Essai McHale V6.750 Isobus - Une presse à balles rondes à chambre variable à gros débit de chantier et forte densité
Charly et Pierre Macé, agriculteurs et entrepreneurs de travaux agricoles à Fontaine-le-Pin (Calvados), ont testé durant un mois la presse McHale V6.750, avec laquelle ils ont réalisé 1 500 balles rondes. Ils ont particulièrement apprécié les détails de conception et la facilité d’utilisation de cette machine.
Charly et Pierre Macé, agriculteurs et entrepreneurs de travaux agricoles à Fontaine-le-Pin (Calvados), ont testé durant un mois la presse McHale V6.750, avec laquelle ils ont réalisé 1 500 balles rondes. Ils ont particulièrement apprécié les détails de conception et la facilité d’utilisation de cette machine.
Représentée en France par la société Sterenn Equipements, la firme irlandaise McHale a construit sa réputation avec les presses enrubanneuses Fusion. Elle est désormais un des acteurs majeurs du marché français des presses à balles rondes, en se plaçant depuis 2021 sur le podium au palmarès des immatriculations. Le modèle V6.750 Isobus essayé dispose d’une chambre variable de 123 cm de large confectionnant des balles de 60 à 168 cm de diamètre. Le constructeur commercialise également les presses V8.900 réalisant des balles de 60 à 190 cm de diamètre. Ces deux familles sont fabriquées en Hongrie, sur le second site de production McHale acquis en 2004.
Lancement de la génération II en 2026
La marque irlandaise lance en 2026 sa deuxième génération de presses à balles rondes à chambre variable sous l’appellation V6.700-II et V8.900-II. Ces presses, identifiables à leurs nouveaux autocollants, reçoivent notamment des capteurs plus performants pour le contrôle du remplissage de la chambre, afin d’améliorer encore la forme des balles. Les modèles à système de coupe intègrent maintenant en standard l’Isobus.
Ces machines conservent les composants des précédentes, tels que la chambre à trois rouleaux et trois courroies, le boîtier renvoi d’angle principal à double sortie, le pick-up Profi-Flo avec ou sans came, l’ameneur rotatif et la trappe de débourrage hydraulique. Elles restent éligibles au montage d’un capteur d’humidité, qui équipe d’ailleurs la machine testée. La V6.750 ne reçoit pas de système de freinage en standard, mais elle embarque un système pneumatique à double ligne en option.
Les plus
- Débit de chantier et densité
- Facilité d’engagement du filet dans le système de liage
- Convivialité de l’interface de commande
Les moins
- Hauteur de chargement des bobines de filet
- Procédure de lancement du liage manuel
- Graissage du balancier de tension des courroies
En action : Une densité supérieure à 150 kg/m3 dans la paille de blé avec la presse à balles rondes McHale V6.750
La presse McHale V6.750 nous a aussitôt séduits par sa qualité de fabrication et ses détails de finition qui facilitent le quotidien. Les 900 balles de foin et les 600 de paille réalisées, toutes de 130 cm de diamètre, ont confirmé nos premières bonnes impressions, avec notamment de belles bottes, zéro bourrage et aucun liage raté. Le système de liage filet est très facile à amorcer lors du changement de bobine et c’est un réel avantage avec des chauffeurs peu expérimentés. Il suffit en effet de poser l’extrémité du filet entre deux rouleaux directement accessibles, puis de les tourner manuellement pour qu’ils happent le filet.
Un autre atout est la parfaite visibilité sur le déroulement du filet durant le liage. C’est en revanche dommage que le chargement des bobines de filet demande de forcer, car il faut les hisser sur la plateforme avant relativement haute. Heureusement, cette opération s’effectue le matin à l’atelier, de préférence à deux. Nous regrettons aussi que la procédure pour lancer le liage manuel demande plusieurs manipulations, étant donné que nous sommes habitués à appuyer sur un seul bouton pour l’engager sur nos John Deere. Aussi, il serait bien que le mode liage auto soit engagé d’office, car à chaque démarrage de la presse, il ne faut surtout pas oublier de l’activer.
Dans la première parcelle de foin pressée, la position reculée de l’essieu nous a un peu perturbés lors des premiers tours. En effet, les repères ne sont pas les mêmes qu’avec nos presses à balles rondes John Deere 960 et il faut prendre plus large dans les virages. Dans le foin, nous avons roulé entre 12 et 18 km/h et nous avons même fait des pointes à 22 km/h dans les endroits les plus maigres, sans mettre la presse en difficulté. Le facteur limitant était le confort en cabine dans les endroits chaotiques.
Pour tester le procédé de débourrage, nous n’avons volontairement pas ralenti face à un gros tas d’herbe. En suivant les étapes et grâce à l’ouverture vers l’arrière de la trappe sous le rotor d’alimentation, le bouchon a été absorbé rapidement, sans laisser de fourrage au sol. Par ailleurs, la présence d’une caméra arrière optionnelle apporte du confort. Elle permet de voir que la porte est bien refermée pour repartir au bon moment et gagner ainsi du temps.
