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Nutrition animale
Les insectes ne sont pas que des protéines 

Les producteurs d’insectes cherchent à valoriser tous leurs produits, huiles et fientes comprises. 

Si les insectes sont souvent présentés comme une source de protéines, ils constituent aussi une source de lipides, avec des huiles dont le comportement est proche de celui de celle de coprah, et une ressource fertilisante avec leurs fientes. C'est ce qu'a rappelé l’IPIFF (la plateforme européenne des producteurs d’insectes pour l’alimentation animale et l’alimentation humaine) à l’occasion du workshop sur les priorités de la recherche sur les insectes, organisé le 3 décembre à Bruxelles. La filière a d'ailleur remporté un financement européen d'environ 8 M€ pour soutenir la recherche sur ces sujets. 

La construction d’outils de production mobilise actuellement des financements importants comme le montrent Ynsect, InnovaFeed ou Nextalim en France. Mais la montée en puissance de ces outils va s’étaler sur au moins deux voire trois ans. Les disponibilités en volume restent faibles, les couts de production sont au moins encore dix fois trop élevés pour rendre ces matières premières compatibles avec l’univers de l’alimentation animale conventionnelle. 

Enfin, la règlementaire reste une réelle gageure. Quoique… en effet, les huiles sont déjà utilisables dans l’alimentation des monogastriques même si les protéines ne le sont pas encore. Les avis pour ces dernières divergent puisque l’Ifipp reste attachée à y croire pour 2020 alors que les opérateurs eux mêmes, comptent plutôt sur 2021 voire 2022. 

Les huiles d’insecte sont autorisées en nutrition animale 

Dans tous les cas, les producteurs veulent donc déjà creuser le sillon des applications autorisées. C’est le cas avec les protéines dans les petfood et en aquaculture. La filière « truite nourrie à l’insecte » qu’Auchan a lancé le 10 décembre 2018 en est une bonne illustration. C’est aussi le cas avec une nouvelle filière qu’InnovaFeed espère lancer au premier semestre 2020, une volaille nourrie à l’insecte explique sa directrice Chaine de valeur, Chloé Phan Van Phi : « Nos tests sur l’incorporation d’huile d’insectes sont très positifs, tant sur l’aspect des performances zootechniques que sur les qualités organoleptiques des produits finis ». Cet automne, l’entreprise a aussi confié à Kantar la réalisation d’une enquête qualitative auprès de 700 consommateurs français, sur la consommation d’insectes par les volailles de chair, les porcs et les pondeuses. Une fois que l’enquêteur explique le concept de l’incorporation d’huile d’insecte en remplacement d’huiles végétales importées, l’adhésion grimpe. Ce concept paraît même particulièrement cohérent avec des filières "haut de gamme" comme le Bio (71%) et le Label Rouge (63%). Au total, les consommateurs se déclarent prêt à acheter des volailles (55%) et des porcs (48%) nourris à l’insecte. 

Malgré les arguments "économie circulaire et locale" de la production d’insectes et "lutte contre la déforestation" de la réduction des usages d’huiles de coprah, les cahiers des charges sont basés sur une alimentation "100% végétale et minérale" depuis la crise de l’ESB. Et les formulateurs restent assez réticents. 

 

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