Tournesol : un contrat à terme sur l’huile brute lancé sur le MCS de Mumbai en Inde
Le Multi Commodity Exchange en Inde (MCX) a annoncé, lors du Global Commodity Conclave 2026, qui s’est tenu du 12 au 14 août 2026 au Jio World Convention Centre de Mumbai (ex-Bombay), le lancement d’un nouveau contrat à terme sur produits dérivés agricoles. Il concerne l’huile de tournesol brute.
Le Multi Commodity Exchange en Inde (MCX) a annoncé, lors du Global Commodity Conclave 2026, qui s’est tenu du 12 au 14 août 2026 au Jio World Convention Centre de Mumbai (ex-Bombay), le lancement d’un nouveau contrat à terme sur produits dérivés agricoles. Il concerne l’huile de tournesol brute.
Un nouvel instrument financier sera bientôt accessible aux importateurs, aux raffineurs, aux triturateurs, aux traders et à tous les participants de la chaîne de production du tournesol en Inde. Il s’agit d’un contrat à terme sur l’huile de tournesol brute, a annoncé le Multi Commodity Exchange en Inde (MCX). Il sera lancé avant la fin de l’année 2026. Le contrat fera l’objet d’un règlement en espèces (cash settled) et les prix seront fixés « ex-Tank JNPT (Jawaharlal Nehru Port Trust) », dans la zone portuaire de l’État du Maharashtra (centre-ouest de l’Inde), hors taxe.
Un outil de couverture des risques pour les opérateurs
L’idée générale est d’aider à la transparence et à une meilleure gestion des risques sur le marché des huiles végétales dans le pays. Selon les dirigeants de la bourse, ce contrat a aussi pour objectif d’améliorer le « développement du marché local des huiles végétales ». Dans le contexte géopolitique actuel, où les flux d’importations/exportations sont fortement perturbés par les conflits dans le monde – en particulier celui entre l’Ukraine (première productrice mondiale d’huile de tournesol) et la Russie (sur la deuxième place du podium) – et où la météorologie caniculaire perturbe les récoltes des autres grands producteurs de graines de tournesol (dont la Roumanie, la France et la Hongrie dans l'Union européenne), se doter d’un outil de couverture des risques est de nature à rassurer les opérateurs.
Autre élément justifiant ce lancement, selon la bourse indienne, « le MCX a également noté que les prix au sein du complexe des huiles végétales sont étroitement interdépendants, ce qui influence les phénomènes de substitution ainsi que la compétitivité relative de l’huile de tournesol ».
L’Inde très dépendante des importations en huile
Ce lancement prend place aussi dans le contexte d’une forte dépendance du pays aux importations d’huiles en tout genre, rendant prisonniers les utilisateurs et les consommateurs indiens des prix pratiqués à l’international. La consommation d’huile de tournesol en Inde représente environ 3 millions de tonnes (Mt) dont 2,8 Mt sont importées, selon les dernières estimations disponibles (gouvernement indien et bureau de l’agriculture de l’USDA en Inde). Cela constitue 9 % des consommations en huile (derrière l'huile de palme en numéro 1 puis l’huile de soja et l’huile de colza). De façon plus globale, l’Inde consomme entre 26 et 27 Mt d’huiles végétales par an, dont 60 % sont importées.
Le contrat sur l’huile de tournesol brute rejoint le portefeuille déjà existant des produits végétaux cotés sur le MCX, comme l’huile de palme brute et l’huile de menthe mais aussi la cardamome, le coton, la graine de coton nettoyée ou encore le kapas (fibre de coton brute).
Euronext rappelle l’importance de la gestion des risques face à un environnement instable
Interrogés par La Dépêche Le petit meunier, les porte-paroles d’Euronext note qu’il s’agit « d’un contrat cash-settled, avec une référence de prix Ex-Tank JNPT, donc basée sur un prix en cuve dans un port indien. Le produit et la construction de la référence sont donc assez spécifiques au marché indien et ne sont pas directement comparables à ce que nous pourrions envisager sur Euronext ». Par ailleurs, ils précisent aussi que « concernant le tournesol, Euronext a déjà réfléchi à la possibilité de développer un contrat sur la graine. Cette réflexion n’a toutefois pas abouti, notamment en raison de sa corrélation avec le marché de la graine de colza. Plus largement, dans un contexte de volatilité liée à la géopolitique et à la météo, nous pouvons surtout rappeler que ces facteurs renforcent le besoin de gestion du risque ».