Dans la paille de blé au rendement de 4 t/ha, la presse, attelée au tracteur John Deere 6155 R, galopait à 17-18 km/h sur les étaux les plus carrossables. À cette allure, elle ramassait parfaitement et les balles étaient bien formées. La densité était aussi très bonne, car les bottes de 130 cm de diamètre pesaient en moyenne 256 kg, soit une densité de 157 kg par mètre cube.
Le silence de fonctionnement est une des caractéristiques de la McHale et nous nous sommes d’ailleurs inquiétés, lorsque, à vive allure sur des andains bien fournis, elle émettait un grognement. Nous avions alors tendance à lever le pied pour ne pas bourrer. Or, Aurélien Pelluet, le technicien Sterenn Equipements en charge de McHale, nous a rassurés en précisant que ce bruit est normal et qu’il est émis par le rotor et ses chaînes d’entraînement sous l’effet des contraintes. Le fait que le pick-up ne dispose pas de joue nous a aussi perturbés. Nous pensions même qu’il manquait de largeur de ramassage, mais en réalité sa distance entre dents extérieures de 193 cm est même supérieure à celle de nos machines.
Regard de l’expert
+/ La mise en place du filet dans le système de liage est très simple. Il suffit de l’engager entre les deux rouleaux supérieurs, puis de les tourner.
+/ Les roues de jauge du pick-up sont fixées par un verrou actionné par une poignée. Elles se retirent ainsi rapidement pour les stocker sur un support dédié à l’avant de la presse.
+/- La vue sur le déroulement du filet pendant le liage est parfaite. Dommage que le chargement des bobines sur la passerelle demande un effort, même si un petit rouleau en plastique permet de les hisser plus facilement.
+/- L’accès aux graisseurs du balancier n’est pas direct. Il demande de détendre les courroies et d’ouvrir partiellement la porte arrière. Son intervalle de graissage est heureusement de 1 200 bottes.
-/L’autonomie de la réserve d’huile (8 l) pour la lubrification automatique des chaînes n’est que de 600 balles.
Gamme – Avec ou sans système de coupe à 15 ou 25 couteaux
Les presses McHale V6.700-II se déclinent en trois variantes : 740, 750 et 760. Toutes sont équipées en standard du liage filet. Seule la V6.740-II peut accueillir en option le mécanisme pour la ficelle. Cette machine dispose d’un ameneur rotatif sans système de coupe et ne compte qu’un seul rouleau moteur pour l’entraînement des trois larges courroies construites par fusion sans colle ni agrafe. Elle se pilote à l’aide du boîtier McHale Expert Plus, doté d’un écran monochrome et de boutons physiques. Particulièrement adaptées au pressage de fourrages verts, les V6.750-II et V6.760-II sont mécaniquement identiques et bénéficient de deux rouleaux moteurs pour les courroies.
Le modèle V6.760-II se distingue par l’automatisation de l’éjection de la botte (abaissement hydraulique de l’éjecteur, ouverture de la porte, remontée de l’éjecteur et fermeture de la porte), mais il n’intègre pas la technologie TIM, pour le moment. Il bénéficie de la fonctionnalité Intelli-Chamber adaptant l’ouverture de la porte en fonction du diamètre programmé, afin d’optimiser le débit de chantier. Ces deux presses McHale embarquent l’Isobus en standard et intègrent un système de coupe à 15 ou 25 couteaux, réalisant respectivement des brins d’une longueur théorique de 65 et 46 mm. Elles se contrôlent avec le moniteur compatible du tracteur ou à l’aide des terminaux McHale ISO-Play à écran couleur de 6 ou 10 pouces.
À la loupe – L’interface de contrôle très intuitive
Le pick-up Profi-Flo, avec ou sans came, est donné pour une largeur de 2,10 m. Il dispose de garants en acier galvanisé et de deux vis sans fin de recentrage. Le modèle sans came équipant la machine essayée affiche une distance entre dents extérieures de 1,93 m et compte six barres porte-dents. Il bénéficie de dents de plus gros diamètre et présente l’avantage de faire appel à peu de pièces en mouvement. Sa vitesse de rotation est 14 tr/min supérieure à celle du ramasseur avec came. Il procure le meilleur débit de chantier, mais il trouve ses limites dans les fourrages très longs fauchés à plat.
Le pick-up à came est annoncé plus polyvalent. Ils comptent en revanche plus de composants et d’articulations, demandant davantage d’entretien. Il est muni de cinq rangées de dents et sa distance entre dents extérieures est de 189 cm. Avec came ou sans came, le pick-up se contrôle à l’aide d’un distributeur à double effet mis en position flottante au travail. McHale recommande de placer les dents à 20 à 30 mm du sol. Cette distance s’ajuste facilement en modifiant la hauteur des roues de jauge grâce aux multiples trous de réglage.
