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Agriculture de précision
Semis de précision : miser sur les compétences pour chercher des points de rendement

A Guer, dans le Morbihan, l’ETA Hamon investit de longue date dans l’agriculture de précision avec du matériel de haute précision et la formation continue de ses salariés. Une technologie d’avenir pour l’entrepreneur qui veut avant tout pouvoir répondre à toutes les demandes de ses clients.

Pierre-Henri Hamon dirige l’ETA basée à Guer (56) qu’il a rejointe en 2013. L’entreprise familiale, créée en 1947 par son grand-père, est déjà engagée dans l’agriculture de précision, « depuis les années 2000, retrace-t-il. Et c’est en 2012 que les premières cartographies de parcelles sont arrivées, avec la modulation de densité de semis ».

Pierre-Henri Hamon dirigeant de l’ETA Hamon à Guer dans le Morbihan.

4 à 5% de rendement en plus

Modulation, Precision planting, semoir à double trémie : l’ETA propose diverses solutions de semis. Elle s’est associée à l’entreprise voisine Opticultures qui assure la cartographie des parcelles qu’elle lui transmet. L’analyse des sols et les préconisations des agronomes orientent l’ETA pour le pilotage de la fertilisation et la densité de semis : « on cherche à connaître la perte de céréales pendant l’hiver, pour savoir de combien il faut sur-densifier à l’automne et être sûr d’avoir un peuplement homogène en sortie d’hiver », relève Pierre-Henri Hamon. Pour le maïs, la modulation de densité s’opère en fonction de la réserve en eau afin d’« implanter selon ce que le sol peut fournir en quantité d’eau durant son cycle ». Le gain de rendement est de l’ordre de 4 à 5%, affirme l’entrepreneur breton avec dix ans de recul.

Les deux éléments semeurs Precision planting, achetés par l’ETA en 2019, permettent de « semer à plus haut débit et d’optimiser la vitesse d’émergence des graines ». Avec plus de graines levées, des levées plus rapides, « le rendement amélioré pour nos clients se situe autour de 5% », chiffre Pierre-Henri Hamon qui voit dans ces solutions l’assurance pour l’exploitant « que l'euro investi dans l'intrant soit utilisé de la meilleure façon possible ».

Des compétences pour garantir les résultats

Ceux qui font appel à l’ETA sont motivés par le gain de temps et par « l’aspect compétences » souligne le dirigeant, « avoir le matériel est une chose, mais il faut savoir l’utiliser ». Les chauffeurs sont régulièrement formés au sein du réseau d’ETA Cléo, qu’il a créé et qui propose des formations en hiver. « Avec l’agriculture de précision, il est nécessaire de réactualiser les formations régulièrement », souligne-t-il en listant les compétences requises : « des bases en informatique dont les logiciels évoluent constamment, des compétences agronomiques. Et aussi, une capacité à observer, à comprendre qui est assez importante », car le salarié doit être capable d'adapter les réglages de l’outil à la demande du client et au contexte de son exploitation agricole. « Le niveau d’exigence de nos clients a augmenté, observe Pierre-Henri Hamon, nous devons leur proposer des solutions à la hauteur ».

Cartographie en cabine.

Des prestations en option

« Quand on réalise une prestation avec ces solutions, on applique un surcoût optionnel pour le client », détaille l’entrepreneur qui concède que « le coût réel de toute cette technologie n’est pas tout à fait répercuté ». En cause : le temps de formation, de préparation des chantiers, de stockage des données, « mais aussi le coût des logiciels, des abonnements ». Pourtant, Pierre-Henri Hamon poursuit ses investissements dans l’agriculture de précision tout d’abord parce qu’il vise la certification ISO 14 001 qui prend en compte les enjeux environnementaux. Passionné par ces solutions, il veut aussi être en mesure de les proposer à ses clients. « Je suis convaincu que l’agriculture de précision a sa place parmi les solutions proposées aux agriculteurs, soutient-il, au vu des résultats chez ceux qui en font et qui sont vraiment positifs ».

 

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