Les cours du colza ont fortement décroché entre les 28 et 29 mars sur Euronext et le marché physique français, compte tenu de la baisse de ceux du soja à Chicago, et du pétrole à New York et Londres. Les nouvelles restrictions décidées par la Chine en raison de l’expansion de l’épidémie de Covid-19 à Shanghai continue d’accaparer l’attention des opérateurs, et d’inquiéter quant à la demande nationale en énergie fossile.
Les pourparlers entre la Russie et l’Ukraine ont constitué un autre élément baissier. L’Ukraine s’est dit prêt à discuter de sa neutralité en échange de garanties sur sa sécurité. Les Russes ont de leur côté annoncé réduire leurs activités militaires autour de Kiev et de la région de Tchernihiv.
Vers une hausse modérée des semis de soja au Brésil pour 2022-2023
L’analyste StoneX explique que les marges négatives des producteurs porcins chinois pourraient les inciter à se procurer des grains moins chargés en protéines, et donc réduire leur consommation de graine et de tourteau de soja. Cela a participé à l'effritement des prix du soja à Chicago. Ajoutons à cela une série de ventes techniques sur le marché à terme, avant la publication, jeudi 31 mars, du rapport de l'USDA sur les semis états-uniens.
Des analystes privés s'attendent à une hausse modérée des semis de soja au Brésil pour 2022-2023. Les autorités argentines ont annoncé que les agriculteurs locaux avaient vendu 11,5 Mt de leur récolte 2021-2022 au 23 mars, contre 12,8 Mt l'an dernier à pareille époque. La production est espérée à 42 Mt.
Notons également une série de vente techniques sur le contrat à terme du canola à Winnipeg, en raison de prises profits.
Attention néanmoins : le gel annoncé en fin de semaine pourrait déclencher quelques dégâts sur les colzas en France.
En tournesol, les cotations sur le marché physique français ont elles aussi chuté, à l'image du colza. Le ministère de l’Agriculture grec a annoncé, le 28 mars, la possibilité d’une augmentation de la production d’huile de tournesol à des fins alimentaires en réorientant une partie de la production de biocarburant vers l’alimentaire. Ne pouvant se fournir en Ukraine, l'Inde se serait procuré 45 000 t d'huile de tournesol russe, à charger en avril, à un prix record de 2 150 $/t C&F, contre 1 630 $/t C&F avant le début de la guerre, rapportent des traders à Reuters.
Concernant la luzerne déshydratée, le marché enregistre un ajustement à la hausse des prix en départ Marne (17 % de protéines) : 243 €/t en spot sur la récolte 2021 et 237 €/t sur l'échéance 6 de mai sur la récolte 2022.
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