La presse McHale dispose d’un boîtier principal à deux sorties et comptabilise trois chaînes d’entraînement de grosse section. L’ameneur rotatif de 540 mm de diamètre est animé du côté droit par une chaîne double et son arbre transmet le mouvement du côté gauche pour entraîner le pick-up. Situés en partie supérieure de la chambre de pressage, les deux rouleaux moteurs des courroies sont, eux, animés par une chaîne sur le flanc gauche, via le pignon de sortie du boîtier principal. Les trois rouleaux (un porteur et deux de démarrage) de la chambre de pressage sont, eux aussi, mis en rotation par une chaîne côté gauche, comme les deux rouleaux décrotteurs empêchant les enroulements de fourrage autour des rouleaux moteurs.
Un limiteur à cames principal protège l’ensemble des organes. Le pick-up et les vis de recentrage bénéficient en plus de leur propre sécurité à cames. Pour simplifier la gestion des pièces détachées, tous les capteurs électroniques sont identiques, excepté ceux contrôlant le remplissage droite/gauche de la chambre. La V6.750 intègre en standard une trappe de débourrage s’ouvrant hydrauliquement vers l’arrière, tout en escamotant les couteaux pour libérer le passage de la matière. Ce volet supporte les 15 ou 25 couteaux du système de coupe, qu’il convient de remplacer par des faux couteaux lors de longues périodes de travaux sans activation du dispositif de hachage.
Deux pages principales, accessibles par les chiffres 1 et 2, s’utilisent avec une grande facilité pour gérer les paramètres de la presse sur le terminal Isobus. De plus, le constructeur fournit, pour les néophytes, des fiches mémo qui expliquent les principaux réglages. En page 1 de l’écran, le chauffeur visualise les données relatives à la balle en formation (diamètre, taux d’humidité), la taille programmée, le nombre de tours de filet sélectionné… En page 2, il connaît en nombre de balles la prochaine échéance de graissage. Il est aussi informé du nombre de bottes encore réalisables avec le reste de filet sur le rouleau actif.
La navigation dans les menus est facile et intuitive. Par exemple, une impulsion sur le sigle correspondant au diamètre de la balle ouvre une nouvelle fenêtre pour accéder à des réglages plus fins, comme le diamètre et la pression de serrage du noyau, le diamètre maximal et la pression de serrage de la balle. Le chauffeur paramètre aussi depuis le terminal le niveau d’étirement du filet, qui lui est géré par un petit moteur hydraulique sur la presse.
Entretien – Huilage et graissage centralisés
La presse McHale dispose de six banques de graisseurs dans lesquelles il faut donner seulement deux coups de pompe à graisse toutes les 600 balles. Les six roulements du balancier de tension des courroies sont, eux, à réaliser toutes les 1 200 balles. Heureusement, car cette opération est un peu plus complexe, puisqu’elle demande de détendre les courroies et d’actionner la porte arrière pour accéder aux graisseurs. Les chaînes sont huilées en continu par une réserve de 8 litres à remplir d’huile HV220, comme celle pour les chaînes de tronçonneuse. L’autonomie annoncée est de 600 balles et cela peut être juste lors des grosses journées de pressage. Lors du soufflage quotidien, il ne faut surtout pas oublier de nettoyer sous le rouleau qui injecte le filet dans la chambre de pressage. Garder cet espace propre, c’est garantir le bon fonctionnement du système de liage.
Fiche Technique presse à balles rondes à chambre variable McHale V6-750 Isobus
Chambre de pressage
Type de chambre : Variable
Diamètre mini/maxi des balles : 0,60 à 1,68 m
Largeur des balles : 1,23 m
Nombre de courroies : 3
Longueur/largeur des courroies : 11,67/0,38 m
Type et nombre de rouleaux : 1 rouleau porteur + 2 rouleaux de démarrage
Dimensions
Hauteur : 2,75 m
Longueur : 4,80 m
Largeur : 2,54 m
Poids : 4 540 kg
Dimensions des pneus : 500/50 R22.5
Pick-up
Type : Sans came
Largeur totale : 2,10 m
Largeur entre dents d’extrémité : 1,93 m
Nombre de barres porte-dents : 6
Système d’alimentation
Type d’ameneur : Rotatif à étoiles doubles
Diamètre du rotor : 540 mm
Trappe inférieure de décompression : Oui
Système de coupe : 15 couteaux
Longueur de coupe théorique : 65 mm
Liage
Type : Filet
Stockage de filet : 1 actif et 2 voire plus en réserve
Hydraulique
Distributeurs : 2 DE + 1 retour libre
Budget au 1er avril 2026
Prix tarif avec Isobus en standard : 74 150 euros HT