Les porte-buses à pulsation PWM gagnent du terrain
La technologie PWM s’impose progressivement, portée par l’essor de la pulvérisation ciblée. Modulation instantanée, gestion buse à buse : ses atouts sont réels, mais son entretien demande de la rigueur.
La technologie PWM s’impose progressivement, portée par l’essor de la pulvérisation ciblée. Modulation instantanée, gestion buse à buse : ses atouts sont réels, mais son entretien demande de la rigueur.
Restée dans l’ombre des porte-buses à sélection automatique largement adoptés par les constructeurs européens, la technologie PWM (Pulse Width Modulation, pour modulation de largeur d’impulsion) monte en puissance en parallèle du développement de la pulvérisation ciblée. Éprouvée de longue date outre-Atlantique, elle permet de faire varier le débit en modulant le temps d’ouverture des buses. L’avantage est immédiat : l’agriculteur peut ajuster sa vitesse ou son volume hectare sans changer de buse, celle-ci fonctionnant en permanence à pression optimale.
La supériorité technique sur le multibuse est nette. « La technologie PWM est plus aboutie. Elle offre une modulation de débit instantanée, quand le multibuse impose un temps de latence de plusieurs secondes », explique Benjamin Perriot, ingénieur chez Arvalis. Autre différence de taille : là où le multibuse est souvent géré par tronçons, le PWM assure systématiquement une coupure et une modulation buse à buse.
Moduler la durée d’ouverture de la buse
Concrètement, chaque porte-buse intègre un solénoïde qui actionne l’ouverture et la fermeture de la buse de 20 à 100 fois par seconde, selon les systèmes. C’est en faisant varier la durée d’ouverture que le débit est modulé. « D’après nos essais, nous n’observons pas de phénomène de hachage, quelle que soit la durée d’ouverture », rassure Benjamin Perriot.
Certains constructeurs ont choisi d’aller encore plus loin. Amazone propose avec son système AmaXact une technologie PWFM, qui module à la fois la durée d’ouverture et la fréquence jusqu’à 50 Hz. Agrifac retient la même approche, en poussant la fréquence jusqu’à 100 Hz. La solution Amazone se distingue également par une modulation de pression, offrant une plage de débits et de vitesses de travail élargie. Autre manière d’atteindre ce résultat, John Deere, combine PWM et sélection automatique de buse avec son système ExactApply sur les automoteurs 500R, ajoutant au passage la possibilité de changer de buse depuis la cabine.
Un entretien à ne pas négliger
Simplicité d’utilisation, oui, mais entretien rigoureux obligatoire. Le PWM mobilise davantage de pièces en mouvement que le multibuse. « Il faudra changer les membranes à intervalle régulier pour éviter un risque de perte d’étanchéité pouvant conduire à une usure prématurée des électrovannes », prévient Benjamin Perriot. La sensibilité des pièces dépend aussi des produits utilisés, certains constructeurs adaptant leurs préconisations en conséquence.
Côté budget, le PWM est sûrement l’une des options les plus onéreuses du pulvérisateur, pouvant renchérir son prix de 15 à 20 %. « Ce surcoût n’est toutefois pas très éloigné de celui d’un dispositif multibuse à 4 jets avec coupure individuelle et compensation en courbe. » L’écart est en revanche plus sensible face à un multibuse basique géré par tronçons. Dernier point de vigilance : certaines buses anti-dérive à injection d’air peuvent goutter avec la pulsation. « Mais la gamme de modèles compatibles s’est largement étoffée, certains fabricants ayant spécialement développé des buses pour le PWM », conclut le spécialiste.
Michel Portier