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Méthanisation, la fin de l’âge d’or ?

En Allemagne, la hausse des coûts de production et un cadre réglementaire moins favorable pénaliseraient les quelque 8000 unités de méthanisation allemandes ces prochaines années.

Installation de méthanisation dans une exploitation agricole allemande.
Installation de méthanisation dans une exploitation agricole allemande.
© A. Conté

La fête semble finie pour les unités de méthanisation agricoles allemandes. Essentiellement parce que leurs coûts de production sont à la hausse. Les frais de maintenance suivent une courbe ascendante. Dans le nord du pays, le prix du maïs ensilage, la principale matière première, est très volatile et les fermages dérapent à 1200 €/ha. Les banques locales prédisent que 30 % des unités pourraient faire faillite. La menace serait encore plus prononcée pour les méthaniseurs trop éloignés de leur objectif de productivité et ceux qui emploient un salarié. Dans le sud du pays, où une unité moyenne annonce une capacité de 350 kWh (contre 500 kWh dans le nord), ces perspectives sont considérées comme un peu trop pessimistes. Même élevés, les fermages de 700 à 800 €/ha dans cette zone permettent actuellement de limiter la dépense pour une tonne de maïs rendue digesteur à environ 40 € alors que la facture ne doit pas dépasser 45 à 50 €/t pour préserver une rentabilité.

Commandes de nouvelles unités en berne

Les derniers et futurs ajustements réglementaires ne risquent cependant pas de dissiper les nuages dans le ciel des méthaniseurs. La loi entrée en vigueur au 1er juillet 2014 encourage certes la construction d’unités modestes de 75 kWh destinées à traiter le lisier des élevages, mais elle ne rémunère plus qu’à hauteur de 4 cents tout kilowatt produit dans les unités de plus de 500 kWh. Inutile dans ces conditions de vouloir agrandir l’existant alors que les charges fixes continuent elles, de croître. Le projet de relever la durée de stockage du digestat de six à neuf mois ne ferait que durcir la viabilité économique des unités existantes. La Fédération des industriels de la méthanisation confirme que le climat dans sa branche d’activité est « mauvais » ou « très mauvais ». Dans l’état actuel des choses, le nombre de nouvelles commandes enregistré depuis août 2014 est proche de zéro.

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