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Politique agricole / Grande Bretagne
Volatilité et environnement : construire une nouvelle Pac

Lors d’une conférence intitulée « Volatilité sur les marchés et réforme de la Pac, parties d’un même problème ? », le 16 juin à Boothby Graffoe au Royaume-Uni, différents représentants de l’agriculture britannique ont discuté des possibles futures orientations de la Pac. Selon eux, l’UE a importé la volatilité mondiale après la fin du contrôle des prix agricoles. Vu de l’Angleterre, les sujets de préoccupations du monde agricole sont les mêmes qu’en France, mais les parties prenantes et les solutions proposées différentes. « Depuis 25 ans l’autosuffisance alimentaire britannique s’est repliée de 10 à 20 % pour se situer aujourd’hui aux alentours des 60 à 70 % », a indiqué Guy Smith, agriculteur britannique et membre du conseil d’administration du HGCA (Home Grown Cereal Association), l’office des céréales anglais. Aujourd’hui les défis sont les mêmes  selon lui : produire suffisamment pour nourrir l’humanité, avec le souci de préserver l’environnement.

Une volatilité croissante
    Selon Richard Whitlock, consultant anglais sur les marchés des grains, « les fondamentaux sont à la base de la volatilité. D’ailleurs, cette année la production, et donc l’offre anglaise, promettent d’être restreintes ». D’après lui, « la sécheresse a touché l’ensemble des zones de grandes cultures de la Grande-Bretagne cette année ». Il a de plus indiqué que les rendements anglais en blé d’hiver s’établiraient à 4 t/ha en moyenne, et que, concernant les orges de printemps les rendements moyens pourraient tomber à 2 t/ha. Cependant, il précise que « les récentes pluies tombées depuis deux semaines sur la Grande-Bretagne pourraient, partiellement, améliorer ces résultats ». « Par le passé, la Pac a été critiquée en raison de sa tendance à administrer les marchés agricoles, ce qui limitait la volatilité », a souligné R. Whitlock. Mais aujourd’hui, les marchés sont libres et la volatilité est là pour durer, a assuré le consultant. Ainsi, selon lui, pour que les opérateurs physiques puissent se couvrir contre les risques de prix, la spéculation est nécessaire comme contrepartie à ce risque. Selon R. Whitlock, si le risque n’existe pas sur un marché alors il se verrouille, ce qui dégrade son accès pour les opérateurs. La formule consacrée selon lui au marché du grain est « couvrez vos mises et étalez vos risques », les spéculateurs permettant de porter le risque à plusieurs.

Une Pac d’après 2013 plus verte et productive
    Si les agriculteurs ont tendance à bien répondre aux signaux du marché en augmentant leurs productions, ils ne sont plus rémunérés de la même façon par la Pac, a souligné G. Smith. Selon Gareth Morgan, chef des politiques agricoles de la RSPB (Royal Society for the Protection of Birds, la ligue britannique de protection des oiseaux), « rémunérer les efforts des agriculteurs vis-à-vis de l’environnement est un des meilleurs leviers d’action en la matière ». Ainsi, la RSPB, qui compte près d’un million de membres, s’est engagée auprès des agriculteurs pour maximiser les effets favorables de l’agriculture concernant la biodiversité et en en minimisant les effets négatifs. G. Morgan a déclaré : « De forts changements se préparent au niveau de la Pac, on a peu de chance d’en voir progresser les budgets ».
    De plus, le représentant de la RSPB a indiqué que la prochaine Pac ne ferait pas croître la place du management environnemental dans les politiques. C’est pourquoi G. Morgan souhaite montrer à Bruxelles les engagements pris entre la RSPB et les agriculteurs anglais en matière de protection de la biodiversité. En effet, l’association finance elle même les efforts faits par les agriculteurs pour implanter des haies, des bandes enherbées ou toute autre action favorable à la biodiversité. Selon Gareth Morgan, la Pac ne doit pas forcément encadrer la volatilité, mais plutôt permettre de produire tout en supportant les actions de agriculteurs en faveur de l’environnement.

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