Les solutions pour récupérer de l’eau de pluie
Récupérer les eaux de pluie est une pratique de plus en plus courante dans le monde agricole. Plusieurs solutions de stockage sont proposées sur le marché.
Les agriculteurs sont de plus en plus demandeurs de solutions de récupération d’eau de pluie (citernes souples, citernes dures aériennes ou enterrées). Les raisons de ce gain d’intérêt sont multiples. "Il y a plusieurs cas de figure derrière ces investissements, explique Pacôme Barthélémy, directeur commercial de Duraplas, fabricant de solutions de stockage d’eau, de GNR et d’engrais liquide. Chez les céréaliers, cela peut être le besoin d’avoir de l’eau disponible tout de suite en grande quantité. Comparativement au réseau d’eau potable où le temps de remplissage un pulvérisateur peut demander 35 à 40 minutes dans certaines situations, il est réduit à une dizaine de minutes. En élevage, on constate aussi des coupures d’eau du réseau pendant l’été ou un forage qui donne moins, à une saison où les besoins en eau pour les animaux sont les plus importants."
Des aides jusqu’à 60-70 %
Des utilisations diverses de l’eau de pluie
En agriculture, les principales utilisations de l’eau de pluie se résument au nettoyage des équipements, aux traitements phytosanitaires, à l’abreuvement des animaux et à l’irrigation, notamment en maraîchage.
Exploitée pour les traitements phytosanitaires, l’eau de pluie est une eau déminéralisée, qui ne présente donc pas de dureté. "Cela dispense de l’ajout de sulfate d’ammonium au glyphosate, qui est la seule substance active sensible à la dureté de l’eau", explique Benjamin Perriot, ingénieur agronome à Arvalis. Le pH de l’eau de pluie oscille généralement entre 5 et 6, mais peut descendre en dessous à proximité de zones industrielles ou se rapprocher de 7 près de la mer. "Dans tous les cas, les co-formulants présents dans tous les produits phytosanitaires sont là pour rééquilibrer le pH et atteindre le pH de demi-vie optimal de la substance active", rassure Benjamin Perriot.
Utilisée pour le lavage des matériels, l’eau de pluie ne nécessite aucun traitement particulier si ce n’est une filtration fine, pour, de la même façon que pour un pulvé, éviter les phénomènes de bouchage, notamment avec le nettoyeur haute pression. En revanche, pour le lavage des équipements liés à l’alimentaire (circuit du lait dans une installation de traite par exemple), un traitement hygiénisant au chlore et/ou par UV.
Ce même traitement est recommandé pour l’abreuvement des animaux, notamment dans les exploitations avicoles survolées par d’autres espèces d’oiseaux, auquel il faut ajouter une station de reminéralisation de l’eau. Compter autour de 20 000 euros (tarif variable selon la nature de l’eau, le dimensionnement de l’installation, les besoins des animaux) pour une installation de ce type. Même s’il se rentabilise sur la durée, ce tarif peut dissuader. Bon nombre d’élevages réduisent leurs coûts en eau potable du réseau en utilisant l’eau de pluie sur toutes les applications autres que l’abreuvement.
Trois types de stockage de l’eau
Pour le stockage d’eau de pluie en agricole, on rencontre trois types de stockage : les citernes souples, les citernes rigides aériennes et les citernes enterrées.
Les premières constituent la solution la plus économique pour stocker de l’eau. Compter entre 1 000 et 2 000 euros pour une citerne souple de 25 m3. "Il n’y a pas d’air à l’intérieur et la toile est opaque, ce qui empêche le développement des algues qui pourraient boucher les filtres du pulvé ou du nettoyeur haute pression", explique Aymeric Bonin, de la société Labaronne-Citef, pionnière dans les citernes souples, qui insiste également sur le traitement anti-UV de la toile pour la longévité, qui peut atteindre 15, voire 20 ans. "Résistant aux températures de -30 à + 70 °C, ces installations sont aussi simples et économiques à mettre en place, poursuit-il. Il faut compter un délai d’un à deux mois entre la commande et la livraison. L’installation peut être réalisée par l’agriculteur lui-même, aidée de 1 à 10 personnes, selon la dimension de la citerne. La préparation de l’emplacement se limite à une mise à niveau du sol soignée du sol, pour ne pas que la citerne ne roule." Certains agriculteurs l’enterrent légèrement dans une cuvette artificielle. Éventuellement, une petite couche de sable évite les risques de perçage de la toile par des pierres. Son emprise au sol en termes de surface peut amener les agriculteurs à la placer à distance des bâtiments. Un terrassement pour enterrer les conduites entre les collecteurs de gouttière et la citerne est à prévoir.
La cuve aérienne joue la carte de la flexibilité
Une eau fraîche avec les cuves enterrées
Filtrer l’eau avant de la stocker
Comment dimensionner son installation ?
La volumétrie du stockage dépend de plusieurs facteurs : multiplier la surface de toit (en mètres carrés) disponible pour récupérer l’eau et la pluviométrie annuelle (en mm/an divisé par 1 000) vous donnera le volume d’eau maximal que l’on peut espérer collecter. Cependant, il n’est pas forcément utile d’investir dans un tel volume de stockage. Tout dépend de la concomitance de la pluviométrie et des besoins en eau. L’irrigation dont les besoins sont les plus forts pendant les mois les moins pluvieux nécessitera un volume de stockage plus important qu’un usage centré sur la pulvérisation, dont les traitements les plus fréquents correspondent aux mois les moins secs.