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UMP / Agriculture
Préparer l’échance de 2013

Si les règles de la Pac ne doivent pas être modifiées d’ici 2013, pour Nicolas Sarkozy ,

SANS SURPRISE. Les interventions agricoles de personnalités de la majorité se suivent et se ressemblent. Nicolas Sarkozy, le 18 octobre lors de la 18 e convention de l’UMP consacrée à l’agriculture et au monde rural, tout comme Jacques Chirac le 5 octobre, s’est interrogé sur l’avenir de la Politique agricole commune après 2013. Si les règles ne doivent pas être modifiées d’ici cette date, il faut profiter de la période 2007-2012 pour faire des choix et prendre des décisions, a-t-il expliqué. « Les aides publiques sont nécessaires », a-t-il assuré devant un auditoire de plus de 800 personnes. Nicolas Sarkozy, candidat à la présidentielle de 2007, suit les traces de Jacques Chirac. Dans son intervention du 18 octobre, il a appelé le monde agricole à préparer l’échéance de la Pac après 2013 comme l’a fait le président Chirac au Sommet de l’élevage, le 5 octobre. Évidemment, il a assuré au préalable que les règles de la Pac ne seraient pas changées d’ici 2013 après avoir qualifié le coût de cette politique « ni injustifié, ni excessif ». Pour lui, « 2007-2012, doit être une période de choix, de décisions et d’actions ». Et d’ajouter : « Cette période tombe bien ! » Il s’agit en effet de la durée de son futur mandat s’il devenait président de la République.

Des aides « nécessaires »

Nicolas Sarkozy a assuré à son auditoire que les « aides sont nécessaires » tout en indiquant qu’à « l’occasion du découplage, il faut tout faire pour orienter davantage la production vers la demande et augmenter la part des prix dans les revenus des agriculteurs ». Sinon, prévient-il, on va « fonctionnariser les agriculteurs et tuer l’agriculture ». Le découplage, a-t-il avoué, est pour lui « quelque chose qui a du mal à passer ». Sa “mentalité” est de permettre aux agriculteurs « de vivre de leur savoir-faire et de leur produit ». Et il regrette que cette « situation donne donc de nos agriculteurs l’image d’une profession sous perfusion, tandis que ceux-ci s’interrogent légitimement sur l’utilité sociale que notre société leur reconnaît ». Quant à l’avenir des aides, « elles seront toujours nécessaires » notamment pour le développement rural, pour l’installation des jeunes et la préservation des petites exploitations. « Elles peuvent être réparties différemment et de manière plus égalitaire », estime le ministre, candidat à l’élection présidentielle.

Un des moyens d’action pour remettre du prix dans le revenu agricole est « une présence sans complexe sur les marchés internationaux mais aussi le développement des produits labellisés, de niche, de terroir… » Sans oublier « l’agriculture bio que nous avons trop tardé à encourager ». Second levier proposé : l’organisation indispensable de la production par rapport à l’aval, même « si cela ne fait pas plaisir à entendre ». Le monde de la production est « diversifié » face à une distribution « concentrée ». Cet objectif est à réaliser conjointement à l’application « sans concession » par l’État des règles de la concurrence loyale.

L’agriculture, une question de « puissance et de sécurité »

Sur la question budgétaire, Nicolas Sarkozy se veut optimiste : « Il n’est pas indécent de penser que le budget communautaire pourrait augmenter en pourcentage du PIB européen. » En tout état de cause, « le choix n’est pas binaire entre la mise à mort de la Pac et le renoncement à une politique européenne de la recherche, de l’énergie, de l’écologie ». Tout comme Jacques Chirac avant lui, Nicolas Sarkozy a insisté sur le « pouvoir vert » que constitue l’agriculture en terme de « stratégie de puissance ». « C’est une question de puissance et de sécurité », a-t-il souligné. C’est aussi pour mieux peser dans le jeu mondial, et notamment à l’OMC, que le ministre a proposé qu’un « représentant politique, se concertant bien plus souvent avec les ministres concernés, représente nos intérêts dans les négociations à l’OMC ».

Un autre dialogue entre l’agriculture et l’écologie

Enfin, Nicolas Sarkozy a appelé à « inventer une autre relation, un autre dialogue entre la ruralité et l’environnement, entre l’agriculture et l’écologie ». « Penser que nous pourrons relever le défi écologique sans ou contre les agriculteurs est tout simplement une aberration », a-t-il expliqué en assurant que « l’écologie est une préoc-cupation forte de l’UMP ». Il est évident pour le ministre que « le monde rural n’est pas voué à être l’écomusée de la France ». Nicolas Sarkozy, candidat à la présidentielle, se place clairement dans « la France d’après ». En conclusion de son intervention, il a refusé la nostalgie : « L’agriculture ce n’est pas seulement une question identitaire du passé mais une industrie majeure pour la France ». Jouant les modestes, Nicolas Sarkozy a indiqué à un auditoire tout acquis qu’il avait tout à apprendre des agriculteurs avant de s’empresser d’ajouter… « qu’il n’y a pas besoin d’être agriculteur pour bien parler d’agriculture ! »

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