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Dossier
Pôles de compétitivité, nouvelles “usines à produits d’avenir”

La troisième phase de la politique des pôles de compétitivité, qui couvre la période 2013/2018, veut les faire passer du statut d’”usine à projets” à “usine à croissance”, avec une attention particulière donnée aux PME et à leur internationalisation. Si cette évolution stratégique paraît logique à leurs dirigeants, l’importance accrue des régions dans leur gouvernance et des revenus privés dans leur financement en laisse certains dubitatifs.

« L’ambition nouvelle des pôles de compétitivité est de se tourner vers les débouchés économiques et l’emploi pour mieux participer à la structuration des filières industrielles et se mobiliser pour la réindustrialisation » de la France, indique la publication gouvernementale du 9 janvier 2013, relative à la troisième phase de la politique des pôles de compétitivité.  Autrement dit, d’“usines à projets”, les 71 pôles de compétitivité français doivent se transformer en “usines à produits d’avenir”. « Les pôles doivent accompagner plus efficacement les petites et moyennes entreprises (PME) et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) innovantes, depuis la recherche et le développement,  jusqu’à la commercialisation de leurs produits », précise le gouvernement. Ainsi les pôles de compétivité doivent-ils signer avec les pouvoirs publics des « contrats de performance individualisés » qui les engagent sur la période 2013-2018, avec un bilan à mi-parcours. Rendus fin juin, ils seront examinés cet été et officialisés à la rentrée.

Des missions évolutives
La politique des pôles de compétitivité s’organise autour de plans triennaux. « La phase 2005/2008 correspond à la mise en place des pôles, avec comme mission de rapprocher les acteurs du territoire pour qu’ils se connaissent, se parlent et fassent ainsi émerger de grands programmes de recherche et développement », expose Christophe Breuillet, directeur général du pôle de compétitivité Vitagora (Dijon, Côte-d’Or).
« La phase 2009/2011, avec extension à 2012 en raison des études d’évaluation des pôles, correspond à l’animation d’un réseau et d’un territoire, avec notamment une accélération de la mise en place de formations innovantes et un regard tout particulier porté sur le développement des PME, continue-t-il. Et nous abordons une troisième étape depuis le début de l’année, la phase “3.0”, avec des missions complémentaires qui sont, en plus du renforcement des objectifs antérieurs : (1) l’accompagnement de la mise en marché des produits innovants, (2) l’internationalisation des entreprises, (3) l’aide aux PME dans leur recherche de capitaux privés et (4) la formation. »

Un contrat de performance
Cette nouvelle phase de la politique gouvernementale prévoit une contractualisation entre les pôles de compétitivité, l’État, les régions et les autres collectivités territoriales qui le souhaitent, dans le cadre de contrats de performance individualisés couvrant les six prochaines années. Ces derniers définissent les engagements, objectifs et priorités d’actions de chaque pôle pour assurer leur développement, de manière individualisée. « Des program-mes d’actions triennaux, révisables annuellement, les complètent. Ils apportent une vision détaillée des actions du pôle et permettent de construire la cartographie de ses services », précise le gouvernement.
Ces nouveaux contrats de performance sont accompagnés d’indicateurs de réalisation et de résultat, adaptés à chaque pôle. « Le niveau d’exécution du contrat de performance constituera l’un des fondements principaux de la prochaine évaluation des pôles. » Dans ce cadre, le pôle de compétitivité Agrimip (Toulouse, Haute-Garonne) a lancé, avec Toulouse School of Economics (TSE) et son président « à la renommée internationale », Jean Tirole, un programme de recherche pour mesurer dans le temps les retombées économiques des projets innovants. « Nous sommes en train de mettre au point une grille d’évaluation économique et, surtout, une équation de régression pour contrôler la véracité des données collectées », explique Patrice Roché, le directeur du pôle de compétitivité du Sud-Ouest, qui précise : « Une fois mises en place, nous en ferons bénéficier l’ensemble des pôles de compétitivité de France. »

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