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Quid de l'impact des inondations et autres aléas climatiques sur les cultures d'hiver en France

S'il y aura un peu de casse et des arbitrages à faire, notamment sur les blés et les orges d’hiver, voire en colza, sur la partie nord de la France, il ne devrait pas y avoir de problèmes majeurs pour des ressemis. 

Champ de céréales inondé
Si le ressuyage intervient rapidement dans les zones inondées, il sera toujours possible de ressemer en cas de cultures détériorées.
© Gabriel Omnès

Après plus d'un mois de pluies intenses, le retour d'un temps plus sec et chaud permet aux inondations de s'estomper et au sol de ressuyer. 

Lire aussi : Marché des céréales et sucre du 18 au 25 février 2026 - Le blé rendu Rouen frôle les 190 €/t sur un marché peu actif en ancienne récolte et inerte en nouvelle

Les correspondants en régions de La Dépêche Le petit meunier ont dressé, le 25 février un premier bilan des potentielles conséquences de cet excès d'eau et autres incidents météorologiques sur les cultures d'hiver et les semis de printemps.

Blé tendre et orge fourragère

Dans le Nord-Ouest, il est trop tôt pour mesurer les conséquences des intempéries dans la zone. La montée des eaux a ralenti la circulation sur le bassin de la Seine en péniches.

Dans le Nord-Est,  il n’y a pas d’inquiétudes particulières sur le bassin francilien et le Grand Est. Quant à la problématique de « winter kill » dû aux grands froids dans l’Est de l’Europe, il faut encore patienter avant de juger de la situation des cultures et des sols, et en tirer des conclusions. Pour l’heure, le potentiel apparaît comme plutôt bon. 

Dans le Sud-Ouest, en Pays de la Loire et en Aquitaine, les coopératives se montrent inquiètes, à la suite des inondations qui ont touché la zone. Il y a encore beaucoup d’eau dans les champs. Des retournements de parcelles ne sont pas à exclure mais il est trop tôt pour quantifier les choses. Mais le beau temps revenu est plutôt positif et tempère les craintes naissantes sur la façade Atlantique. 

Dans le Sud-Est, la zone n’a pas été trop touché par les pluies et les inondations. Et depuis quatre à cinq jours, le soleil est revenu avec des vents séchants. Il ne semble pas que le potentiel des cultures soit atteint même s’il faut attendre que les agriculteurs puissent retourner dans les champs pour travailler et en savoir plus. 

Orge de brasserie

Les inondations qui frappent le grand ouest, de façon plus ou moins importante selon les régions, est source d'inquiétude pour les cultures d'orge de brasserie en place mais également pour les semis de printemps, qui s'étalent de février à mi-avril. A noter qu'une part significative des orges brassicoles de printemps ont été semées à l'automne dans les zones crayeuses. 

Blé dur

Côté météo, la Camargue a reçu beaucoup d’eau mais le soleil revenu et des vents séchants font que les agri peuvent à nouveau rentrer dans les parcelles, c’est donc plutôt rassurant. Idem dans le Lauragais (entre Toulouse, Carcassonne, Castres et Pamiers), zone de culture du blé dur. Il y aura sûrement des terres à retourner dans le sud-ouest et il faudra encore attendre un peu pour en savoir plus sur la façade Atlantique.

Une situation préoccupante en colza

Selon Terres Inovia, alors que « les faibles cumuls pluviométriques en novembre et décembre couplés à des températures douces avaient permis au colza d’installer une biomasse racinaire et foliaire tout à fait correcte avant l’hiver », « l’épisode de froid significatif et généralisé de fin décembre / début janvier, change le scenario » et « les pluies très régulières et abondantes (Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes en particulier) dégradent la situation quand cela devient excessif ». Résultat : en plus des  « infestations élevées de larves d’altises », « les premiers signes de rougissements [liés à la pression maladies] sont apparus il y a une dizaine de jours en région Centre-Val de Loire. […] En Bretagne et Pays de la Loire, le contexte prend une tournure plus préoccupante, de même que dans les sols sensibles aux excès d’eau de Poitou-Charentes ». En Normandie et dans l’Ouest Ile-de-France, « les biomasses fraîches atteignaient 1,25 kg/m² en février 2026, contre 1,5 à 1,6 kg/m² en novembre 2025. Une moyenne qui masque de fortes variabilités dans un contexte, actuellement poussant, mais qui ne doit pas masquer certaines difficultés (sols humides, larves d’altises, arrivées récentes de vagues d’insectes). »
Par ailleurs, ajoute l'institut technique, « à la faveur des récents jours exceptionnellement chauds et ensoleillés, les méligèthes ont parfois fait une apparition soudaine dans les colzas. L’annonce de conditions météo a priori favorables (voire très favorables) aux arrivées d’insectes - méligèthes et charançons - incite à la prudence et au suivi régulier pour les 15 prochains jours, au moins. Les parcelles fragilisées (larves d’altises, sols humides en février, faibles biomasses...) sont les plus à risque. » 
 

Lire aussi : Marché des oléagineux et coproduits du 18 au 25 février 2026 - Le prix du colza français est repassé sous la barre des 490 €/t

Thierry Michel et Karine Floquet

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