ESSAI chargeur télescopique Dieci Agri Max 50.8 Power X2 – « Performances et confort de conduite remarquables »
Charly Scaramuccia, agriculteur dans le Calvados, a testé durant une semaine le télescopique Dieci Agri Max 50.8 Power X2. Il a apprécié la présence sur cet engin d’un pont avant suspendu et d’une transmission à variation continue comparable à celles équipant les tracteurs.
Le chargeur télescopique Dieci Agri Max Power X2 se distingue par l’adoption d’une transmission à variation continue hydromécanique, ainsi que d’un bras, d’une cabine et d’un pont avant suspendus. Il bénéficie même en standard de la correction du dévers. Essayé en version 50.8 (5 t ; 7,7 m), Cet engin de manutention se décline aussi en variantes 65.8 (6,5 t ; 7,7 m) et 60.9 (6 t ; 8,6 m). Il loge un moteur FPT de 4 485 cm3 développant 170 ch et un circuit hydraulique débitant 305 l/min pour l’ensemble des fonctionnalités, bras et asservissements.
Une vitesse maximale de 50 km/h
La transmission Dana HVT-1 le propulse de 0 à 50 km/h sans à-coup et sans rupture de couple. Elle se compose de deux réducteurs épicycloïdaux et de trois embrayages multidisques. Son huile spécifique est refroidie par un radiateur logé à l’arrière de l’appareil.
Quatre modes de conduite sont disponibles. Le premier, baptisé Normal, s’utilise pour les applications mixant déplacement et manutention. Le deuxième, dénommé Loader, est recommandé pour les travaux de curage et la confection de tas d’ensilage, par exemple. Il limite l’allure à 18 km/h et donne en priorité la puissance au mouvement du bras. Le troisième, appelé Eco, assure une évolution à régime moteur réduit, afin d’abaisser la consommation de carburant. Enfin, le mode Creeper dissocie le régime moteur de la vitesse d’avancement, qui, elle, se contrôle dans ce cas avec la pédale d’accélérateur. Il s’utilise pour les travaux avec un godet désileur, une pailleuse ou une balayeuse.
Les plus
+ Transmission à variation continue
+ Pont avant suspendu
+ Puissance
Les moins
- Angle d’ouverture de la porte limité
- Taille et position du pot d’échappement
- Pas de modèle Agri Max Power X2 en 4 t ; 7 mètres
Les conditions du test
Arrivé fin septembre, le chargeur télescopique Dieci a réalisé une quinzaine d’heures au Gaec Le Moulin à vent à Amayé-sur-Seulles dans le Calvados. Équipé uniquement d’une benne multiservice, il a été utilisé pour charger la remorque mélangeuse, étaler des tas de terre et ramasser des branches après le passage du lamier à scies.
Au travail – "Il pousse fort"
Le télescopique Agri Max 50.8 Power X2 est plutôt imposant avec ses 5,32 m de long et ses 2,61 m de haut. Cet appareil pesant à vide 10,87 t est même trop gros pour travailler dans nos cours. Vu son niveau d’équipement, il a davantage sa place dans une unité de méthanisation ou dans une exploitation céréalière pour manipuler la paille et avaler des kilomètres. Dommage d’ailleurs que cette gamme Dieci ne compte pas un modèle plus petit aussi bien équipé, de 4 t et 7 m par exemple, qui nous conviendrait mieux.
La cabine haut perchée est un inconvénient pour les nombreuses montées et descentes quotidiennes. Sa position haute dégage en contrepartie assez bien la visibilité, excepté vers l’arrière droit. Les deux montants arrière droits de la cabine, le capot moteur assez imposant, l’énorme pot d’échappement et l’ancrage haut du bras pénalisent en effet la vue. Heureusement, le télescopique dispose de trois rétroviseurs côté droit orientés vers l’arrière, ainsi que d’une caméra de recul.
Malgré son gros gabarit, le Dieci se révèle maniable en mode quatre roues directrices, grâce à son empattement de 2,85 m. Sa transmission à variation continue (CVT) est précise et douce lors des inversions, un plus pour manœuvrer dans les cours. Je retrouve d’ailleurs les sensations de conduite d’un tracteur équipé d’une CVT. Utilisé en mode Loader (vitesse bridée à 18 km/h) pour étaler un gros tas de terre, j’ai pu constater que ce télescopique pousse fort et ne cale pas. Au ramassage des branches, il s’est avéré redoutablement efficace. Les différentes suspensions permettent de circuler à 20 km/h sur l’étau de maïs, même en travers des rangs, sans se faire secouer. C’est hyper appréciable.
L’activation de la suspension du pont avant est totalement transparent pour le chauffeur. Elle s’engage automatiquement au-delà de 5 km/h en bloquant simultanément le pont arrière. À l’inverse, dès que la vitesse passe en dessous de 5 km/h, le pont avant se rigidifie et l’essieu arrière devient oscillant. La suspension de flèche s’active, elle, au-delà de 8 km/h. À l’usage, les deux commandes d’inverseur de marche ne m’ont pas convaincu. Le levier à gauche du volant est pour moi trop écarté du volant, tandis que l’interrupteur orange sur le joystick se situe à droite sur le pommeau, où j’ai l’habitude de trouver la commande de l’extension du bras. Par conséquent, j’ai à plusieurs reprises inversé le sens de marche plutôt que d’ouvrir ou fermer la griffe du godet multifonction.
Le comportement routier est bluffant. Le télescopique atteint rapidement 50 km/h et à cette allure, je me sens en sécurité. Il ne danse pas et reste stable. Les pneumatiques à profil mixte apportent un plus sur la route. La combinaison des suspensions du pont avant, du bras télescopique, de la cabine et du siège se révèle convaincante. Le confort est exceptionnel. Sur une portion assez pentue où les télescopiques à transmission hydrostatique avancent entre 25 et 30 km/h, le Power X2 grimpe à 40 km/h. Il devrait bien se défendre avec un plateau fourrager, par exemple. Il affiche d’ailleurs une capacité de remorquage de 30 t et un PTRA de 43,5 t, des valeurs comparables à celles d’un tracteur.
Le télescopique Dieci Agri Max 50.8 Power X2 bénéficie en standard du verrouillage hydraulique des outils. Il est équipé de deux boutons de décompression pour annuler la pression dans le circuit hydraulique, afin de connecter sans effort les flexibles de l’outil. Le premier prend place à proximité du phare avant gauche et le second se trouve sur la console de droite en cabine.
En cabine « Les automatismes faciles à activer »
Reposant sur deux silentblocs à l’avant et deux amortisseurs hydrauliques à l’arrière, la cabine à six montants est commune à celle des autres télescopiques Dieci. Elle propose un volant réglable en hauteur et en inclinaison, ainsi qu’un siège à suspension pneumatique. Spacieux et particulièrement profond, l’habitacle intègre derrière le siège une grande tablette de rangement dotée de deux porte-gobelets.
La porte monobloc dispose d’une vitre électrique qui s’avère pratique pour ajuster la ventilation naturelle. Son angle d’ouverture limité à environ 70 degrés se révèle un peu gênant pour accéder à bord, d’autant plus que le plancher est assez haut par rapport au sol et que les deux marches sont, à mon goût, trop rentrées. Bien vu, le rétroviseur gauche est fixé sur la porte et ne gêne pas pour monter à bord. Le pare-brise panoramique dégage bien la visibilité vers le haut. Il est prolongé par un mini-toit ouvrant doté d’un rideau pare-soleil escamotable. La vitre arrière s’entrebâille et dispose d’un essuie-glace.
Le joystick prend place sur la console de droite et sa position ne peut donc pas être ajustée par rapport à l’assise. Seul l’accoudoir se règle en hauteur à l’aide du bouton-poussoir gris. Ce monolevier se caractérise par l’intégration d’un capteur sensitif obligeant à bien le prendre en main pour agir sur le bras. Un poussoir à l’arrière du pommeau désactive cette sécurité en cas de travail avec des gants. En façade, le bouton jaune gère le pompage continu, tandis que l’interrupteur orange contrôle l’inversion du sens de marche, pilotable également à l’aide d’un levier à gauche du volant.
