Les clés pour bien choisir sa balayeuse
La balayeuse est souvent considérée comme un outil simple, à tort. En effet, son achat doit être bien réfléchi, car ce matériel se décline en différentes configurations pour bien répondre à chaque condition d’utilisation.
La balayeuse est souvent considérée comme un outil simple, à tort. En effet, son achat doit être bien réfléchi, car ce matériel se décline en différentes configurations pour bien répondre à chaque condition d’utilisation.
Le champ d’application des balayeuses est assez large en agriculture. Certains l’utilisent pour nettoyer les bâtiments lors du vide sanitaire, par exemple, quand d’autres s’en servent pour balayer les cours, les silos, les routes… « Une balayeuse est un outil de finition et non une lame niveleuse, avertit Damien Gauthier, directeur commercial de Rabaud. Si la surface à nettoyer est chargée de terre, il faut d’abord retirer le plus gros avec une lame ou un godet. »
La solution la plus économique correspond au balai pousseur, tel que le Modulo’sweep d’Emily, l’ActiSweep de la marque éponyme ou encore le modèle Balai de Magsi, qui s’utilise pour balayer les gravillons, la boue, les feuilles, le grain… « Cet outil s’adapte rapidement sur les fourches à palettes de l’engin porteur. Il convient bien pour le nettoyage des cours ou des tables d’alimentation, mais il demande parfois de passer plusieurs fois pour obtenir une bonne finition, étant donné qu’il n’est pas animé », indique Jérôme Le Febvrier, directeur commercial d’Emily. Les balais ActiSweep V7, V9 et V13, mesurant de 1,50 à 4,80 mètres de large selon la variante, se distinguent par leurs rangées de brosses en forme de V pour bien rassembler la matière.
Des modèles de balayeuses agricoles adaptés au niveau d'utilisation
Pour répondre aux différentes applications, des constructeurs, à l’instar d’Emily et de Rabaud, disposent d’une offre assez large en balayeuses rotatives, composée notamment de modèles andaineurs, ramasseurs ou réalisant les deux opérations. « La conception est différente selon le niveau d’utilisation. Par exemple, entre notre balayeuse Supernet dédiée aux usages en individuel et la Superchampion conçue pour les applications intensives, le poids du modèle de 2,08 mètres passe de 251 à 451 kilos », illustre Damien Gauthier.
Les balayeuses andaineuses, appelées aussi aligneuses, travaillent avec un angle par rapport à l’avancement pour déposer la matière sur le côté. Elles sont les plus répandues en agricole et conviennent parfaitement pour le nettoyage des routes lors des chantiers de récolte où la terre peut être envoyée sur le bas-côté. Le pivotement de leur brosse, pour balayer vers la gauche ou vers la droite, s’opère manuellement sur les modèles d’entrée de gamme et hydrauliquement sur les plus perfectionnées ou en option.
Plus coûteuses, les balayeuses ramasseuses présentent l’avantage d’exporter la saleté. Elles se justifient en agricole pour le nettoyage de bâtiments ou, par exemple, de bourgs salis par le passage des remorques lors des chantiers de récolte. Les modèles spécifiques ne sont généralement pas polyvalents, car leur brosse est perpendiculaire à l’avancement. Ils ne peuvent donc pas être utilisés comme des aligneuses. Toutefois, il existe des versions mixtes comme la ProSweep Max d’Emily. Cette machine dispose d’une articulation autorisant un angle de 12,5 degrés de la brosse en mode ramassage et de 25 degrés en configuration d’andainage. Chez Rabaud, plusieurs modèles d’aligneuses sont éligibles au montage en option d’un bac de ramassage.
