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Une campagne qui s’annonce acrobatique

BLÉ TENDRE : déception confirmée pour les premières coupes

Les premiers résultats commencent à tomber en ce qui concerne la moisson en nord Loire. Comme prévu, la situation est très hétérogène selon les régions, mais il ressort tout de même une baisse générale des rendements (de -10 à -20 %). Une déception qui se confirme donc pour les producteurs et OS qui vont connaître une année plus difficile que prévu. Il semblerait néanmoins que les aléas climatiques de cette année 2006, et notamment le gros coup de chaud du début juin, aient entamé les volumes mais peu altéré les qualités. Dans le Centre Atlantique, et surtout en Vendée où la moisson est entamée, on note des rendements en forte baisse, mais des PS corrects (autour de 74 kg/hl) et des taux de protéines qui oscillent entre 11 à plus de 12 % en moyenne. Dans le sud de la Bourgogne, baisse également sensible des volumes, des PS d’un peu moins de 76 kg/hl; mais des protéines à plus de 11 % et de bons Hagberg. Les cours progressent de nouveau fortement et l’activité reste difficile.

BLÉ DUR : fermeté confirmée

L’activité commerciale est assez peu développée du fait du retrait des vendeurs. Avec une demande qui reste intéressée, les cours poursuivent en général leur progression. La moisson se termine dans le Sud-Ouest avec une confirmation de bons résultats quantitatifs et qualitatifs, une récolte tout juste un peu moins performante qu’en 2005. Les dernières pluies ont en revanche causé une légère détérioration de la qualité des blés durs dans le Centre-Ouest, mais rien de grave.

Le Fob Séville fait le grand écart entre 152 et 162 E/t selon les qualités (taux de protéines) qui sont très hétérogènes.

ORGE DE MOUTURE : difficile

Jour après jour, les échos de la récolte se confirment, à savoir des rendements très décevants et des PS très moyens. Une situation quasi générale sur tout le territoire, mais d’autant plus sensible dans l’Ouest et le Centre-Ouest du pays. Ailleurs, les résultats sont plus contrastés selon les régions, mais il se confirme que la moisson 2006 ne sera pas un grand cru. Le marché est peu actif en règle générale, mis à part quelques fabricants d’aliments du bétail qui s’intéressent à des lots d’orges déclassées. Les cours sont en nette progression sur le portuaire (+ 2 E/t) et stables à haussiers sur l’intérieur.

MAÏS : presque complètement stoppé

Activité commerciale très peu développée en nord Loire avec des organismes stockeurs préoccupés par l’avancement de la récolte en céréales à paille. Marché également très calme dans le Sud-Ouest, avec une demande qui reste présente mais à des prix jugés trop bas pour les vendeurs. La situation semble bloquée pour un petit moment avec des cours en portuaire, notamment, qui baissent sensiblement en ancienne campagne.

ORGE DE BRASSERIE : tétanisé

La situation est également très hétérogène en ce qui concerne les résultats de la récolte d’orges de brasserie. C’est notamment le cas pour l’Esterel. Si dans l’est de la France on observe de meilleurs résultats, on reconnaît que plus la moisson avance, plus le taux de protéines s’élève.

Situation plus sensible encore en Champagne « avec des Esterel chargées en protéines », indiquent certains courtiers, et des calibrages faiblards. Les rendements tourneraient autour de 70 à 80 q/ha. Quoi qu’il en soit, les craintes sur les résultats des OBP se renforcent semaine après semaine, ce qui provoque une forte progression des cours de la Scarlett à Creil et en Moselle.

FRETS : légère amélioration

En ce qui concerne le trafic fluvial, on enregistre toujours quelques difficultés d’exécutions sur l’intracommunautaire, mais les opérateurs commencent à entrevoir quelques améliorations. De leurs côtés, les prix des frets maritimes se sont repliés suite à une nette baisse de l’activité aux États-Unis.

PROTÉAGINEUX : attentisme

La nouvelle récolte est en cours. Elle attire l’attention des opérateurs qui redoutent toujours de faibles rendements et une qualité amoindrie par la chaleur intervenue en période de floraison. Les affaires sont très rares, en l’absence de demande et de vendeurs. En conséquence, les prix sont stables à haussiers sur le marché.

En féveroles, la demande est là mais l’offre fait défaut. Aucun volume échangé n’est enregistré cette semaine et les prix sont reconduits.

TOURTEAUX : quasi arrêté

L’activité a été très réduite sur le marché des tourteaux, tout produit confondu. Seules quelques affaires de compléments en soja et en colza sont rapportées mais pour de faibles volumes. Pourtant, les prix en soja ont reculé mais ne motivent pas les acheteurs apparemment bien couverts. La hausse en colza est due à un courant d’affaires en fin de semaine passée et à la flambée de la graine.

ISSUES DE MEUNERIE : stabilité

Le marché est calme voire atone. La demande est faible et les cours se maintiennent au même niveau que la semaine précédente. Seul le remoulage demi-blanc est en baisse.

DÉSHYDRATÉS : calme plat

Les prix sont reconduits sur un marché décidément très calme. Quelques affaires sont à noter tout de même en luzerne, pour du réapprovisionnement. Rien à signaler en pulpes de betterave.

CO-PRODUITS : fermeté reconduite pour les farines de poisson

La fermeté des farines de poisson se poursuit. Aucune détente significative n’est à envisager dans les semaines à venir, les disponibilités au niveau mondial devant rester faibles jusqu’à la fin de l’année. En pailles et fourrages, la nouvelle récolte est commencée dans le Centre et le Bassin parisien. Les cours y sont reconduits dans l’attente de l’évaluation des rendements. Au Nord-Est, le calme règne et les récoltes se poursuivent. Dans la Crau, les cours progressent légèrement. Le marché des produits laitiers est peu actif cette semaine, notamment sur le disponible. Des affaires en lactosérum sur l’éloigné ont été réalisées. Les cours sont reconduits. En PSC, pas de changement par rapport à la semaine dernière. Le citrus frémit à la hausse. Les prix des graisses de porc et de volaille évoluent peu sur un marché sans demande.

PRODUITS DIVERS : regain d’activité pour les légumes secs

En graines fourragères, les rendements du trèfle violet sont toujours une source d’inquiétude, du fait de la chaleur et du manque d’irrigation. Le marché est très calme avec aucun mouvement en prévision d’ici au 15 juillet. En graineterie, la moisson bat son plein. Peu d’acheteurs sont présents sur le marché. Rien de nouveau à attendre avant une quinzaine de jours. Pour les légumes secs, le marché s’active. Les pois chiches mexicains sont en hausse et les lentilles du Canada se raffermissent régulièrement.

OLÉAGINEUX : les craintes n’étaient malheureusement pas infondées

Les cours des graines de colza ont flambé tout au long de la semaine. Le marché à terme, suivi par le physique, a nettement progressé, en disponible mais aussi sur l’éloigné. Cette extrême fermeté est due aux premiers résultats de la récolte européenne qui s’annonce particulièrement mauvaise. Alors que l’on parlait, il y a encore quelques semaines, d’une récolte de 16,5 Mt, les estimations tournent maintenant autour de 15 Mt. Les rendements français sont en net recul par rapport à l’an dernier sauf peut-être dans le sud de la France qui attendait toutefois des volumes plus élevés. En Allemagne et dans les Pays de l’Est, où les conditions climatiques ont été particulièrement mauvaises, on s’inquiète des niveaux de production de ce qui reste à récolter. Dans un tel contexte, les vendeurs parient sur davantage de hausse, et font de la rétention tandis que les acheteurs cherchent de la marchandises, en vain. En tournesol, l’activité est réduite à son minimum. Les cours sont reconduits.

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