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Des pistes pour moderniser son pulvé

Le renouvellement d’un pulvérisateur représente un investissement conséquent, parfois difficile à amortir au vu de la surface à travailler. Il existe heureusement des équipements adaptables permettant de moderniser son appareil en limitant les coûts.

L’achat d’un pulvérisateur neuf pour gagner en performance ne constitue pas l’ultime solution. Les concessionnaires ou les sociétés spécialisées peuvent, en effet, moderniser les appareils déjà en service en recourant à des solutions adaptables, dites retrofit, dans les catalogues des équipementiers, tels qu’Arag, Buisard Distribution, FD Intégrateur (Agrotronix), Müller Elektronik, Optima Concept (Agro System)… Il est ainsi possible de changer de type de régulation, d’adapter la coupure automatique de tronçons (Section Control), de remplacer le bac incorporateur, voire d’ajouter un débitmètre de remplissage, une jauge électronique ou encore des feux de rampe. Le montant des travaux à engager est bien entendu à relativiser par rapport à l’état initial de la machine. Il dépend aussi de la compatibilité des composants existants avec ceux rajoutés, car il s’avère parfois nécessaire de changer un grand nombre de pièces, ce qui peut vite faire grimper la facture. Le nombre de tronçons influe d’ailleurs davantage que la largeur de la rampe sur le coût du reconditionnement.

Une régulation DPAE pour 1 500 euros

« Nous recevons assez régulièrement des demandes d’agriculteurs souhaitant passer d’une gestion DPM (débit proportionnel au régime moteur) à une DPAE (débit proportionnel à l’avancement à contrôle électronique), afin de gagner en précision d’application. Pour cette modification, il faut compter 1 500 à 2 000 euros de fournitures : vanne de régulation, débitmètre ou capteur de pression, terminal et faisceau électrique. En revanche, en cas d’incompatibilité des vannes de tronçons, il est nécessaire de les changer pour environ 140 euros l’unité », indique Matthieu Sabouret de la société charentaise JCM Technologie, spécialisée dans la vente de composants et le reconditionnement de pulvérisateurs. Le coût d’une adaptation d’un système de coupure de tronçons sur un appareil déjà équipé d’une régulation DPAE varie en fonction de la technologie embarquée. La TPE française Optima Concept (Agro System) propose, par exemple, de faire évoluer l’ensemble de ses boîtiers Genius produits depuis sa création en 2003, afin de les rendre compatibles avec la fonctionnalité Section Control, sans rien démonter sur la machine. Pour les plus anciens d’entre eux, il faut remplacer la carte électronique principale. Pour les modèles depuis 2008, une mise à jour suffit lors de l’ajout de la carte dédiée au Section Control. Optima Concept donne aussi la possibilité de remplacer ce moniteur par un modèle plus performant, le Xenius à écran couleur et tactile, autorisant notamment la modulation de dose et pouvant faire office de barre de guidage. Elle décline également en rétrofit sa solution Isobus permettant à l’électronique du pulvé de communiquer directement avec le terminal compatible du tracteur, afin de s’affranchir du boîtier de l’appareil.

La coupure de sections en rétrofit

Avec un boîtier compatible, l’investissement dans la coupure automatique de sections s’élève à environ 5 000 euros, hors main-d’œuvre d’installation, selon Matthieu Sabouret. Il comprend la barre de guidage et son antenne, le logiciel et l’interface plug and play permettant au boîtier de commande de communiquer avec le système GPS. Pour les mêmes fonctionnalités, le montant atteint 7 000 à 10 000 euros de pièces et accessoires, selon les options choisies (terminal tactile, correction de dévers…), lorsqu’il est nécessaire de remplacer tout l’électronique. Müller Elektronik a, par exemple, développé pour Buisard Distribution un ensemble Isobus spécialement étudié pour adapter le Section Control sur des pulvérisateurs d’ancienne génération. Ce package présente l’intérêt de pouvoir piloter la majeure partie des vannes de tronçons du marché. Autre aménagement : le montage d’un système de gestion de la hauteur de rampe par capteurs à ultrasons est disponible en rétrofit chez Norac et Arag, par exemple. Certes, ce type d’équipement aux atouts indéniables reste particulièrement sensible à l’état et à la conception du mécanisme de suspension de la rampe. Il peut par conséquent rencontrer de réelles difficultés à fonctionner correctement.

L’éclairage de rampe accessible

Plus sûr en termes de résultat, l’éclairage de rampe demande toutefois de choisir des projecteurs spéciaux. En effet, les phares dédiés aux pulvérisateurs n’éblouissent pas pour bien visualiser le fonctionnement des buses. « Le montage d’un feu de travail à leds par demi-rampe est plus simple et moins coûteux qu’un éclairage à la buse. Compter 50 à 130 euros l’optique », précise Matthieu Sabouret. La précision dans le travail passe aussi par la maîtrise des quantités de bouillie préparées. Chez JCM Technologie, les composants pour ajouter une jauge électronique, fonctionnant à partir d’un capteur de pression en fond de cuve, représentent un investissement de 650 à 750 euros. Il existe également une solution de débitmètre au remplissage pour un montant équivalent. Le côté Lego des pulvérisateurs ouvre libre choix à de multiples autres modifications, à l’instar de la multiplication du nombre de tronçons. Cette opération simple de prime abord peut se révéler complexe et coûteuse. Il arrive en effet que l’architecture de la tuyauterie de la rampe pose problème et que le boîtier électronique n’accepte pas de piloter davantage de sections.

Pascal Baron, agriculteur à Brizambourg (Charente-Maritime)

« J’ai changé la régulation pour travailler à plus bas volume »

« Engagé dans un groupe Ecophyto avec la volonté de réduire les doses de produits phytosanitaires, il me semblait indispensable de disposer d’un pulvérisateur performant. Avec seulement 70 hectares de céréales, l’achat d’un neuf était économiquement inenvisageable. Et plutôt que d’opter pour une occasion récente, j’ai préféré adapter une régulation DPAE sur mon porté Kuhn de 1 000 litres datant de 2002. Pour 2 500 euros HT, la société JCM Technologie m’a fourni un boîtier de contrôle Arag, monté un débitmètre et remplacé la vanne de régulation, ainsi que le faisceau électrique. Le gain en confort est réel par rapport à la régulation DPM (débit proportionnel au régime moteur). Auparavant, dans les coteaux, je devais sans cesse modifier la pression pour compenser la différence d’allure, de 1 à 1,5 km/h, entre les phases de montée et de descente. Désormais, je règle la dose souhaitée et l’électronique agit sur le débit en fonction de la vitesse indiquée par la barre de guidage. J’ai aussi la possibilité de moduler manuellement de plus ou moins 10 %. L’investissement dans le DPAE m’a ainsi permis d’abaisser mes quantités de bouillie appliquées en passant de 150 à 60-70 litres par hectare en fongicide et herbicide. »

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