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Quel guidage de bineuse choisir ?

Un binage réussi passe par une bineuse bien positionnée. Il existe de nombreuses façons de bien guider son outil de désherbage mécanique.

Pour travailler au plus près de la culture, il est capital d’avoir un système de guidage. Ce dernier est à adapter en fonction de la surface à désherber mécaniquement et des besoins de vitesse et de précision. Plusieurs systèmes de guidage sont proposés sur le marché. Le plus simple et le plus économique consiste en du guidage manuel. Principalement utilisé en maraîchage sur des petites bineuses, le guidage manuel piloté via un guidon ou un volant nécessite un second opérateur assis sur l’arrière de la bineuse : le guidon agit alors sur des roues directrices ancrées dans la terre à l’avant de la bineuse. Une autre manière de guider manuellement est de monter la bineuse sur l’avant du tracteur et de corriger si besoin la position tout simplement avec le volant du tracteur. Pour travailler en dévers, certains constructeurs proposent un kit composé de coutres directeurs à l’avant relié au troisième point de l’attelage. Lorsque l’outil est en dévers, il tend à se décaler vers la pente, ce qui déplace la position du troisième point. Ce déplacement agit mécaniquement sur l’orientation des coutres directeurs qui font remonter naturellement l’outil. Certaines marques proposent un système de pilotage hydraulique manuel à l’aide d’un joystick en cabine et agissant sur les coutres directeurs : cela impose au conducteur de se retourner régulièrement.

Le GPS RTK ne fait pas tout

Ces solutions manuelles valent pour des petites surfaces. Elles ne permettent pas d’offrir une grande précision, donc un désherbage mécanique au plus près des cultures, et/ou une grande vitesse de chantier. Pour y parvenir, il est nécessaire de passer par des solutions de guidage automatique, plus coûteuses.

Avec la démocratisation des systèmes de guidage par satellites, notamment avec la correction RTK, un certain nombre d’agriculteurs équipés ont tenté de semer puis de biner uniquement avec cette solution de géolocalisation, capitalisant sur la répétabilité du signal de correction dans le temps. Ils se sont confrontés à un certain nombre de freins. Même si le nombre de rangs et les interrangs sont scrupuleusement identiques et bien réglés sur le semoir et la bineuse, ce n’est pas pour autant que la bineuse aura le même comportement que le semoir, notamment si l’antenne est placée sur le toit du tracteur. Une différence significative de la distance entre l’antenne et les pièces travaillantes (éléments semeurs pour le semoir, lames pour la bineuse) pourra engendrer un décalage dans leur placement, par exemple dans les courbes, d’autant plus si l’un des outils est traîné et l’autre porté. Il est préférable de placer l’antenne de réception à la verticale des pièces travaillantes. Mais, pour un bon positionnement de la bineuse, ce choix peut amener le tracteur à rouler sur la culture en place dans certaines situations. L’une des solutions peut être alors d’équiper le tracteur et l’outil d’une antenne chacun, avec une interface entre les deux. Si cette solution permet de réaliser un binage entre rang avant même la levée de la culture, le coût grimpe significativement : compter au minimum 12 000 euros pour l’interface et l’équipement de guidage de l’outil.

Une autre solution consiste à équiper le semoir d'une roue de traçage. Le binage est alors réalisé avec une machine à double poutre, reliées entre elles par des bielles ou par un système coulissant. Cette bineuse dispose à l’arrière d’une roue de guidage qui vient se loger dans la saignée créée au semis. Si la bineuse dévie, la roue de guidage est délogée du creux du sillon et va naturellement chercher à y revenir, actionnant alors un vérin qui centre l’outil par le biais du double châssis. Simple et relativement économique, cette solution ne convient pas aux sols sableux et peut souffrir des méfaits de fortes précipitations (trace qui se rebouche).

Cellules photoélectriques et ultrasons

Reprenant le principe du double châssis, d’autres technologies permettent de détecter les cultures. La société angevine Godin Frères propose ainsi le Précizo, un double châssis venant s’intercaler entre le tracteur et une bineuse simple. Doté d’un châssis coulissant pour un porte-à-faux limité, cet appareil intègre deux cellules photoélectriques qui détectent les pieds de culture actionnant au besoin le châssis coulissant (+/- 20 cm de course) si le pied de culture n’est pas détecté en même temps par les deux cellules. Annoncé à une précision de 2 centimètres, le Précizo (facturé autour de 6 000 euros) nécessite une culture suffisamment développée pour être opérationnel et ne distingue pas une motte d’une plante, ni même une adventice d’une culture, notamment lorsqu’on s’est fait un peu dépasser par le salissement de la parcelle. Utilisant les ultrasons, le PSR Sonic de l’Allemand Reichhardt présente sensiblement les mêmes avantages et les mêmes limites.

Les palpeurs et/ou la caméra

Les palpeurs constituent une solution simple et fiable, deux tiges métalliques pilotant le vérin du double châssis lorsqu’une pression est exercée sur eux. Ils demandent une culture suffisamment développée et rigide (maïs au stade 6 feuilles, tournesol) et se montrent plus précis qu’une caméra dans une culture bien développée, notamment lorsqu’un vent latéral vient perturber la lecture de la ligne de culture. C’est une des raisons pour lesquelles plusieurs constructeurs les combinent à une caméra. Cette dernière se montre efficace à des stades précoces du développement cultural. C’est l’un des systèmes offrant la plus grande précision, des débits de chantier élevés et du confort pour le conducteur. Ces caméras proposent pour la plupart deux modes : couleur et trois dimensions (3D). Le premier est privilégié dans le cas où la culture se distingue facilement d’un sol peu infesté par les adventices. En revanche, si le sol est jonché de mauvaises herbes, le mode 3D peut trouver son intérêt, à conditions toutefois qu’il y ait une différence significative de développement de la culture par rapport aux adventices. La position et l’angle de vision de la caméra sont à décider selon l’interrang et le stade de développement de la culture. On privilégie une position haute (à l’avant de la bineuse) et un angle fermé lorsque la culture est développée, alors qu’une position basse, un angle ouvert sont plus adaptés aux faibles interrangs, à des stades précoces et/ou avec des manques importants.

 

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Vincent Seyeux, en Mayenne : « La précision du binage se raisonne dès le semis »

Laurent Gendron, en Dordogne : « Des pointes mieux désherbées avec facilité »

Berthy et Laurent Talbot, dans les Deux-Sèvres : « Le désherbage de précision avec une bineuse simple »

Geoffroy Philippoteaux, dans la Marne : "Nous binons entre les rangs et les pieds sur le rang"

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