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« Une moissonneuse-batteuse en propre pour répondre à nos exigences de récolte »

En renouvelant tous les cinq ans sa machine à 6 secoueurs, Régis Le Métayer, céréalier à Saint-Lambert dans les Yvelines, s’autorise une approche minutieuse de ses chantiers, dans le but d’optimiser la qualité de la paille et des semences qu’il commercialise.

« Nous commercialisons l’ensemble de la paille récoltée sur l’exploitation. Cela nous laisse très peu de souplesse dans l’organisation des chantiers », expose Régis Le Métayer, installé en Earl avec sa mère sur une exploitation céréalière de 300 hectares à Saint-Lambert, dans les Yvelines. « C’est la principale raison pour laquelle nous préférons disposer de notre propre moissonneuse-batteuse. » La machine à six secoueurs, une Massey Ferguson Beta 7370, a été renouvelée en 2017 pour une soulte de 90 000 euros. « Nous investissons tous les cinq ans environ, ce qui correspond à la durée d’amortissement. Cela permet de ne pas payer de plus-value, mais aussi de disposer d’une machine assez récente, moins soumise au risque de panne », explique l’exploitant.

Une machine de démonstration mieux équipée

Contrairement aux deux précédentes, achetées neuves, la dernière était une machine de démonstration qui avait deux campagnes. « Cela nous a permis d’obtenir un tarif plus accessible, tout en disposant d’une moissonneuse-batteuse qui avait très peu d’heures batteur. Elle avait surtout passé son temps sur la route entre deux démos », argumente Régis Le Métayer. Il en a profité pour choisir un modèle doté d’un capteur de rendement et d’humidité, ainsi que d’un pont arrière moteur, des équipements qui manquaient sur sa précédente machine. « La cartographie me permet d’affiner la modulation des intrants. Quant au pont arrière moteur, c’est une sécurité pour la récolte du maïs lors des années très pluvieuses. »

Au battage des céréales, Régis Le Métayer s’organise pour préserver la qualité de la paille et se laisser une fenêtre météo suffisante, afin d’effectuer dans la foulée, le pressage et le transport dans de bonnes conditions. « Nous avons choisi de rester sur une coupe de 6,80 mètres et nous ne dépassons pas la vitesse de 6 km/h. Cette largeur de coupe est aussi en adéquation avec notre parcellaire. Elle nous permet, le plus souvent, de faire un aller/retour pour remplir la trémie de 9 000 litres, de façon à vidanger en bout de champ et à ne pas faire rouler les bennes sur les andains de paille. »

Le céréalier adapte très finement les réglages de la moissonneuse-batteuse, en mettant la priorité sur un battage peu agressif, plutôt que sur le débit de chantier. « Le système de battage de la Beta permet vraiment de s’adapter aux conditions, en ajustant la position du contre tire-paille, ainsi que celle du contre-séparateur. Ce dernier peut même être escamoté, quand la paille est très cassante. En cas de températures extrêmes, on va jusqu’à arrêter le chantier. »

Avoir l’assurance d’une machine bien nettoyée

Autre argument en faveur d’un investissement individuel, Régis Le Métayer est multiplicateur de semences de triticale et d’avoine. Il récolte également du blé blanc. « Cela impose d’être hyper exigeant sur le nettoyage de la machine pour éviter les mélanges de graines, un paramètre beaucoup plus difficile à maîtriser avec une moissonneuse-batteuse en copropriété ou en faisant appel à une ETA. C’est notre troisième machine Beta, on en connaît les moindres recoins. Cette expérience est aussi très appréciable pour affiner les réglages, en fonction des cultures. »

Depuis quelques années, ce nettoyage méticuleux est devenu un atout dans la lutte contre les adventices résistantes. « Quand la maturité des cultures le permet, on récolte les parcelles les moins sales en premier. Dans notre secteur, on a des gros soucis avec le ray-grass. Cela m’a d’ailleurs encouragé à introduire de la luzerne dans ma rotation, de manière à casser le cycle des adventices. »

Des coûts d’utilisation bien maîtrisés

À l’automne, la moissonneuse-batteuse est valorisée au maïs avec un cueilleur cinq rangs fixe. « C’est un compromis pour limiter le prix du cueilleur et rester dans le gabarit routier. De toute façon, avec un cueilleur plus large, le débit de notre séchoir à maïs ne permettrait pas de suivre celui de la batteuse », relativise Régis Le Métayer. La préparation de la machine pour le maïs demande une journée de travail, en intervenant sur le convoyeur, le batteur et le contre-batteur.

« Mais cela se fait une fois dans l’année. Globalement, la cinématique de la Beta est assez simple, ce qui est appréciable pour la maintenance journalière. Nous sommes également très vigilants sur le suivi de l’entretien en début et fin de campagne. Cette machine nous a demandé très peu de réparations. Hormis un dysfonctionnement du système SCR (AdBlue), les quelques interventions concernaient des casses accidentelles prises en charge par l’assurance. Je n’ai pas évalué avec précision les coûts d’entretien, mais ils me paraissent assez faibles, limités aux pièces et consommables pour la maintenance courante. Même constat concernant la consommation de carburant, qui est très raisonnable en l’absence d’utilisation du broyeur. On voit d’ailleurs la différence au colza, quand celui-ci est enclenché. »

Une barre de coupe à tapis bien rentabilisée

Malgré une différence tarifaire significative (+ 25-30 %) par rapport à un modèle standard, Régis Le Métayer a fait le choix d’une coupe à tapis PowerFlow offrant davantage de polyvalence. Elle lui permet de passer très facilement des céréales au colza, sans la contrainte d’ajouter une rallonge de coupe. « Pour récupérer un maximum de paille, on fauche très bas. Le gros volume de récolte est bien acheminé par les tapis, qui limitent aussi la montée des cailloux. Heureusement, car le bac à pierres n’est pas très volumineux et pas facile à atteindre », remarque-t-il.

480 tonnes de paille valorisées

Régis Le Métayer commercialise l’ensemble de sa paille récoltée, soit environ 480 tonnes par an, auprès de centres équestres de sa région. Aidé de son salarié, il réalise lui-même le pressage en balles cubiques et le transport. En parallèle, il complète sa prestation avec de la récolte de foin sur une centaine d’hectares (parcelles de voisins), une activité complémentaire réalisée au mois de juin, avant la moisson.

En chiffres

L’assolement

300 ha de SAU

120 ha de blé

70 ha de colza

40 ha de maïs

20 ha d’orge de printemps

20 ha de triticale

10 ha d’avoine

15 ha de luzerne

5 ha de jachère

La moissonneuse-batteuse

6 secoueurs, 320 ch

6,80 m de largeur de coupe

17 000 euros d’annuité

280 h moteur par an

20 l/ha de consommation de GNR

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