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Daniel Perrin, président de la section régionale FNPL dans le Grand Est
" On subit une troisième sécheresse consécutive "

La région Grand Est se montre, cette année encore, particulièrement touchée par la sécheresse et la canicule. L’heure n’est plus à l’inquiétude mais à l’abattement et l’angoisse. Difficile d’absorber coup sur coup ces épisodes climatiques de plus en plus marqués. Quand on voit que les sources se tarissent et que même les forêts sont impactées, avec des épicéas, des hêtres adultes qui meurent… Les prairies sont devenues de vrais paillassons. Une bonne partie sera à ressemer. Heureusement, la première coupe d’herbe correspond à celle d’une année normale. Mais rien n’a repoussé derrière. Pour les maïs aussi, la situation est alarmante. Début août, les premières ensileuses ont tourné pour sauver ce qu’il y avait encore à sauver. Certains maïs grillaient sur pied.

Les éleveurs affouragent les troupeaux, mais les stocks ne tiendront pas tout l'hiver. L’an dernier, j’avais pu affourager mes bêtes avec du vieux foin de 2016 récolté tardivement. Mais cette fois, nos stocks sont au plus bas. Chez nous, le silo de maïs est vide depuis le 11 août. Heureusement, nous avions passé des contrats pour des drêches (60 €/t). J’ai voulu faire rentrer du corn gluten feed, mais vu les prix qui flambent (90 €/t), j’ai laissé tomber… La production et les taux marquent le pas. Cette situation va peser lourd sur les trésoreries, déjà fragilisées par le contexte des années précédentes. Les élevages n’auront pas le choix, il faudra décapitaliser et/ou acheter des stocks, et les conséquences vont se répercuter sur plusieurs campagnes (repro, potentiel des génisses, état des stocks fourragers…).

Les mesures annoncées ne sont vraiment pas convaincantes. On se moque de nous avec l’autorisation d’exploiter les jachères ! Sur la région Grand Est, les jachères représentent moins de 0,4 % de la SAU ! Et le peu que cela représente ne vaut rien en valeur. L'obligation de semer les couverts n'est-elle pas aberrante ? La procédure calamités, quant à elle, donnera un coup de pouce mais ne compensera pas les pertes. Sans compter qu’aujourd’hui, 40 % des élevages de Meurthe-et-Moselle attendent encore de percevoir leurs indemnités suite aux dossiers calamités de 2018… »

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