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L’état corporel des vaches bientôt évalué en 3D

L’Inra et la société 3D Ouest travaillent sur la mise au point d’une technique utilisant l’imagerie en 3D externe pour, à terme, mesurer et valoriser cet indicateur dans les élevages.

L’automatisation du pointage des hanches 
et des fesses sur l’image    
    (points bleus) est l’une des prochaines grandes étapes du projet.
L’automatisation du pointage des hanches
et des fesses sur l’image
(points bleus) est l’une des prochaines grandes étapes du projet.
© P. Faverdin

Imaginez une caméra 3D placée par exemple en sortie de salle de traite ou d’un robot. Cette caméra intègre des capteurs capables de fournir une image externe de l’arrière d’une vache à un logiciel dès que l’animal passe dans son « champs visuel ». Puis ces images sont traitées par un algorithme pour fournir une évaluation précise de l’état corporel de chaque vache tout au long de la lactation. Ce n’est pas du domaine de la science fiction, mais bel et bien celui de la recherche appliquée. L’Inra de Rennes et la société 3D Ouest(1) planchent en effet sur la question depuis deux ans. La mesure de ce critère morphologique est potentiellement un excellent outil de conduite d’élevage « parce qu’il permet de renseigner sur l’état des réserves corporelles mais aussi sur leurs variations comme indicateur du bilan énergétique, avec les conséquences connues notamment sur les performances de reproduction et la santé des animaux », souligne Philippe Faverdin, responsable de ce projet pour l’Inra. Une mesure précise de ce critère pourra également être utilisée pour l’indexation de nouveaux caractères.

Développer des alertes utilisables par les éleveurs

 

« Avec le prototype que nous utilisons actuellement à l’Inra, nous sommes capables de prédire l’état corporel des animaux. Mais il reste certaines étapes à franchir, comme l’automatisation de la sélection des pointes des hanches et des fesses sur l’image en 3D nécessaire aux calculs mais aussi l’acquisition d’un référentiel de mesures de l’état corporel plus fiable et reproductible », précise le chercheur. En effet, jusqu’ici, seule la méthode visuelle/palpation avec grille de notation qui est employée sur le terrain a pu être utilisée comme méthode de référence. Or, malgré les compétences des notateurs, cette méthode a ses limites en termes de fiabilité et de répétabilité. « On observe des résultats différents notamment selon les notateurs, la race des animaux, les sites retenus sur l’animal pour mesurer l’état corporel… Au final, il est difficile de comparer les résultats de différentes études », constate avec regret Christophe Staub, de l’Inra de Nouzilly.
La notation visuelle n’étant pas la meilleure référence, tous les espoirs se tournent vers les travaux réalisés par Christophe Staub et Jean-Luc Touzé, à l’Inra de Nouzilly. « Pour standardiser les mesures, nous travaillons sur l’évaluation de l’état corporel en utilisant l’échographie. Cette technique présente l’avantage d’être non invasive et moins lourde que les méthodes indirectes utilisant les biopsies de tissus adipeux, pratiquées sur animal vivant, qui nécessitent anesthésie et chirurgie et posent alors un problème éthique. » Les deux travaux de recherche avancent donc conjointement. Par ailleurs, pour valoriser l’imagerie en 3D en élevage, il faudra aussi développer un outil simple pour fournir des alertes utilisables par les éleveurs. Au final, si Philippe Faverdin et Jean-Michel Delouard, de la société 3D Ouest, sont optimistes quant à l’issue de leurs travaux, en revanche, ils ne se prononcent pas sur un délai de commercialisation du nouvel outil. Dans ce domaine, la concurrence existe déjà. Ainsi, selon Philippe Faverdin un système d’imagerie en 3D « est déjà commercialisé en Allemagne », mais « l’approche utilisée ici semble plus prometteuse ».


(1) Le bureau d’étude de cette société est spécialisé dans la confection de capteurs dédiés à l’acquisition d’imagerie en 3D valorisable dans le monde du vivant.

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