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UE : la production polonaise se prépare pour l’exportation

La part de la production polonaise de pommes de terre destinée à la commercialisation est en constante augmentation.

LA POLOGNE a produit près de 14 Mt de pommes de terre en 2004, alors qu’à la fin des années 90, la production atteignait 25 Mt. Même si la production a fortement diminué depuis ces vingt dernières années, la Pologne reste l’un des principaux producteurs mondiaux de pommes de terre dont il faut tenir compte, surtout depuis son entrée dans l’Union européenne.

La Pologne cultive la pomme de terre sur tout son territoire, même si des zones de production se distinguent au Centre et au Sud-Est. Parallèlement à la multitude de petits producteurs, cultivant toutes sortes de légumes, des exploitations de taille importante se spécialisent et sont capables de fournir des quantités importantes et homogènes, sur une période plus longue. Des entrepôts de stockage y sont installés, et on estime actuellement que sur les 3,77 millions de pommes de terre commercialisées, 20% sont stockées dans de bonnes conditions (stockage réfrigéré). Pour le reste, les conditions de stockage restent très médiocres : à même le sol, en silo ouvert, recouvert de paille et de terre. Les variétés de pommes de terre de consommation les plus utilisées sont surtout polonaises. Pour les variétés précoces, des plants d’origine néerlandaise et allemande sont mis en terre.

Une récolte 2005 de près de 13 Mt

En 2004, on estime à 713.000 ha la surface en pommes de terre pour une production de 13,9 millions de t, contre 766.000 ha et 13,7 Mt en 2003. Les premières prévisions pour 2005 font état d’une récolte de 12,9 Mt. Les perspectives, à moyen terme, indiquent que les surfaces se stabiliseront aux environs de 500.000 ha, pour une production de 10 Mt. Les surfaces en pommes de terre primeurs ne sont pas isolées au sein des statistiques, mais selon l’Institut de la pomme de terre de Bonin, elles sont en augmentation et couvrirait 10 à 15% de la superficie totale.

Depuis les cinq dernières années, l’utilisation des pommes de terre par les exploitations a fortement baissé. En particulier, les quantités destinées à l’alimentation animale sont en nette diminution (- 60 %), ce qui explique la baisse globale de la production. La majeure partie de la production polonaise reste encore sur les exploitations, mais cette part, nous l’avons dit, est en diminution au profit des volumes destinés à la commercialisation, et qui représentent maintenant 30 % de la production totale.

Les volumes commercialisés et destinés à l’alimentation humaine se sont élevés à 1,87 Mt en 2004. Ils sont constitués en majorité de pommes de terre de conservation, bien que la proportion de pommes de terre primeurs augmente. L’industrie de la transformation quant à elle, a absorbé 1,6 Mt en 2004, et elle est en forte progression puisque la production de frites et de chips a doublé depuis 2000. Par ailleurs, les exportations ont elles aussi doublé depuis la fin des années 90, mais elles représentent seulement 36.000 tonnes environ en 2004. Au final, sur les 3,77 tonnes de pommes de terre commercialisées, 50% sont consommées en frais sur le marché intérieur, 45% sont transformées et 5% sont exportées.

En ce qui concernent les circuits de distribution sur le marché intérieur, notons que, selon un panel de SGGW, les consommateurs polonais déclarent acheter les fruits et légumes dans les magasins de quartier (35%) en premier lieu, sur les marchés locaux de plein air (32%), ou dans les grands magasins (23%).

Selon Potato Markets, les exportations totales en pommes de terre de conservation (y compris primeurs et plants) se sont élevées à 36.000 tonnes en 2004, contre 109.000 t en 2003 et 140.000 t en 2002. Mais les premières données pour 2005 laissent prévoir des exportations à hauteur de 100.000 t. Cette grosse différence d’une année sur l’autre est très représentative des fluctuations importantes que connaissent les exportations polonaises. La Pologne étant un gros producteur, elle peut saisir les opportunités de marchés à l’export liées aux aléas climatiques des pays destinataires. Les principaux pays destinataires sont la Moldavie, la Russie et le Bélarus, qui représentent près de 90% des exportations de pommes de terre de conservation, suivis de la Hongrie. Les pommes de terre primeurs sont principalement à destination de la Russie, de la Bulgarie, de la Moldavie et du Bélarus.

Les importations de pommes de terre se sont élevées à 41.000 t en 2004 (y compris primeurs et plants), contre 36.000 t en 2003. Les importations de pommes de terre qui étaient destinés à la transformation de frites et de chips sont en nette diminution, car la Pologne produit maintenant la quasi totalité de ses besoins en variétés de pommes de terre de transformation. Les Pays Bas sont les fournisseurs traditionnels de plants, avec 80% de part de marché, tandis que l’Espagne, la Grèce et le Maroc sont les principaux fournisseurs de pommes de terre primeurs. La France est aujourd’hui quasi absente des importations polonaises de pommes de terre de conservation.

Les points forts polonais

Pour conclure, il est certain que l’offre polonaise de pommes de terre présente des atouts : une énorme capacité de production, une spécialisation des producteurs (présence de grandes structures), une création de groupements de producteurs avec des capacités de production et de stockages importantes, des surfaces en primeurs en augmentation, des prix à la production inférieurs de moitié à ceux pratiqués dans l’UE à 15, la proximité de pays comme l’Allemagne ou la Slovaquie vers lesquels des volumes importants de produits surgelés sont déjà exportés.

Toutefois, si la Pologne veut développer ses exportations, notamment vers l’Ouest, elles devra lever certains freins comme les coûts de transports élevés, les variétés non adaptées et les normes sanitaires (rappelons que les importations en provenance de Pologne sont soumises à une plan de surveillance particulier), et elle devra procéder à la normalisation de sa production, ainsi qu’à l’amélioration intrinsèque de ces produits qui restent à l’heure actuelle médiocres.

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