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Pomme de terre primeur : «Goûtez le printemps de nos terroirs!»

Tel est le message d’Yvon Kerleguer, responsable de la section nationale “Pommes de terre primeurs”, à la veille de leur entrée sur le marché.

LES CONDITIONS climatiques particulièrement difficiles (gel et froid) qui ont touché la France en ce début d’année ont perturbé les plantations de pommes de terre primeurs françaises et devraient provoquer un léger retard sur les premières récoltes. Les tonnages attendus sur les quinze premiers jours de mai, en provenance des régions les plus primeuristes comme les îles de Ré et Noirmoutier, la Bretagne ou encore le Roussillon, seront en baisse par rapport à 2004. Cependant d’après les premières estimations de la section nationale de Pommes de terre primeurs, ce sont environ 3.700 ha qui seront cette année cultivés par la filière primeurs sur l’ensemble de la saison, soit des surfaces stables par rapport à l’an passé. Plus globalement, l’offre primeurs sera moindre en mai dans la mesure où la vague de froid a aussi touché toute l’Europe et notamment l’Espagne.

Cinq bassins de production

Originaires de cinq terroirs différents, les pommes de terre primeurs proviennent, dans l’ordre de leur arrivée sur les étals, du Val-de-Loire, de Bretagne, du Bassin-Rhône-Méditerranée (BRM), du Grand Sud-Ouest (GSO) et pour finir de Normandie.

C’est la région du Val-de-Loire qui ouvre le bal, son offre s’étalant de mai à juin. Avec leurs terres sablonneuses et leur climat océanique, les îles de Ré et de Noirmoutier produisent en moyenne 15.000 t de pommes de terre, soit 21 % de la production de l’année, avec l’Alcmaria rigoureusement sélectionnée sur l’Île de Ré. Puis, la Sirtema, la Lady Christ’l et la Charlotte se succèdent à Noirmoutier dans l’ordre du calendrier, sans omettre la Bonnotte, dont la fête est fixée sur l’île au 7 mai.

La Bretagne ne tarde pas à entrer dans la danse : Côte d’Armor, Finistère et Ille-et-Vilaine produisent près de 30.000 t (près de 43 % en 2004 de la production nationale) avec la Starlette, l’Europa, la Charlotte…

La Béa du Roussillon, cultivée dans des terres limoneuses aux odeurs de garrigue, représente 70 % du volume de pommes de terre primeurs produites dans le Bassin Rhône-Méditerranée (7.000 t en 2004). Les variétés Adora et Rubis viennent compléter l’offre régionale qui regroupe le Languedoc-Roussillon, le Gard, les Pyrénées-Orientales et la région Paca.

Bénéficiant d’un climat généralement chaud et humide, influencée par l’océan qui borde son littoral, l’Aquitaine (Gironde, Landes, Lot-et-Garonne) a l’an dernier produit 15.000 t. C’est en juin qu’elle donne le meilleur de ses productions, avec des variétés comme l’Agatha, l’Adora ou encore la Lady Christ’l.

Dernières arrivées, les pommes de terre primeurs de Normandie —Europa, Lady Christ’l et Ostara principalement— proviennent de la Manche dès le mois de juin (environ 5.000 t l’an dernier).

Un emballage innovant

Reconnaissables à leur peau claire particulièrement fine, leur aspect plus ou moins peleux, leur couleur homogène et leur forme régulière, les pommes de terre primeurs présentent la particularité d’être récoltées avant complète maturité pour offrir aux papilles éclairées leur saveur incomparable. Mais force est de reconnaître que derrière ces qualités se cache un handicap que la section nationale a largement appréhendé : leur fragilité en rayon. C’est pourquoi depuis 2003, pour répondre à la distribution qui souhaite une meilleure tenue de conservation en rayon, les producteurs se sont adaptés aux contraintes du marché en faisant preuve d’innovation notamment en matière d’emballage.

Afin de préserver le plus possible les qualités gustatives des primeurs vendues au détail, la filière nationale s’est adressée à un laboratoire spécialisé pour développer un nouveau concept de conditionnement. Composé d’un film dont la perméabilité est spécialement conçue pour limiter les échanges gazeux, ce nouvel emballage protège les pommes de terre à la fois du verdissement et de la déshydratation. Les pommes de terre primeurs ainsi conditionnées prennent l’appellation Blondes de Terre, la marque déposée de la section nationale. En 2004, plusieurs tonnes ont été ainsi commercialisées. La section nationale espère pour la troisième année un développement des ventes et une reconnaissance de la qualité par une plus grande présence dans les linéaires.

Des producteurs engagés

Les producteurs apportent un soin tout particulier aux tubercules, de leur plantation à leur récolte. Ramassées à la main en début de campagne et aussitôt triées, les pommes de terre primeurs sont conditionnées et expédiées sans délai à destination des points de vente pour leur préserver toutes leurs qualités gustatives.

Pour faire mieux apprécier aux consommateurs les spécificités de la pomme de terre primeur, les producteurs ont mis en place différentes démarches, certaines collectives et d’autres propres à leurs productions régionales. Cultivées dans le respect de l’environnement, les pommes de terre primeurs françaises répondent à un cahier des charges strict : mise en œuvre de pratiques culturales raisonnées en matière d’irrigation, de fertilisation, de protection phytosanitaire, choix pour des itinéraires techniques préservant la qualité de la récolte à la mise en marché, enfin traçabilité de la parcelle jusqu’au consommateur.

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