Aller au contenu principal

"La loi EGA ne sera qu'un cadre, les OP doivent se renforcer"

Jean-Baptiste Moreau, député, éleveur et rapporteur du projet de loi issu des EGA, insiste sur le rôle des OP dans la recherche d'un meilleur équilibre au sein des filières.

Jean-Baptiste Moreau : "Le prix abusivement bas ne sera pas un prix fixe. C'est un prix inférieur à celui que donne le contrat qui prend en compte les coûts de production."
© C. Pruilh

La loi — en débat au parlement au jour où nous mettions sous presse le 19  avril— permettra aux producteurs de lait de proposer leurs conditions générales de vente à partir d'un ou plusieurs indicateurs coûts de production. Mais cette disposition législative ne sera efficace que si les OP sont suffisamment structurées et capables d'être force de proposition et de négociation. Face aux OP, les industriels de l'agroalimentaire sont concentrés, et les distributeurs ultra concentrés", a présenté Jean-Baptiste Moreau, député LREM et éleveur, rapporteur du projet de loi issu des États généraux de l'alimentation, lors de l'assemblée générale de Sunlait - association d'OP Savencia.

La loi issue des EGA prévoit une hausse du SRP (seuil de revente à perte) et un encadrement des promotions. Ainsi que la définition d'un prix abusivement bas. "Ce ne sera pas un prix fixe. Un prix sera déclaré abusivement bas, si le prix de marché (pratiqué) est inférieur au prix indiqué sur le contrat qui prend en compte les coûts de production. Si tel est le cas, une renégociation se déclenchera et il y aura obligation de résultats."

Participer à la construction des indicateurs

Selon Jean-Baptiste Moreau, il est indispensable d'avoir des interprofessions les plus longues possibles. "Il faut que les OP soient représentées dans les interprofessions, pour avoir leur mot à dire sur la construction des indicateurs économiques. Au sein de l'interprofession bovine, la distribution et les consommateurs sont représentés. C'est mieux de pouvoir discuter avec eux, pour mener des actions plus efficaces."

Nouveaux indices coût de production en juin

"Prendre en compte les coûts de production, cela ne veut pas dire les couvrir ; ce n'est économiquement pas souhaitable, et ce serait retoqué par la direction des fraudes. C'est suivre leur niveau et leur évolution, et l'impacter sur le prix final. Les indicateurs seront proposés par le Cniel. Ils pourront être produits par l'Institut de l'élevage ou l'observatoire des prix et des marges", rappelle Françoise Simon, du ministère de l'Agriculture, invitée lors de l'AG de Sunlait.

Le Cniel se donne jusqu'au 15 juin pour présenter de nouveaux indicateurs. "Il faut déjà que les experts (Idele, centre de gestion...) soient d'accord sur les méthodes de calcul. Faut-il aller plus loin que l'Ipampa et la Milc ? Je pense que l'on peut", indique Thierry Roquefeuil, président du Cniel. 

Les plus lus

<em class="placeholder">Camille Lefeuvre</em>
Recruter un salarié agricole : « Je ne veux pas d’un exécutant, je veux un collègue de travail », en Ille-et-Vilaine

Au Gaec du Guesneau en Ille-et-Vilaine, Camille Lefeuvre a choisi de faire appel à des salariées pour l’aider dans le travail…

<em class="placeholder">Jean-Yves Guémin, éleveur laitier</em>
« J’ai fait tout mon travail d’astreinte en deux heures et demie », sur mon élevage laitier bio en Ille-et-Vilaine

En Ille-et-Vilaine, Jean-Yves Guémin a grandement simplifié son système d’exploitation pour alléger sa charge de travail. En…

<em class="placeholder">Gilles Bonnet, éleveur dans le Tarn, sur son escalier fait maison</em>
Astuce d'éleveur : Une passerelle surélevée pour incorporer de l’eau dans la mélangeuse

Gilles Bonnet, éleveur dans le Tarn, a bricolé un escalier et sa plateforme avec une arrivée d’eau pour pouvoir apporter, en…

<em class="placeholder">Le banque de travail agricole de Saint-Clément, dans le Maine-
et-Loire</em>
« Nous ensilons 250 ha de fourrage en 10 jours sur notre commune grâce à la banque de travail agricole », dans le Maine-et-Loire

​​​​​Vincent Tessier, éleveur à Saint-Clément dans le Maine-et-Loire, réalise tous ses chantiers d’ensilage d’herbe et de maïs…

<em class="placeholder">Bastien Charré à droite avec les deux salariés du Gaec, Baptiste (nom ?) et Charline Bonnevin</em>
« Avec mes salariés agricoles, nous cultivons une relation gagnant-gagnant », en Charente-Maritime

Le Gaec Le Grand Pré en Charente Maritime a basculé d’une ferme familiale à un fonctionnement patron-salariés : Bastien…

<em class="placeholder">Pierre Curfs et son fils</em>
« Allergique aux poils de vache, le robot de traite m’a permis de continuer le lait », dans la Marne

Pierre Curfs est éleveur de vaches laitières à Vienne-la-Ville, dans la Marne. Des problèmes de santé l’ont conduit à…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière