Tournesol : la faiblesse de la récolte fait bondir les prix
La récolte de tournesol bat son plein en France. Les premiers échos de rendements sont décevants, voire catastrophiques, selon les zones de production. Les prix de la graine oléagineuse s’envolent.
La récolte de tournesol bat son plein en France. Les premiers échos de rendements sont décevants, voire catastrophiques, selon les zones de production. Les prix de la graine oléagineuse s’envolent.
Les prix du tournesol ne cessent de grimper. La cotation du tournesol oléique en rendu Saint-Nazaire, sa place de référence, est passée de 540 €/t le 15 avril 2026 à 595 €/t le 16 septembre 2026 sur la période octobre-décembre 2026, selon les informations recueillies par La Dépêche Le petit meunier.
Le pire rendement national en tournesol de ces 50 dernières années
Cette hausse continue des prix du tournesol français s’explique par la dégradation de l’état des cultures durant son cycle de développement, particulièrement sur les trois derniers mois. L’été 2026 a été le plus chaud jamais enregistré en France, avec une température moyenne supérieure de 3,6 °C aux normales saisonnières et un déficit de précipitations marqué, de l’ordre de 40 % à l’échelle nationale. Dans ce contexte, les craintes des opérateurs de terrain se confirment : on s’achemine vers une production en net recul par rapport aux dernières années.
Les chiffres de rendement sont à prendre avec précaution, car la récolte de tournesol est en cours, mais les premières remontées de terrain font état d’un rendement moyen en chute libre autour de 15 q/ha. Dans un communiqué du 15 septembre, Agreste table pour sa part sur un rendement de 16,9 q/ha au 1er septembre 2026 (contre 18,1 q/ha estimés au 1er août 2026 et 20,7 q/ha enregistrés en 2025), soit « le plus faible enregistré depuis au moins 1980 ». Les chiffres de l’agence gouvernementale pourraient encore être rognés dans sa prochaine publication si les premiers échos des champs se confirment.
Des rendements en tournesol très hétérogènes d’une région à l’autre
La situation s’annonce très hétérogène en fonction des régions. « Dans les bonnes terres au Nord, on pourrait atteindre 20-25 q/ha alors que l’on pourrait descendre aux alentours de 13 q/ha dans le Sud-Ouest par exemple », détaille un correspondant de La Dépêche Le petit meunier.
Des chiffres confirmés par une autre source : « Les rendements dans le Sud-Ouest, où les trois quarts de la sole sont récoltés, les rendements évoluent entre 12 q/ha et 17 q/ha, voire 20 q/ha à 22 q/ha dans les meilleurs cas. Dans les autres régions, les rendements s’élèvent entre 13 q/ha et 19 q/ha, avec une récolte réalisée sur la moitié de la surface cultivée. »
Côté qualité, les graines sont globalement petites, ce qui soulève des questions quant à leur teneur en huile.
Les hausses des surfaces compensent en partie la baisse du rendement en tournesol
D’après les derniers chiffres d’Agreste, « la hausse des surfaces (+ 13 % sur un an), qui retrouvent un niveau proche de la moyenne 2021-2025, atténuerait en partie le recul de la production à 1,31 Mt, contre 1,41 Mt en 2025, soit un recul de 7 % sur un an (- 24 % comparés à la moyenne 2021-2025) ».
Une production européenne de tournesol en hausse d’une récolte à l’autre
Selon les derniers chiffres du Coceral publiés le 22 septembre 2026, la production de l’UE à 27 s’élèverait à 9,98 Mt en 2026 (contre 8,75 Mt en 2025), en raison d’une augmentation conjuguée de la surface (5,15 Mha en 2026 contre 4,79 Mha en 2025) et du rendement (19,4 q/ha en 2026 contre 18,3 q/ha en 2025).
Le comité européen estime la production en France à 1,32 Mt en 2026 (contre 1,36 Mt début juillet 2026 et 1,41 Mt en 2025), avec une surface de 777 000 ha (contre 758 000 ha précédemment et 685 000 ha l'an dernier) et un rendement de 17 q/ha (contre 18 q/ha précédemment et 20,6 q/ha l'an dernier). La production de la Bulgarie atteindrait 2,45 Mt (contre 1,52 Mt) et celle de la Roumanie 2,45 Mt (contre 1,96 Mt).