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Macroéconomie
Surchauffe de l’économie états-unienne, pression sur les prix des grains

Les situations macroéconomiques des États-Unis et de la Chine constituent des facteurs potentiels de baisse de prix des grains, opine Erik Norland, économiste du Chicago Mercantile Exchange, lors du Global Grain le 16 novembre.

L'inflation aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et dans l'UE, selon le Chicago Mercantile Exchange (CME)
© Frédéric Théry, Agra Réussir

« Les États-Unis ont-ils excessivement stimulé leur économie ? » C’est la question qu’a posée Erik Norland, économiste du Chicago Mercantile Exchange (CME), lors du Global Grain à Genève (16-18 novembre). Selon lui, la réponse s’avérerait plutôt positive, et précise que cela constitue un potentiel facteur de pression sur les cours mondiaux des grains.

L’expert du CME commence par expliquer que l’inflation s’affiche à un niveau bien plus important aux États-Unis que dans d’autres régions du globe, notamment l’UE et le Royaume-Uni. Citant les données de Bloomberg, elle dépasserait les 4,5 % en moyenne en 2021 dans le pays de l’oncle Sam, contre un peu moins de 3 % au Royaume-Uni et un peu plus de 2 % dans la zone euro. « Cela devrait continuer », alerte Erik Norland.

 

 

Donald Trump et Joe Biden sont trop généreux, selon Erik Norland, économiste du CME

Les gouvernements de Donald Trump puis de Joe Biden « se seraient montrés trop généreux avec la population lors de la pandémie de Covid-19, expliquant la forte pression inflationniste. […] Certains Américains gagnaient plus au chômage que lorsqu’ils avaient un emploi avant la crise sanitaire », déclare l’économiste du CME. En conséquence, les citoyens se sont mis à acheter davantage de voitures, consommer plus de pétrole, mais aussi de biens manufacturés provenant de Chine. « Le coût du conteneur maritime de 40 pieds depuis la Chine, au départ du port de Shanghai, vers les États-Unis, à destination du port de Los Angeles, a flambé, passant de plus de 6 000 $ mi-2021 à plus de 9 000 $ fin 2021 », explique Erik Norland.

La forte inflation frappant les États-Unis pourrait inciter la banque centrale états-unienne – la FED – à relever ses taux d’intérêt, prévient l’expert du CME. Dans un tel scénario, le dollar se renforcerait, rendant les prix des grains des contrats à terme de Chicago (blé, maïs, soja) moins attractifs par rapport aux concurrents internationaux, constituant donc un potentiel facteur de baisse, détaille-t-il.

Autre indicateur à surveiller : la situation macroéconomique chinoise. La mauvaise santé du secteur national immobilier pèse sur sa croissance, susceptible de pénaliser quelque peu sa demande en grains. « Le secteur immobilier constituait, en 2016, environ 30 % du PIB chinois. Un effondrement de ce secteur ne serait pas sans conséquence sur l’économie chinoise et peut-être par ricochet sur sa capacité à importer davantage de grains », rappelle Erik Norland, citant une étude d’Harvard de 2021.

Marché mondial des grains tendu jusqu’au premier semestre 2022

Néanmoins, les fondamentaux propres au marché mondial des grains sont jugés tendus, notamment par Erin Collier, économiste de la FAO. Elle rappelle que les stocks de blé fin 2021/2022 des principaux exportateurs sont attendus faibles, à moins de 50 Mt. De plus, la bonne qualité se fait plus rare que l’an dernier, au vu de la forte baisse de production au Canada et aux États-Unis notamment. En Russie, la qualité s’améliore par rapport à l’an dernier, mais pas les volumes, sachant que le pays réfléchit à des quotas d’exportations et une hausse des taxes, rappelle-t-elle. Sans oublier la hausse des prix des engrais et de l’énergie, relevant les coûts des producteurs. Oleg Kryukovskiy, responsable trading au sein de GTCS, déclare que les prix « pourraient peut-être régresser, mais seulement à partir d’avril 2022 ».

 

 

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