L’engin porteur déterminant
Valet de ferme, tracteur, chargeur télescopique, chargeuse articulée… l’engin sur lequel la balayeuse est accrochée est déterminant. Il conditionne le type d’attelage et le niveau de robustesse du châssis. En effet, les contraintes exercées sur une machine montée sur le relevage arrière ne sont pas les mêmes que celles subies lors d’un attelage sur un relevage avant à double effet. La présence d’un châssis renforcé s’avère alors incontournable pour une utilisation sur le relevage frontal ou le tablier porte-outil d’un chariot télescopique. Cette recommandation vaut aussi si la machine se retrouve animée par un tracteur de 150 chevaux ou plus. Pour les accrocher, hormis le traditionnel attelage trois points, les constructeurs proposent diverses solutions, telles que des fourreaux pour les fourches à palettes ou des supports de préhension par un pince-balle ou un godet multiservice.
Adapter le nombre de moteurs hydrauliques au débit
Les balayeuses ne sont pas gourmandes en termes de débit hydraulique. La fourchette pour les animer se situe généralement entre 20 et 60 l/min. Attention, un débit trop important se révèle néfaste, car il sursollicite les moteurs hydrauliques et dégrade leurs joints. Pour éviter tout souci, notamment lors du montage sur un chargeur télescopique, un tracteur à débit hydraulique élevé ou une grosse chargeuse, il est recommandé d’opter pour un entraînement du balai rotatif par deux moteurs et de compter sur le circuit un diviseur de débit. Certains modèles de balayeuses sont éligibles au montage en option d’une centrale hydraulique indépendante animée par la prise de force. Cet équipement est quasi incontournable pour une utilisation partagée comme en Cuma. Il évite les mélanges d’huile et permet d’atteler la machine derrière un tracteur à gros débit hydraulique sans risquer de dégrader le moteur.
Différents niveaux de qualité de brosses
Les brosses sont généralement conçues à l’aide d’un empilement d’anneaux munis de poils en polyester ou en polypropylène. Les modèles en polyester se caractérisent par des brins rigides particulièrement agressifs. Ce matériau, idéal pour le nettoyage de l’enrobé, équipe surtout les balayeuses utilisées sur les chantiers de travaux publics. En agricole, le polypropylène est le plus courant, car il est particulièrement polyvalent et économique. Il existe aussi des brosses mixtes composées d’un mélange de brins en polyester et en polypropylène (disponibles en option chez Rabaud, par exemple), qui allient les qualités des deux matériaux. Attention, car les qualités des brosses varient et il est important de se renseigner sur le nombre de poils au centimètre carré. L’écart de prix entre deux machines comparables de marque concurrente s’explique parfois par la différence de densité du balai. Le moins dense se révèle moins efficace et s’use inévitablement plus vite.
Quels réglages pour la hauteur du balai ?
Pour garantir la longévité de la brosse, il est important d’en régler correctement sa position, en agissant généralement sur les roues de jauge. « Les poils doivent affleurer le sol. S’ils sont écrasés, ils ne balaient pas mieux et s’usent surtout nettement plus vite », alerte Damien Gauthier. Au fil du temps, le balai perd en diamètre et il faut ajuster sa hauteur avec les roues de jauge. Sur ce point, Emily se démarque avec son dispositif breveté Activ Bross System (ABS), qui assure le réglage automatique de la position du balai. Disponible sur le modèle Aero’sweep, cet automatisme dispense de roues de jauge. Il mesure en continu la pression du moteur hydraulique entraînant le balai et ajuste sa hauteur en permanence grâce à deux vérins hydrauliques. Il évite ainsi la dégradation prématurée de la brosse, garantit le bon suivi du sol tout en compensant l’usure.
La brosse rotative latérale quasi incontournable
La nature des travaux à réaliser va conditionner le choix de certaines options. Par exemple, dès que la balayeuse est utilisée pour nettoyer des silos couloirs et l’intérieur de bâtiments, l’ajout d’une brosse rotative latérale est indispensable. Cet accessoire permet de nettoyer le pied des murs. Il se compose généralement d’un balai en polyester, mais il existe également, comme chez Emily, des versions renforcées par des brins en acier clairement déconseillées pour le nettoyage des silos et des tables d’alimentation. Autre option, le kit de pulvérisation d’eau est recommandé pour éviter la formation de poussière. Il peut aussi servir pour détremper la matière collée au sol ou bien appliquer un désinfectant dans les bâtiments lors du vide sanitaire.