Aller au contenu principal

Réglementation des marchés
Signature “imminente” d’une convention entre l’AMF et FranceAgriMer

Les deux institutions discutent afin de mieux contrôler le lien entre marchés physiques et financiers, alors que Mifid II entrera en vigueur le 3 janvier 2018.

Les 68es Journées techniques des industries céréalières (JTIC) des 8 et 9 novembre à Paris ont été l’occasion de faire le point sur l’actualité de la réglementation des marchés physiques et papiers des matières premières agricoles, incluant la directive européenne Mifid II. Bernard Valluis, représentant de l’Ania, reconnaît que « les marchés physiques spot et à livraisons différées peuvent éventuellement avoir un impact sur les marchés financiers, et réciproquement ». L’observation des marchés physiques, en plus des marchés papiers, devient donc nécessaire pour détecter les abus. Dans ce cadre, l’Autorité des marchés financiers (AMF) et FranceAgriMer « sont en passe de signer une convention. C’est ce que nous avons appris en ce début de semaine 45 », précise Bernard Valluis. Olivia Le Lamer, responsable de l’unité Grandes cultures chez FranceAgriMer, confirme l’information, précisant « qu’il serait souhaitable que ledit document soit signé avant 2018, avant l’entrée en vigueur de Mifid II ».

Une convention également en discussion au niveau européen

La convention entre FranceAgriMer et l’AMF doit permettre à ce dernier de recueillir des données sur les marchés physiques des grains, afin de savoir si ces derniers et les marchés financiers (Euronext) convergent bien. « Il est aussi prévu, au niveau européen, que l’Esma puisse s’adresser à la DG Agri européenne pour obtenir des données sur les marchés physiques européens », ajoute Bernard Valluis. Un observatoire des prix a récemment été mis en place par la direction générale agricole de l’UE.

Du côté de Mifid II, la directive n’est guère contraignante pour la filière céréalière hexagonale. À titre d'exemple, les limites de positions sur les marchés à terme des grains s’avèrent très élevées. Pour le blé tendre, un opérateur ne pourra détenir plus de 60 000 lots en positions nettes (3 Mt) à tout instant sur l’échéance rapprochée. Selon les experts présents aux JTIC, il est peu probable que les opérateurs français du marché physique dépassent les limites. « L’UE partait de zéro en termes de réglementation des marchés financiers. […] La présente réglementation, incluant les limites de positions, pourrait changer à l’avenir », alerte toutefois Anne-Laure Paumier, directrice adjointe de Coop de France Métiers du grain.

La priorité à court terme pour les opérateurs (meuniers, Fab, OS…) sera de prouver que leurs opérations sur les marchés à terme correspondent à des opérations de couverture essentiellement, afin de sortir du cadre de Mifid II. Un dossier devra être transmis à l’AMF avant le 3 janvier 2018, puis chaque année, explique Anne-Laure Paumier. « Si les acteurs ne le font pas, ils seront considérés comme des acteurs financiers et soumis à Mifid II. » Euronext, par la voix de son directeur des matières premières Olivier Raevel, a indiqué qu’à partir du 3 janvier 2018, sera publié un rapport de marché chaque mercredi, indiquant les positions détenues par type d’intervenant (opérateurs commerciaux, financiers, etc.) sur l’ensemble de la semaine précédente, à l’image de ce qui se fait aux États-Unis.

Réglementation clémente, reporting, échanges d’informations, possibilité d’évolution : « Le cadre européen est pour le moment un moyen de savoir ce qui se passe sur les marchés, avant d’éventuellement mettre en place des mesures plus strictes », conclut Anne-Laure Paumier.

Les plus lus

<em class="placeholder">Culture du sorgho dans le Haut-Rhin (chez Daniel Christnacher). Epis. Inflorescences</em>
Sécheresse 2026 : face à la rareté du maïs, les opérateurs à la recherche d’alternatives

Face au risque de pénurie et de hausse des prix du maïs non-OGM, les acteurs de la filière étudient des solutions alternatives…

<em class="placeholder">Champ de maïs victime de sécheresse et de températures caniculaires, Creuse, juillet 2026.</em>
Céréales et oléagineux bio : tension en blé et orge fourragers, sous l’impulsion du maïs

Les prix des céréales bio sur le marché physique français ont progressé entre le 29 août et le 12 août 2026. La…

Graphique prix blé, orge et maïs France au 13 août 2026
Marché des céréales du 13 août 2026 : Hausse du prix du maïs sur Euronext alors que le prix du blé est hésitant

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 12 et le 13 août 2026, expliquée par La Dépêche Le petit…

Graphique prix blé maïs orge France au 10 août 2026
Marché des céréales du 10 août 2026 –  Hausse du prix du maïs dans le sillage du pétrole mais baisse du prix du blé sur Euronext

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 7 et le 10 août 2026, expliquée par La Dépêche Le petit…

<em class="placeholder">Epandage d&#039;engrais azoté en granule sur une parcelle de blé.</em>
Marché des engrais : le marché mondial de l’azote se stabilise, les engrais phosphatés restent sous tension

Le marché mondial de l’azote a été largement influencé en juillet par le contexte géopolitique et énergétique. En France, le…

<em class="placeholder">maïs souffrant de la sécheresse et de la canicule en Vendée en juillet 2026</em>
Sécheresse 2026 : le prix du maïs européen pourrait flamber et les importations s'envoler

La baisse de la récolte de maïs en France et en Europe réduira fortement les disponibilités non-OGM dans les prochains mois,…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne