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Récolte céréalière française 2020
Une récolte de blé tendre à 32-33 Mt encore crédible

Fin mai, Stratégie Grains annonçait dans nos colonnes une récolte française de blé tendre 2020 autour de 32-33 Mt (/ladepeche/vers-une-recolte-francaise-de-ble-tendre-francaise-2020-32-33-mt). Un chiffre qu’Agritel confirmait en début de semaine 26, par la voix de Nathan Cordier, responsable de l’Analyse de marché au sein du cabinet d’analyse : « nous pourrions la revoir prochainement, mais nous tablons pour le moment sur une fourchette de 32-33 Mt ». Toutefois, d'autres analystes sont plus pessimistes, comme la Commission européenne, qui table au 25 juin sur une moisson française à 30,3 Mt, sur 4,643 Mha (4,586 Mha selon Agreste début juin). Le rendement tomberait donc à 6,52 t/ha, contre environ 7,9 t/ha l'an dernier d'après Agreste (39,5 Mt, sur 5 Mha). Selon, Simon Aimar, responsable Développement et Marketing du groupe Sica Atlantique, « les premières réceptions de blé tendre sont attendues vers le 25 juin ».

Une hétérogénéité plus forte que d’habitude

Les analystes contactés attendent une très forte hétérogénéité concernant les rendements. « Chaque année, on peut dire qu’il y a une certaine variabilité dans les résultats d’un secteur à l’autre. Mais cette année, ce sera davantage le cas ! », souligne François Laurent, directeur recherche et développement d’Arvalis-Institut du végétal. Ce dernier préfère ne pas donner de chiffre de productivité ou de volumes, face à ce contexte très incertain. « L'estimation d’Agritel paraît crédible, mais nous ne pouvons donner de prévisions précises actuellement. Nous pourrions obtenir, dans un même secteur, une très large fourchette de rendements, allant de 40 q/ha à 100 q/ha ! ». Seule certitude : les rendements cette année seront moins bons que l’an dernier en moyenne.

Une tendance se confirme : les cultures en sol superficiel sont en souffrance, du fait de la sécheresse, et celles en sol profond devraient s’en tirer dans l’ensemble. Le tiers nord-est de la France reste le secteur où le potentiel des cultures est le plus affecté. Si les conditions d’implantations ont été mauvaises, François Laurent indique que la phase de remplissage des grains s’est plutôt bien déroulée. « Les récentes pluies ont fait un peu de bien, surtout au nord de la Loire. Il y a eu un bon rayonnement et il n’y a pas eu d’excès thermique. Certes, un pic de chaleur ces derniers jours est observé, mais cela arrive un peu tard pour réellement affecter les plantes. » Si le nombre d’épis au mètre carré est en moyenne moins élevé que l’an dernier, cela pourrait en partie être compensé « par les bonnes conditions de fécondation », explique le scientifique.

François Laurent estime que les taux de protéines dans les blés pourraient s’avérer satisfaisants, en raison de la baisse des rendements, mais aussi de conditions climatiques favorables à la concentration de l’azote dans les grains.

Les taux de protéines dans les orges à surveiller

Du côté des orges, « les premiers résultats ne sont pas forcément au rendez-vous en termes de rendement », indique Nathan Cordier. Toutefois, les premières coupes donnent souvent les moins bons résultats. Il faut donc attendre pour avoir une idée plus précise de ce que donnera la moisson française 2020. Une alerte toutefois : « la concentration de la protéine est une bonne nouvelle pour le blé, mais pas pour l’orge de qualité brassicole », rappelle François Laurent. Les orges de printemps semées tardivement, qui ont donc davantage souffert de la sécheresse, présentent le plus de risque de présenter un taux de protéine trop élevé lors de la récolte.

 

 

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