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Réforme de la Pac/Inra
Pistes de réflexions pour l’après-2013

Les scénarios émis par l’Inra soulèvent des questions d’ordre sociétal

NOUVELLES RÉGULATIONS. Quels que soient les scénarios envisagés par l’Inra sur le devenir de l’agriculture après 2013 (cf. La Dépêche/Le Petit Meunier n°3707, p.3), il ressort que les outils actuels de la Pac sont inadaptés. C’est ce que se sont accordés à dire de nombreux professionnels réunis sur le thème de l’avenir de l’agriculture le 4 octobre dernier.

Quels hommes pour quelle agriculture ?

Pac, croissance mondiale, OMC, biocarburants... « et l’environnement, et les hommes ? Il faudra sans doute trouver plus d’outils de stabilisation que de soutiens » a insisté Christiane Lambert, agricultrice et vice-présidente de la FNSEA. Il y a aussi un besoin d’approfondir certains aspects, comme le fait que les biocarburants n’aient a priori pas d’impact sur les productions animales, comme semble le stipuler l’Inra. « Ce n’est pas forcément vrai à long terme », ajoute Christiane Lambert, précisant que le vrai problème concerne surtout l’élevage herbivore. « Ces productions participent à l’entretien des territoires, à la biodiversité. Elles méritent des dispositifs de soutien spécifiques. Ce n’est pas du social, c’est une nécessité politique », a-t-elle réaffirmé.

Par ailleurs, plus qu’un défi, une nécessité, celle de rendre « attractif » le métier d’agriculteur, dans un contexte d’érosion annuelle (-2,4 % d’agriculteurs par an), et alors qu’il y a une volonté politique de “produire plus ”. Pour Vincent Chatellier, ingénieur agronome et économiste à l’Inra, « il devient difficile de justifier les DPU auprès des agriculteurs qui s’installent ». Parce qu’ils sont calculés sur une base historique – or, l’histoire « s’éloigne de nous à grande vitesse » – et qu’ils ne sont pas « équitables ». « Le montant de DPU/ha est extrêmement différent d’une exploitation à l’autre, alors même que certains ne respectent pas l’environnement », constate-t-il.

Besoin de réguler les marchés

« On voit bien que même en des temps de conjonctures de prix favorables, on a du mal à compenser la baisse des aides » fait remarquer Jean Salmon, agriculteur. « Plus on lâchera à l’OMC, plus il faudra mettre en place des outils pour faire face à des évolutions de prix erratiques ! » Philippe Mangin, président de Coop de France approuve et pour lui, « la démarche contractuelle devrait être repensée dans la nouvelle Pac », ce qui aura un effet « co-responsabilisant ». Enfin, « qui dit crise, dit gestion de crise » n’oublie pas Jean Salmon. On touche là encore à l’attractivité du métier d’agriculteur. Ce dernier sera moins enclin à s’engager dans un contexte fluctuant et incertain.

Et les aspects durabilité ?

« Je suis perplexe, l’Inra ne parle pas beaucoup d’environnement dans son étude. On a des raisons d’être pessimiste sur l’agriculture durable » a constaté Michel Métais, directeur général de la Ligue pour la protection des oiseaux. Propos approuvés par Anne-Marie Ducroux, ancienne présidente du Conseil national du développement durable. « Aura-t-on enfin un débat technique sur le sujet et politique dans le sens noble, c’est à dire sociétal ? Le développement durable doit être le moteur des politiques à venir », s’insurge-t-elle.

Les clés de la réussite appartiendront en tout cas à des solutions diversifiées, adaptées à chaque production. Dans les trois grands scénarios de l’Inra, tout n’a pas été pris en compte. « Qui donc aurait pu prévoir la sécheresse en Australie ? Qui aurait pu prédire une flambée si spectaculaire des prix du blé, du lait ? » interroge Vincent Chatellier. Ces simples constats, qui montrent bien les incertitudes auxquelles les acteurs agricoles auront à faire face dans les années à venir, exhortent à « ne pas se précipiter dans le démantèlement de la Pac », mais à trouver des instruments plus spécifiques et plus performants.

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