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Snia : les fabricants d'aliments, fer de lance de la filière

Avec 21,1 Mt en 2015 et, donc, une production qui s'érode encore, l'industrie de l'alimentation animale enregistre des premiers mois 2016 toujours difficiles. Mais elle veut affirmer son rôle dans les filières animales.

Alors que les volumes sont stables, voire en légère régression depuis des années, la nutrition animale française veut mieux faire connaître ce qu'elle offre aux filières. C'était le thème que le Snia (Syndicat des entreprises privées de la nutrition animale) avait retenu pour son assemblée générale du 3 juin. « L'élevage français est comme groggy, résume son président Alain Guillaume. Mais c'est bien des industriels et des éleveurs – bref de nous tous qui sommes sur la brèche – que viendra l'éclaircie en productions animales et de personne d'autre, pour peu que les Pouvoirs publics aplanissent encore les obstacles administratifs. » Sur ce point, il aimerait bien voir sauter rapidement la limite de 32 t pour les véhicules porteurs à 4 essieux. Alors qu'il quitte son poste à l'issue de son mandat de cinq ans et sa vie professionnelle (cf. n°4159 p. 3), le président transmet à son successeur, François Cholat, une association profondément modifiée. Six organisations régionales, regroupant des producteurs adhérents aux trois syndicats, couvrent désormais toute la France. Et ce ne sera plus le président du Snia mais celui d'Eurofac, Jean-Michel Boussit (Axéréal) qui fera la route de Bruxelles. Cette association également commune avec Coop de France Nutrition animale et l'Afca-Cial devrait ainsi, en pesant de toutes ses 21 Mt, renforcer la représentation de la France dans la fédération européenne, la Fefac.

Communiquer plus et mieux

La communication se structure tant vers le grand public que vers les administrations. Outre les portes ouvertes des usines (comme les 3 et 4 juin derniers en Bretagne), les industriels ont ainsi co-rédigé un recueil sur leurs pratiques pour la maîtrise du risque Salmonelles dans le cadre de leur démarche de certification et de contrôle, Oqualim. Snia et Coop de France Nutrition animale espèrent d'ailleurs organiser, à la rentrée, une réunion sur le terrain avec les Pouvoirs publics. Ils affirment leur vigilance dans l'approvisionnement d'un secteur en croissance, le bio, qui enregistre une progression de 4,5 % à 300.000 t.

Le big data est déjà là

Toutes les actions en matière de qualité sanitaire s'intègrent dans Oqualim qui, avec la nouvelle charte Duralim, lancée le 7 juin, pour un approvisionnement durable des aliments pour animaux, renforcent le socle (cf. p. 4). « Duralim et Oqualim ont vocation à devenir les incontournables de l'alimentation des animaux “origine France” », martèle d'ailleurs Alain Guillaume. Un message qu'il veut faire passer dans l'aval de chaque filière.

Les entreprises de la nutrition animale veulent aussi faire savoir aux filières ce qu'elles font et pourraient encore faire, non seulement en assurant la trésorerie des éleveurs par l'encours Aliment mais aussi par l'innovation. L'alimentation de précision pourrait ainsi assurer un réel saut d'efficacité chiffré à 15 %, voire 18 %, des coûts. Ainsi, à l'heure des start-up et des big data, l'industrie propose des outils pour toutes les espèces, comme l'explique Lilian Leloutre de Techna. « Il existe de nombreuses données sous-exploitées. En intégrant des données ouvertes captées sur les exploitations, comme celles du contrôle laitier, nous pouvons proposer des suivis et des ajustements personnalisés. Non pas en fournissant plus de données aux éleveurs qui sont débordés, mais avec des informations opérationnelles, adaptées à leur propre organisation du travail. »

L'alimentation de précision pourrait assurer un saut d'efficacité à 15 %, voire 18 %.

Les fabricants d'aliments peuvent enfin répondre encore mieux aux demandes de leur aval, estime Denis Lambert, président du directoire du groupe LDC. Outre la qualité de la viande, il en pointe plusieurs, techniques comme sociétales. La réduction de l'hétérogénéité des lots peut ainsi améliorer la productivité et, donc, la compétitivité de l'abattoir. Il milite aussi pour plus de transparence : « Je demande aux fabricants d'aliments qui travaillent avec nous d'auditer tous les éleveurs afin que ce qui a été médiatisé récemment ne se reproduise pas. »

Christophe Bonno, directeur d'Agromousquetaires, pointe aussi le rôle de la nutrition animale pour répondre aux demandes des consommateurs en matière de bien-être animal, de non OGM, de santé notamment de l'absence de traitements antibiotiques. François Cholat, le nouveau président du Snia, résume : « Au service direct de l'élevage en France, dans toute sa diversité, notre métier propose de nouvelles solutions. Nous devons collectivement faire connaître cette contribution afin qu'elle soit valorisée tout au long de la chaine alimentaire. »

François Cholat : élu président à l'unanimité

Après cinq ans de présidence, Alain Guillaume passe la main à François Cholat, membre du conseil d'administration depuis 2003. À 55 ans, ce dernier dirige avec son frère, depuis 1983, l'entreprise familiale “Maison François Cholat”, installée à Morestel dans l'Isère, qui possède la marqued'aliments pour animaux “Le Père François”.

« Nous sommes la 5e génération. Et notre objectif, c'est la transmission à la génération suivante », explique-t-il. Président de l'association Qualimat Sud-Est (import sur les ports de Sète et Chalon-sur-Saône), François Cholat présidait aussi, jusqu'à l'an dernier, l'Association régionale des fabricants d'aliments du Sud-Est, l'Uraase.

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