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Pomme de terre primeur : une fin de campagne laborieuse

Selon le Scees, les conditions de commercialisation sont restées difficiles en juin du fait d’importants stocks de conservation. L’inquiétude règne. 

La production de primeurs 2005 est estimée en baisse par rapport à celle de l’an dernier. En juin, les conditions de commercialisation sont restées difficiles du fait de la présence de stocks importants de pommes de terre de conservation. Les prix se sont maintenus à un niveau particulièrement bas. A ce stade avancé de la campagne, le retard de commercialisation demeure très inquiétant.

Surface : 8.400 ha (-6 %)

Les surfaces en pomme de terre primeur pour la campagne en cours ont encore été révisées à la baisse, confirmant ainsi la poursuite de la tendance observée depuis plusieurs années. Dans le Sud-Ouest toutefois, les surfaces progressent, notamment celles destinées à la production de primeur pour la transformation. La baisse des surfaces est particulièrement marquée dans l'Ouest confronté à des problèmes de commercialisation de la variété dominante et à des difficultés d’écoulement à l’exportation. Ce bassin cède désormais la première place à celui du Sud-Est.

Production : 204.800 t (-8 %)

Les dernières estimations du Scees font apparaître une baisse de la production dans les deux principaux bassins, non compensée par les progressions probables des productions dans le Centre-Ouest et le Sud-Ouest. Dans l'Ouest, la production de primeur destinée à la transformation devrait accuser une baisse significative, estimée à plus de 30 %.

Etat sanitaire et qualité satisfaisants

La pomme de terre primeur a connu un retard végétatif d'une dizaine de jours du fait des gelées de la fin février-début mars. Toute la production sous tunnel de l'Ile de Ré et de Noirmoutier a pu cependant être récoltée en avril, celle sous bâche en mai. Les pommes de terre primeur récoltées ont présenté d'excellentes qualités gustatives. Pour les produits de Noirmoutier, la récolte s'est déroulée dans d'excellentes conditions. L'offre s'est montrée insuffisante pour répondre à la demande. A l'inverse, pour les productions de l'Ile de Ré, du fait de conditions de commercialisation tout à fait moyennes, tout le potentiel n'a pas été utilisé. L'essentiel de la production nationale de pomme de terre primeur a été récolté en juin. Les tonnages restant à récolter demeurent importants, mais toute la production ne sera probablement pas mise en marché compte tenu des grosses difficultés de commercialisation. L'état sanitaire et la qualité des produits sont jugés satisfaisants, sauf pour la variété Rosetta cultivée dans le Sud-Ouest qui présente souvent un cœur creux. A signaler également que dans le Centre-Ouest, l'état sanitaire semble se détériorer et la pression parasitaire augmenter.

Bas niveau des prix en juin

Depuis le début de la campagne, le marché du primeur souffre de la présence de stocks importants de pommes de terre de conservation, dont les cours sont plutôt bas et qui sont écoulés préférentiellement par la grande distribution. La primeur souffre manifestement des difficultés de positionnement par rapport à la pomme de terre nouvelle qui la concurrence fortement. Le marché de la primeur est par ailleurs marqué par la forte présence de produits d'importation (Maroc, Israël et Italie essentiellement), commercialisés à des prix attractifs. En mai, la production de primeur des îles de Ré et de Noirmoutier est montée en puissance et a démarré lentement en Bretagne et dans le Roussillon. L'offre, freinée par les conditions climatiques maussades, s'est étoffée progressivement et le basculement entre les origines d'importation et les produits nationaux s'est opéré lentement. La demande, largement tournée vers la pomme de terre de conservation, est restée timide, entraînant quelques invendus malgré le faible niveau des prix. En juin, le marché intérieur est resté laborieux. Les transactions à l'exportation sont par ailleurs restées modestes sauf pour les produits bretons pour lesquels les débouchés extérieurs ont permis de préserver l'écoulement. Les prix, en juin, se sont maintenus à un niveau particulièrement bas. A ce stade avancé de la campagne, le retard de commercialisation demeure très inquiétant.

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