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Régulation
Peu d’avancées dans l’encadrement des marchés

Près d’un an après la réunion du G20 en novembre 2011, le bilan se révèle décevant.

« Les marchés des matières premières agricoles ont connu trois épisodes de hausses des prix depuis 2006 : 2007/2008, 2010/2011 et 2012. Néanmoins, le pic de 2012 n’est pas aussi dramatique que les deux précédents », expliquait Thierry Pouch, responsable du Service des études économiques de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), lors d’une conférence de presse de l’institut public le 11 octobre. Et d’ajouter :« Pour l’instant, il n’y a pas eu de reproduction des émeutes de la faim. » « Il n’y a pas de problème de pénurie à proprement parlé, mais un problème de pouvoir d’achat », a insisté, pour sa part, Guy Vasseur, président de l’APCA. Depuis la crise de 2007/2008, il y a eu de nombreuses  réflexions sur la régulation des marchés mondiaux, mais très peu de résultats concluants.

Des outils de régulation inefficaces
    Depuis l’inscription de l’agriculture à l’ordre du G20, en novembre 2011, lors du sommet de Cannes, « les outils discutés n’ont jusqu’à maintenant pas été à la hauteur des attentes des opérateurs », avance Thierry Pouch, à propos d’Amis (Agricultural market information system) et du FRR (Fond de réaction rapide). En effet, Amis était censé coordonner les données statistiques des différents pays et aider à la transparence des marchés agricoles. Mais tous les pays n’ayant pas accepté d’y participer, l’outil a perdu en contenu dès le départ. « Des pays comme la Chine et le Brésil n’ont pas d’intérêt à dévoiler l’état de leurs stocks. » À noter que les réserves mondiales sont en baisse dans un contexte géopolitique des grains changeant. La part des stocks de céréales États-Unis et UE réunis, sur les stocks mondiaux, sont passés de 28,8 % en 2005/2006 à 18,5 % en 2011/2012. Tandis que celle de la Chine et de l’Inde combinées a augmenté de 30,3 à 42,3 %, et est estimée à 47,4 % en 2012/2013.
    Le FRR, instance de concertation censée aider à limiter les mouvements spéculatifs, et éviter les annonces intempestives comme en 2007/2008, ne s’est jamais réuni depuis le G20 de juin 2011. La France a plaidé pour sa réunion en septembre, mais l’idée n’a pas fait l’unanimité. Or, à lui-seul, notre pays n’arrivera pas à faire avancer les choses. « À l’heure actuelle, tout est en stand-by. Les dirigeants en sont à décider dans quel pays ils vont se réunir », ironise Guy Vasseur. « Il s’agissait de pouvoir réagir face à un marché qui deviendrait irrationnel, mais cela a finalement desservi le mécanisme : toute convocation serait interprétée comme un mouvement de panique et risquerait d’envoyer de mauvais signaux aux marchés », explique Olivier De Schutter, rapporteur de l’ONU pour le droit à l’Alimentation, à l’AFP.

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