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Triage de semences
“Les agriculteurs délèguent le triage et le traitement de semences pour gagner du temps”

Sylvain Picouet propose la prestation de tri et de traitement de semences dans l’Yonne et les départements limitrophes depuis la création de son entreprise de travaux agricoles en 1992. Les agriculteurs ont progressivement délégué cette activité séculaire, notamment pour gagner du temps. 

Sylvain Picouet est entrepreneur dans l’Yonne, à Collemiers. Associé à son épouse Marianne, ils emploient trois salariés à plein temps et des saisonniers durant les trois mois d’été. Outre le travail à façon, son activité principale est le triage de semences qu’il réalise dans l’Yonne et les départements limitrophes depuis la création de son ETA en 1992.  

 

Sylvain Picouet, entrepreneur de travaux agricoles.

Le triage, une pratique ancienne

Le triage de semences est avant tout « une pratique qui s’est toujours faite dans le secteur, rembobine Sylvain Picouet, c’est dans l’état d’esprit de la région ». Néanmoins, les agriculteurs ont de moins en moins le temps de le faire eux-mêmes et font de plus en plus appel à la prestation. D’après le Syndicat des trieurs à façon de France (Staff), dont l’ETA fait partie, 60 % des agriculteurs utilisateurs de semences de ferme font appel à une entreprise spécialisée pour préparer leurs semences. 

Le temps est le premier avantage selon l’entrepreneur icaunais : « on arrive avec notre station de triage, on s’installe en dix minutes et les opérations se font vite ». Il peut ainsi réaliser jusqu’à trois prestations dans la même journée, selon le tonnage. Ses deux stations Dorez trient entre 28 et 30 000 quintaux chaque année, avec un débit de chantier de 5 à 9 tonnes à l’heure..  

Un traitement à la carte

L’autre avantage pour l’exploitant : la personnalisation des semences. En plus des variétés qu’il choisit et qu’il peut mélanger, l'exploitant maîtrise le choix des traitements, « jusqu’au dernier moment », souligne Sylvain Picouet qui apporte différents produits phytosanitaires dans son camion. “En plus d’un T2, on peut appliquer des produits complémentaires selon les problématiques de l’agriculteur”. Les deux stations de triage Dorez de l’ETA sont amorties sur cinq ans, mais ce sont des investissements importants qui justifient aussi l’appel à une entreprise spécialisée. L’ETA Picouet facture 6,50€/100 kg, à quoi s’ajoutent les produits. Selon les chiffres du Staff, l’économie pour l’agriculteur représenterait de 20 à 60% selon les espèces, par rapport à l’achat de semences certifiées. 

Une des deux stations de triage Dorez.

30% du chiffre d’affaires

L’activité de triage est limitée dans le temps : du 15 août au 15 octobre. L’entrepreneur ne souhaite pas se spécialiser et veut conserver ses autres prestations de travaux agricoles. Sur deux mois, il réalise 30 % de son chiffre d’affaires. « C’est rentable, commente-t-il, mais c’est un travail très physique » : des conditions météo parfois difficiles avec de grosses chaleurs pour un travail qui nécessite d’être debout toute la journée.  

Des salariés formés

L’entrepreneur a décidé de former ses salariés permanents, “ils passent une semaine avec moi pour être formés, révèle-t-il et ils passent aussi le Certiphyto applicateur décideur ». Les stations de tri sont de plus en plus automatisées mais c’est au trieur d’évaluer les réglages. “On choisit les grilles selon les cultures à trier, décrit Sylvain Picouet, et on règle la ventilation et l’aspiration selon ce qu’on observe”. 

La concurrence directe de l’ETA sur cette prestation est incarnée à la fois par une poignée d’agriculteurs qui ont investi dans une station de triage et trois Cuma. « Mais nous, on l’avantage d’être plus disponibles », se félicite-t-il, en plus d’avoir « du personnel qualifié et du matériel performant ».

 

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