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Romain Fouquiau : « Optimiser les traitements fongicides plutôt que diminuer les applications »

Non loin du Loiret et de la Seine-et-Marne, Saint-Martin-d’Ordon se situe sur un secteur à bon potentiel de production pour l’Yonne. Agriculteur sur cette commune, Romain Fouquiau a déjà obtenu des rendements supérieurs à 100 q/ha sur ses blés, moyennant une bonne protection fongicide.

Romain Fouquiau cherche à optimiser ses rendements céréales en les sécurisant avec une bonne protection fongicide.
© C.Gloria

« Nous avons du répondant en termes de rendement sur nos terres. Nous ne cherchons pas vraiment à diminuer les applications de fongicides, plutôt à optimiser les traitements », explique Romain Fouquiau. Le jeune agriculteur n’hésite pas à réaliser un traitement précoce (T0) au stade « épi 1 cm » avec une demi-dose de tébuconazole. « Il y a toujours des risques d’attaques de rouille jaune ainsi qu’un peu de septoriose. Nous sommes sur des sols limoneux humides avec une bonne rétention d’eau qui rend le milieu propice au développement des maladies. Cette application T0 nettoie bien les pieds de blés. »

La suite du programme est plus classique avec un traitement T1 au stade « 2 nœuds » du blé et un traitement T2 à « dernière feuillé étalée. » Romain Fouquiau ne se passe pas de ces applications même si les maladies s’avèrent peu présentes. Il préfère moduler les doses de produits en fonction du niveau d’infestation ou choisir des fongicides au rapport qualité/prix adapté au contexte de l’année. « Je me réfère aux préconisations et résultats des distributeurs locaux et de la chambre d’agriculture, précise-t-il. Et je fais partie d’un groupe technique qui permet de bons échanges d’informations. Je fais un appel d’offres auprès des distributeurs sur les tarifs des produits. »

Des doses réduites de moitié en 2017

En 2017, les produits choisis sur les T1 et T2 étaient moins dosés pour un programme plus économe qu’en 2016, année à forte pression parasitaire. « J’ai réduit de moitié la dose du produit Djembe en 2017 car le printemps était sec et peu favorable aux infestations. Idem pour le T2 où je prévoyais 1,2 l/ha de Rubrik (époxiconazole) et où je l’ai appliqué à 0,7 l/ha. » En 2016 au même stade, Romain Fouquiau avait utilisé le mélange Librax + Comet, une solution qui contient un SDHI (inhibiteur de la succinate déshydrogénase), pour un coût autrement supérieur et un résultat délicat à cause des conditions climatiques exceptionnelles. « En 2017, j’ai tiré les coûts des fongicides vers le bas et choisi de me passer de spécialités à base de SDHI. Ce type de produit est onéreux, comme la nouveauté Elatus Era qui coûte à elle seule 60 à 65 euros de l’hectare. C’était le prix de mon programme fongicide en 2017, remarque le producteur. Mais en 2018, je pense revenir à une solution intégrant un SDHI pour avoir une base solide d’efficacité contre les maladies foliaires. J’ai joué un peu avec le feu cette année et, en plus, un blocage réglementaire fait que l’on peut difficilement renforcer l’efficacité de l’époxiconazole en le mélangeant à un autre produit. La plupart des mélanges sont interdits. »

L'agriculteur réalise ensuite un traitement (T3) à la floraison des blés contre les fusarioses et la septoriose. « Nous avons des terres à finition assez lente, ce qui nous permet d’atteindre de bons PMG (poids de mille grains). Nous avons besoin de sécuriser la qualité de nos grains par ce traitement. Et en plus, il était tombé de fortes pluies à la floraison des blés en 2017 comme en 2016. » L’agriculteur traite ses parcelles tôt le matin pour bénéficier des bonnes conditions d’hygrométrie. Il incorpore un adjuvant (Héliosol) à ses bouillies fongicides. L’application est optimisée jusqu’au bout.

EN CHIFFRES : des travaux en commun avec son oncle

80 ha de cultures dont 40 de blé tendre, 10 d’escourgeon, 3 d’orge de printemps, 26 de colza
150 ha de travaux et chantiers en commun avec son oncle
Terres assez profondes, sols argilo-limoneux à bons potentiels
Double actif : salarié à mi-temps sur une entreprise de travaux agricoles
 

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