Aller au contenu principal

Luzerne et trèfle violet porte-graine : leurs auxiliaires recherchent le gîte

La luzerne et le trèfle violet porte-graine attirent bon nombre d’arthropodes phytophages, lesquels ont leurs prédateurs. Pour attirer ces derniers, il y a besoin de gîtes à proximité, tels que des haies et des bandes fleuries.

 

 

 

La luzerne (Medicago sativa) mais également le trèfle violet (Trifolium pratense) tout comme de nombreuses espèces de la famille des Fabacées (légumineuses), sont très attractifs pour un grand nombre d’espèces d’arthropodes (insectes et araignées), dont des espèces d’herbivores ou plutôt phytophages (terme d’origine grecque utilisé en entomologie).

Auxiliaires des cultures : luzerne et trèfle violet porte-graine en quête de pollinisateurs efficaces

Ces phytophages trouvent gîtes et couverts dans leurs plantes hôtes et ne peuvent réaliser leur cycle de vie et donc vivre que grâce à la présence de leurs plantes hôtes. Ils sont donc armés pour les localiser. Dès l’apparition des premières feuilles, les phytophages peuvent capter leurs plantes hôtes par des odeurs et par la vue, d’autant plus facilement que celles-ci sont cultivées seules sur des parcelles de grande superficie.

Sur la luzerne et le trèfle violet, ils sont très diversifiés, mais tous ne sont pas considérés comme des bioagresseurs, n’ayant pas tous des capacités de reproduction importantes où les attaques sur la plante ne portent pas atteinte à la bonne croissance et à la production de graines, et donc au rendement.

Les ennemis naturels de ces phytophages

Du fait que les phytophages soient diversifiés, les auxiliaires le sont également et peuvent être très présents dans la luzerne et le trèfle violet porte-graine. De plus, la végétation y est dense, ils y sont donc bien abrités et peuvent même y passer l’hiver à l’instar des coccinelles à 7 points et des parasitoïdes de pucerons. Les fleurs attirent d’autres insectes floricoles que sont les auxiliaires au stade adulte comme les chrysopes ou les hyménoptères parasitoïdes qui ont besoin de nectar et de pollen pour se reproduire.

Les ennemis naturels principaux que l’on trouve en grosse quantité dans la luzerne et le trèfle violet sont :

Les Coccinelles

Plusieurs espèces s’observent facilement dans la luzerne et le trèfle. La coccinelle à 7 points (Coccinella 7-punctata), l’espèce la plus commune, vit dans la strate basse. Dès le mois de mars ou quand les températures sont supérieures à 10 °C, elle s’active sur la végétation de luzerne ou de trèfle, et se reproduit. Après quelques jours, les femelles vont commencer à pondre la quantité d’œufs qui correspond à la quantité de pucerons. Ensuite, successivement, on peut voir apparaître la coccinelle à damier (Propylea 14-punctata), la coccinelle des friches (Hippodamia variegata) et dans une moindre mesure, la coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) qui préfère les zones urbaines et arborées.

Les syrphes

C’est une famille également très représentée. Les femelles viennent y pondre à proximité des colonies de pucerons dès mars avec Eupeodes corollae et E. luniger, puis arriveront très rapidement les syrphes ceinturés (Episyrphus balteatus) et porte-plumes (Sphaerophoria scripta). Quelques autres espèces plus discrètes peuvent être observées comme Syrphus ribesii, Scaeva pyrastri… Les larves, prédatrices de pucerons, se développent en trois semaines environ, avec une moyenne d’une trentaine de pucerons par jour consommés.

Les chrysopes

Ces demoiselles vertes aux yeux dorés représentent une famille très utilisée en lutte biologique. Elles sont élevées et commercialisées car leurs larves sont prédatrices généralistes, c’est-à-dire qu’elles prédatent tous les petits arthropodes à corps mous se trouvant sur leur passage. En balayant leur tête de gauche à droite, les larves arrivent ainsi à détecter diverses proies : pucerons, œufs et larves d’insectes (sur les gousses ou ailleurs sur la plante), thrips…

Les hémérobes

C’est une famille cousine des chrysopes mais composée d’espèces marrons et trapues. On y trouve essentiellement Micromus angulatus dans la luzerne et le trèfle violet. Elle est prédatrice de pucerons aux stades larvaires et adultes.

Les punaises prédatrices

Ce sont de petites punaises le plus souvent de forme assez allongée, discrètes, qui se déplacent très vite pour attraper leurs proies. Les plus connues sont Orius spp., Deraeocoris ruber, Nabis flavomarginatus, des Rhopalidae qui sont des prédatrices assez généralistes consommant des pucerons, des thrips et d’autres punaises. Par exemple, chez nous, les punaises Nabis régulent les punaises phytophages Lygus.

Les hyménoptères parasitoïdes

Chaque phytophage présent dans la luzerne ou le trèfle violet porte-graine, a son ou ses parasitoïdes. En plus grande majorité, on trouve les parasitoïdes du puceron vert et rose du pois (Aphidius ervi, Praon volucre ou encore Ephedrus plagiator). On trouve également en grande quantité les parasitoïdes de chenilles comme les Bracon spp. Mais aussi les parasitoïdes des larves de charançons Tychius (Pteromalus sequester) et de l’Apion du trèfle (Spintherus dubius). C’est-à-dire que la femelle va détecter les larves dans les gousses et pondre un œuf mortel à travers l’enveloppe de la gousse, directement à l’intérieur des larves.

 

 

 

Le contrôle biologique par conservation

Dans un objectif de régulation des bioagresseurs par leurs ennemis naturels, il est primordial d’apporter le gîte et le couvert aux auxiliaires afin qu’ils réalisent leur cycle de vie au complet au sein de l’exploitation : nourriture pour la reproduction des adultes (plantes diverses qui fleurissent, principalement à fleurs courtes), nourriture pour les larves (bioagresseurs et proies de substitution), sites d’hivernage…

Il faut donc des haies avec au minimum dix essences différentes (source INRAE).

Et des plantes herbacées en bordure de champs qui fleuriront de mars à octobre. Des mélanges fleuris tout faits existent, comme les mélanges auxiliaires de différents semenciers de fleurs sauvages, le mélange Muscari issu du Casdar Muscari ou encore les mélanges bords de champs ou Pollifauniflore créés par l’association Hommes et Territoires dans la Beauce, qui se développent et se peaufinent dans d’autres régions.

À retenir

Presque la plupart des auxiliaires sont floricoles au stade adulte et ont donc besoin de nectar et/ou de pollen pour se reproduire ou survivre quand les proies se font plus rares. Le nectar est une boisson sucrée qui sert de carburant et aide ainsi aux déplacements des auxiliaires pour aller des bordures jusqu’au centre des parcelles. Le pollen apporte les protéines nécessaires pour la fabrication des œufs pour les chrysopes du genre Chrysoperla, pour les syrphes et pour certaines espèces de parasitoïdes. Plus les fleurs sont diversifiées, plus elles apportent une diversité de protéines et meilleure seront la reproduction et donc l’efficacité de régulation.

 

Les plus lus

<em class="placeholder">Fabrice Guillet, l&#039;un des quatre associés du Gaec Monchemin : « En cumulant l’arrivée du méthaniseur dans notre système et l’introduction de légumineuses dans les ...</em>
Gaec Monchemin en Vendée : des couverts d’interculture pour les sols, les vaches et le méthaniseur
Alimenter 400 bovins, produire du biogaz et nourrir la vie du sol ne sont pas forcément incompatibles. C’est ce que s’efforce de…
<em class="placeholder">Christophe Barois s’est lancé dans l’autoconstruction avec l’aide de ses deux voisins. Leur choix s’est porté sur le modèle à dents JPC Drill.</em>
Agriculture de conservation : des exemples fructueux en bio présentés lors des Rencontres nationales de l’ABC en 2025 dans le Nord
L’édition 2025 des Rencontres nationales de l’ABC, qui se sont tenues dans le Nord, a permis de partager des expériences d’…
<em class="placeholder">Depuis une dizaine d’années, des ACSistes pionniers expérimentent 
et développent le relay cropping aux États-Unis avec principalement un enchaînement blé/soja. Même ...</em>
Relay cropping : comment se lancer dans cette technique ?
Si maximiser la photosynthèse toute l’année grâce aux couverts végétaux est un objectif déjà atteint par de nombreux ACSistes,…
<em class="placeholder">Francis et Isabelle Pestre, en mars 2025. À l’image, les sols de craie typiques, de jeunes linéaires d’arbres plantés par le couple et des champs d’éoliennes chez ...</em>
EARL Pestre-Giraux dans la Marne : des arbres, des truffes et du semis direct en pleine Champagne crayeuse
Les parcelles de l’EARL Pestre-Giraux dénotent dans la plaine de Champagne crayeuse entre Vitry-le-François et Châlons-en-…
<em class="placeholder">Colza associé</em>
Yvan Chollet, en Suisse : « Je suis payé à la biomasse produite par mes couverts »

Quand on pratique le SDSC depuis dix-sept ans et que l’on rêve de biomax, qu’y a-t-il de mieux que d’être…

<em class="placeholder">Semis de couvert végétal en décalé au Minnesota aux États-Unis dans un maïs implanté avec des écartements entre rangs de 1,50 mètre.</em>
Corridor solaire : les avantages d’interrangs larges en maïs

Implanter un couvert, mieux gérer la lumière, introduire et recycler de l’azote sont les objectifs d’un interrang plus grand…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 72€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière