Aller au contenu principal

Voyants plutôt au rouge concernant les prix des grains, selon Agritel

Contrairement à ODA, le cabinet d’analyse se montre pessimiste quant à une hausse des prix sur la seconde partie de campagne en grains.

Alexandre Boy, analyste chez Agritel, ne voit guère d’élément haussier sur les marchés des grains sur la seconde partie de campagne 2017/2018. L’offre est abondante par rapport à la demande, et «la force de l’euro face aux autres monnaies pénalise la compétitivité française sur la scène mondiale ».

Ventes françaises à prévoir sur février-mars en blé tendre

Sur le marché du blé tendre, « les fondamentaux sont connus, et il y a largement ce qu’il faut jusqu’à la fin de la campagne sur la scène mondiale pour fournir les acheteurs », signale Alexandre Boy. L’analyste s’inquiète de la mollesse des exportations françaises. « On est en retard par rapport à ce qu’il faudrait faire pour réduire nos stocks. La force de l’euro nous pénalise sur la scène mondiale, notamment par rapport à l’Argentine ». L’expert ajoute que, au vu du bas niveau des prix, les céréaliers français ont peu vendu. Ces derniers se positionneront probablement sur février-mars 2018, afin de pouvoir se procurer des intrants, susceptible de faire pression sur les cours. En revanche, des signaux haussiers pourraient faire leur apparition sur la prochaine récolte. Premièrement, la sécheresse aux Etats-Unis est à surveiller, susceptible de causer des dégâts sur les blés locaux. Ensuite, « sur la récolte 2018, les bilans restent très théoriques. En Russie, c’est à quitte ou double. Si un gel fort survient sur février, la tendance peut s’inverser ».

Des exportations hexagonales de maïs surestimées

En maïs, les exportations françaises sur l’UE estimées par FranceAgriMer en janvier (4,8 Mt) sont jugées plutôt optimistes par Alexandre Boy. « Les ventes françaises ont du retard. Nous sommes mal placés en termes de prix par rapport aux origines ukrainiennes et américaines ». Si les cours du maïs sur le marché intérieur ukrainien progressent actuellement, ce mouvement pourrait ne pas être durable d’après l’expert. « La Chine se montre par à-coup. Actuellement, elle achète du maïs ukrainien, mais il n’est pas impossible qu’elle abandonne le marché pour 1-2 mois, suite à des achats intenses durant 2-3 semaines », pesant par ricochet sur les cours mondiaux. Toutefois, « il y a plus de temps en maïs pour espérer une hausse des cours, la récolte dans l’hémisphère nord débutant fin août ». Alexandre Boy indique que la campagne de semis aux Etats-Unis et en Europe sera à observer avec attention sur mai.

Du côté de l’orge fourragère, le marché est certes tendu, mais encore une fois, le haut niveau de l’euro par rapport aux autres monnaies et l’abondance de l’offre en blé tendre limitent les perspectives haussières, selon Alexandre Boy. « Le marché est bien tenu grâce aux achats chinois massifs. Mais nos origines sont pénalisées par la hausse de l’euro face aux monnaies concurrentes, et le blé tendre reste bas en termes de prix ».

1 Mt de canola supplémentaires en Australie ?

En colza, la cotation échéance mai sur Euronext, période habituellement tendue pour le marché car située en fin de campagne, est passée à plusieurs reprises en-dessous de l’échéance août, période de récolte et donc d’abondance de l’offre. « C’est le signe que l’offre est confortable par rapport à la demande (…) Les stocks en France sont assez élevés », justifie Alexandre Boy. Rappelons également que les surfaces semées en 2017 (1,54 Mha) sont supérieures à celles de 2016 (1,4 Mha). Ensuite, les cours de l’huile de colza sont mis sous pression par la concurrence du biodiesel argentin, pénalisant la demande des triturateurs européen, précise l’analyste. Ensuite, alors que la production canadienne pourrait être revu à la hausse, « la production australienne est sous-évaluée. Il pourrait y avoir 1 Mt de plus, soit 3,5-4 Mt cette année », estime Alexandre Boy. Sur la récolte 2018, il faudra surveiller ce qu’il se passe dans les parcelles de soja argentin, actuellement touchées par la sécheresse, rappelle l’expert.

 

Les plus lus

<em class="placeholder">granulé d&#039;engrais blancs</em>
Marché des engrais : incertitudes, tensions et ajustements face au MACF

La mise en place du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) par l’Union européenne a fortement impacté le marché…

Alain Charvillat, directeur Céréales export de Sénalia.
« Cette première partie de campagne céréalière est une bonne surprise en termes de flux à l’exportation », indique Alain Charvillat

Le directeur Céréales export de Sénalia, le plus important terminal portuaire de Rouen, est plus que satisfait du trafic de…

Photo d'Amadou Sarr, analyste chez Stratégie Grains, filiale d'Expana.
« Les exportations françaises de blé sont finalement moins exposées à la menace argentine que les origines mer Noire », déclare Amadou Sarr, analyste chez Stratégie Grains

La récolte record de l’Argentine en blé ne devrait pas pénaliser outre mesure les exportations françaises de blé tendre sur la…

Portrait de Pierre-Jean Huré, directeur commercial du groupe Sica Atlantique
« Nous espérons une meilleure dynamique à l’exportation en blé tendre sur la seconde partie de campagne », indique Pierre-Jean Huré

Le directeur commercial du groupe Sica Atlantique fait le bilan du premier semestre de la campagne de commercialisation 2025-…

De gauche à droite : Franck Bluteau, nouveau président de la Cavac, Jérôme Calleau, ancien président de la Cavac, et Olivier Joreau, directeur général
La coopérative Cavac garde un résultat net positif en 2024-2025

La campagne 2024-2025 a été difficile pour la Cavac, avec une forte baisse des volumes. Le résultat net de la branche…

Diego de la Puente, analyste du marché des grains chez Novitás.
Une récolte de blé record en Argentine pénalisée par la qualité

L’abondante récolte de blé argentin lui confère une grande compétitivité en ce début d’année. Les ventes vers l’Asie sont très…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne