Les prix du blé reculaient ce mardi tant sur le CBOT que sur Euronext, malgré la dégradation des conditions de culture du blé de printemps aux États-Unis relevée dans le dernier rapport Crop Progress de l'USDA. Cette baisse était également encouragée par le développement des exportations ukrainiennes via des voies alternatives aux ports de la mer Noire. Le prix du maïs diminuait plus légèrement dans le sillage du blé, sa baisse étant limitée par la légère hausse du prix du pétrole.
Le prix du blé sur le marché du CBOT de Chicago
Le prix du blé sur le CBOT de Chicago reculait fortement ce mardi, de 6 à 11 cts$/boisseau selon les échéances, à la veille de la publication des estimations de l'USDA. Les baisses étaient d'autant plus importantes que les échéances étaient proches.
Ainsi, le prix du blé perdait 11 cts$/boisseau sur l'échéance de décembre 2026, la plus échangée, pour s'établir à 648,25 cts$/boisseau, et reculait de 10,25 cts$/boisseau sur l'échéance de septembre 2026, à 630,25 cts$/boisseau.
Le prix du maïs sur le CBOT
Le prix du maïs sur le CBOT reculait également, mais de manière plus modérée que celui du blé, de 1 à 2 cts$/boisseau selon les échéances. Ainsi, sur l'échéance de décembre 2026, la plus échangée, le prix perdait 1,25 cts$/boisseau pour atteindre 460,50 cts$/boisseau, tandis qu'il diminuait de 1,50 cts$/boisseau sur septembre 2026, à 436,75 cts$/boisseau.
Le prix du blé sur Euronext
Sur Euronext, le prix du blé reculait à nouveau de 1 à 5 €/t selon les échéances, les baisses étant plus marquées sur les contrats à court terme. Les prix progressaient légèrement sur les échéances les plus éloignées, à partir de 2028.
Sur l'échéance de décembre 2026, le prix du blé reculait de 2,75 €/t pour s'établir à 227,50 €/t, tandis que l'échéance de septembre 2026 cédait 4,50 €/t à 213,25 €/t.
Le prix du maïs sur Euronext
Le prix du maïs sur Euronext diminuait également malgré la nouvelle hausse modérée du pétrole, de 1 à 2 €/t selon les échéances. Sur l'échéance de novembre 2026, le prix perdait 2 €/t à 237,25 €/t, tandis que sur mars 2027, il reculait également de 2 €/t à 244,75 €/t.
Chute des prix du blé ukrainien dans un contexte de manque de capacités de stockage
Sur la semaine, les prix Fob du blé meunier et fourrager dans les ports ukrainiens ont baissé de 5 à 25 $/t. Les prix du blé meunier s'établissaient entre 163 et 170 $/t, tandis que ceux du blé fourrager oscillaient entre 155 et 163 $/t.
Cette tendance baissière s'expliquait par une offre de plus en plus abondante et une faible demande, freinée par l'arrêt de l'activité sur le port d'Odessa. Par ailleurs, face à cette baisse des prix, les industriels ukrainiens ne cherchaient pas à s'engager sur le long terme et se limitaient à couvrir leurs besoins à court terme.
Selon les données transmises par le ministère ukrainien de l'Agriculture, 79 % des surfaces de blé avaient été récoltées pour une production de 19,738 Mt, tandis que 86 % des surfaces d'orge avaient été moissonnées pour une production de 5,68 Mt.
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Face à cette faible demande et à des estimations d'exportations de céréales revues à la baisse pour la campagne 2026-2027, à 38 Mt, un déficit de 11 Mt de capacités de stockage est désormais évoqué. Cette situation suscite des inquiétudes à l'approche de la récolte du maïs et de l'arrivée des productions oléagineuses.
L'Ukraine multiplie ses efforts pour exporter via des itinéraires alternatifs à la mer Noire et négocie actuellement les tarifs de transit des céréales via une liaison ferroviaire traversant la Moldavie jusqu'au port roumain de Constanța. Les coûts logistiques d'exportation auraient augmenté de 50 $/t depuis l'arrêt des expéditions via Odessa et pourraient atteindre 70 $/t.
Contrairement à certaines rumeurs, aucun accord n'a été trouvé entre la Russie et l'Ukraine concernant une normalisation de la circulation maritime en mer Noire sous l'égide de la Turquie.
Une offre mondiale de blé confortable
Les prix du blé évoluent à la baisse dans un contexte de production mondiale abondante. Dans l’attente de la publication du rapport de l’USDA ce jour, la production mondiale est actuellement estimée à 820 millions de tonnes selon la dernière prévision de l’USDA de juillet.
Des récoltes importantes chez les principaux pays exportateurs exercent une pression baissière sur les marchés. Les productions de blé en Inde et en Chine, deux des plus grands pays consommateurs au monde, sont respectivement estimées à 117,5 et 140 millions de tonnes, des volumes qui devraient couvrir une part importante de leurs besoins.
Plusieurs pays bénéficient également de bonnes récoltes, leur permettant de réduire leurs besoins d'importation. La Syrie par exemple devrait être autosuffisante en blé pour la première fois depuis 2010. Ahmad Qadoun, directeur adjoint de l'Organisation des céréales, a confirmé que « il ne sera pas nécessaire d'importer cette saison ». Au total, 2,7 millions de tonnes de blé ont été collectées par l'Organisation générale des céréales, permettant de couvrir une demande estimée à 2,55 millions de tonnes. De même, au Maroc, la production céréalière 2026-2027, estimée à 9 millions de tonnes, dont 4,4 millions de tonnes de blé, est en nette progression grâce à des pluies exceptionnelles et permettra de réduire temporairement les importations.
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Face à une demande internationale de céréales peu dynamique et à une offre mondiale abondante, le prix du blé est actuellement dans une tendance baissière.
Un prix du pétrole Brent proche de 90 $/baril
Les tensions entre l'Iran et les États-Unis demeurent vives. Face aux revendications iraniennes, Donald Trump a déclaré ce lundi vouloir demander des compensations à l'Iran pour les attaques menées et pour les victimes tuées ou blessées.
Alors que des négociations sont en cours avec Oman concernant l'ouverture du détroit d'Ormuz, l'Iran affirme de son côté vouloir rétablir la libre circulation dans le détroit uniquement si les États-Unis versent des compensations pour les dommages subis.
Les opérateurs ne croient plus à une réouverture rapide du détroit d'Ormuz. Dans ce contexte, les prix du pétrole ont de nouveau progressé ce mardi 11 juin. Le Brent livraison septembre gagnait 1,64 % pour atteindre 89,32 $/baril, tandis que le WTI progressait de 1,17 % à 83,25 $/baril.
Cette hausse du pétrole constitue un facteur limitant la baisse des prix des céréales, et plus particulièrement du maïs. Ce matin à 7 h 45 (heure de Paris), le prix du WTI reculait de 0,03 %, tandis que celui du Brent progressait de 0,08 %.