Sur la console, le clavier avec la molette rotative sert notamment à naviguer dans le terminal. Parmi les quatre boutons de gauche, trois servent respectivement à activer la fonction Shake (secouage du godet), la mémorisation d’une position du bras et l’automatisme Wall assurant le télescopage proportionnel à la levée pour une montée ou une descente de l’outil à la verticale.
Les différents boutons à bord sont facilement identifiables, grâce à leurs pictogrammes. Pas trop encombrant et ne gênant pas la visibilité, le terminal à écran de 7 pouces, fixé à droite sur le tableau de bord, indique en permanence un grand nombre d’informations, comme la température du moteur, les niveaux de carburant et d’AdBlue, le compte-tours, la vitesse et le nombre d’heures. Il donne aussi l’angle de la flèche et sa longueur d’extension. Cet écran affiche également l’image de la caméra de recul, lorsque la marche arrière est engagée. Il dispose de différents menus pour paramétrer des outils, agir sur la régénération du filtre à particules, diagnostiquer des pannes… Assez intuitive, la navigation dans ce terminal s’effectue depuis les touches latérales ou bien à l’aide de la molette placée à proximité du joystick pilotant le bras, nettement plus ergonomique.
Entretien – « Un compartiment moteur bien dense »
Les grilles d’admission d’air restent plutôt propres, grâce à l’inversion automatique du ventilateur. L’ouverture du capot moteur manque cruellement de vérins d’assistance et il faut en plus placer une tringle pour le maintenir relevé. Même si le pot d’échappement est à l’extérieur du compartiment, l’environnement du quatre cylindres FPT en position transversale est assez dense. Le filtre à air (devant les radiateurs), le premier filtre à gazole et le bouchon de remplissage d’huile moteur sont toutefois bien accessibles. En revanche, il est plus compliqué d’atteindre le second filtre à GNR, ainsi que la jauge à huile placée au-dessus du moteur. Le filtre à huile est, lui, bien caché sous l’alternateur, mais une plaque boulonnée devant la roue arrière droite facilite sa dépose.
La trappe qui s’ouvre en bas sur toute la largeur du compartiment moteur est bien pensée. Elle permet d’accéder sous le quatre cylindres et surtout de sortir la grande grille amovible qui capte la saleté, afin qu’elle n’encrasse pas les radiateurs. Autre point positif, les graisseurs du pont avant les plus difficiles à atteindre sont déportés et donc facile d’accès.
Fiche technique chargeur télescopique Dieci Agri Max 50.8 Power X2
CAPACITÉS
Hauteur de levage : 7,70 m
Capacité maxi : 4 999 kg
Portée avant maxi : 4,1 m
Charge maxi à hauteur maxi : 3 100 kg à 7,7 m
Charge à la portée maxi : 1 750 kg à 4,1 m
MOTEUR
Marque : FPT
Nbre de cylindres/cylindrée : 4/4 485 cm3
Puissance nominale : 168 ch à 2 200 tr/min
Couple maxi : 712 Nm à 1 500 tr/min
Norme et système antipollution : Stage V/DOC + SCRoF (AdBlue)
Intervalle d’entretien : 50 h puis toutes les 500 h
TRANSMISSION
Type : Hydromécanique à variation continue
CIRCUIT HYDRAULIQUE
Débit total : 305 l/min
Débit pour le bras et les outils : 120 l/min
HOMOLOGATION
Catégorie : Tracteur
Vitesse maxi : 50 km/h
Poids à vide : 10 870 kg
PTRA : 43 500 kg
Capacité de remorquage : 30 000 kg
DIMENSIONS
Capacité du réservoir à carburant/AdBlue : 175/27 l
Hauteur hors tout : 2,61 m
Longueur : 5,32 m
Garde au sol : 0,51 m
Empattement : 2,85 m
Rayon de braquage extérieur aux roues : 4,10 m
Pneumatiques du modèle essayé : 500/70 R24
BUDGET
Tarif au 01/02/2026 : à partir de 150 000 euros HT