à 109,4 Mt, portant la production totale de maïs au Brésil sur 2025-2026 à 141,7 Mt. En parallèle, la demande intérieure brésilienne devrait augmenter compte tenu de l’augmentation du mélange obligatoire d’éthanol dans l’essence de 30 à 32 %, pendant 180 jours pour l’instant.
La production hebdomadaire de bioéthanol aux Etats-Unis a diminué de 53 000 barils par jour et les stocks ont augmenté de 463 000 barils par rapport à la semaine précédente, témoignant d’une demande en maïs moins soutenue.
Sur Euronext, les prix du blé et du maïs augmentaient fortement dans le sillage des prix sur le CBOT. Le prix du blé progressait de 1 à 15 €/t selon les échéances, les augmentations étant d’autant plus fortes que les échéances sont rapprochées. Il s’envolait ainsi de 15 €/t sur septembre 2026 à 231,5 €/t alors que sur décembre 2026, le prix du blé augmentait de 12 €/t à 234,75 €/t.
Selon Agreste, la production française de blé tendre serait de 32 millions de tonnes en 2026, un niveau inférieur de 4 % à celui de 2025 mais proche de la moyenne quinquennale, l’augmentation des surfaces cultivées ne suffisant pas à compenser la baisse des rendements espérés à moins de 70 qx/ha. Ce niveau de rendement est inférieur à 70 qx/ha pour la quatrième fois en France depuis 2017. Cette baisse des rendements touche tout particulièrement la Vendée, la Charente-Maritime, le Grand-Est et la Bourgogne.
Avec 11,1 Mt, la production d’orge serait en recul de 6 % par rapport à 2025, le rendement diminuant de 5,4 % sur un an. La sole de maïs grain est confirmée en baisse de 20 % et de très grandes inquiétudes sont exprimées quant au niveau de production.
Le prix du maïs augmentait sur Euronext de 3 à 5 €/t sur la plupart des échéances mais diminuait de 1 à 1,5 €/t sur les échéances éloignées au-delà de décembre 2027. Sur novembre 2026, le prix du maïs augmentait de 6,75 €/t à 246,25 €/t tandis que sur août 2026, le prix gagnait 5,25 €/t à 245,25 €/t.
Les fortes chaleurs des jours et semaines passées ont considérablement dégradé la culture de maïs. Des agriculteurs se voient dans l’obligation de valoriser leur culture dans la production de biomasse. De nombreuses parcelles de maïs grain devraient être valorisées en maïs fourrage avec des achats entre agriculteurs en direct. Les parcelles irriguées, même si elles sont dans un meilleur état que les parcelles non irriguées ont néanmoins souffert et les fortes chaleurs ont fortement dégradé la pollinisation.
Selon le dernier rapport hebdomadaire des positions des traders sur Euronext au vendredi 10 juillet 2026, les opérateurs dits financiers ont inversé leur position, passants net long sur le blé pour atteindre environ 23 600 lots. Sur le maïs, les opérateurs financiers ont augmenté leur position nette longue d’environ 100 lots pour atteindre environ 10 300 lots. Ces prises de position tiraient aussi les prix à la hausse ce mercredi 15 juillet.
Enfin, il est essentiel de noter que cette envolée des prix sur Euronext et le CBOT ont bloqué les échanges entre acheteurs et vendeurs, chacun d’entre eux préférant attendre d’y voir plus clair sur l’orientation du marché.
FONDAMENTAUX
Production, blé tendre, France : 32 Mt en 2026-2027 (source : Agreste)
Production, orge, France :11,1 Mt en 2026-2027 (source : Agreste)
Production, Céréales à Paille, France : 46,3 Mt en 2026-2027 (source : Agreste)
Surface, Maïs, France : 46,26 Mt en 2026-2027 (source : Agreste)
Production, Maïs (deuxième récolte dire Safrinha), Brésil : 09,4 Mt (société nationale brésilienne)