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Coopération
Oxyane tire son épingle du jeu grâce à la nutrition animale et la distribution grand public

Oxyane a maintenu son chiffre d’affaires d’une campagne sur l’autre, grâce aux multiples cordes à son arc que sont ses divers pôles d’activité. Si l’impact de la guerre en Ukraine ne perturbe guère les perspectives de collecte, les assolements de 2022-2023 pourraient être bouleversés.

D’une capacité de 25 000 t de graine de soja, la future usine de trituration d'Oxyane se situera entre un silo et une usine d’aliments pour animaux, sur son site de La Côte-Saint-André en Isère.
© Oxyane

Oxyane, né de la fusion le 30 juin 2020 des coopératives Terre d’Alliances et Dauphinoise avec effet rétroactif au 1er juillet 2019, a enregistré en 2020-2021 un chiffre d’affaires consolidé de 625 M€ (contre 624,5 M€ en 2019/2020), avec une hausse de son Ebitda 3,11 % (sur la base de 32 M€ en 2019-2020). Si la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 a eu un impact limité sur les résultats du groupe coopératif en 2019-2020, la forte baisse de la collecte 2020 (678 790 t, contre 731 846 t en 2019) a marqué l’exercice 2020/2021. C’est la diversification des activités d’Oxyane qui a permis de maintenir le chiffre d’affaires, notamment grâce aux meilleures performances des pôles Nutrition animale (77 M€ de chiffre d’affaires, contre 70 M€ en 2019-2020) et Grand public 135 M€, contre 113 M€).
 

Le concept de contractualisation, toujours d’actualité

« Malgré le contexte actuel imprévisible, Oxyane veut poursuivre la consolidation de sa stratégie Filières végétales, tout en s’adaptant à la situation », indique Oxyane dans un communiqué en date du 16 mars.

Près de 30 % de la surface totale semée par les agriculteurs d’Oxyane sont contractualisés dans le cadre de filières à valeur ajoutée, « ce qui rapporte 3,7 M€ de rémunération supplémentaire aux adhérents engagés », selon l’équipe de direction, composée de Jean-Yves Colomb, Didier Levrat et Georges Boixo, respectivement président, président délégué et directeur général d’Oxyane.

Ces filières ont été construites dans un objectif de déconnexion vis-à-vis de la volatilité du marché mondial. « Aujourd’hui, certes, les prix des matières premières agricoles n’ont jamais été aussi élevés mais les coûts de production, énergie (carburant, électricité, gaz) et engrais azotés en tête, le sont également. Ainsi, malgré les évènements mondiaux, la contractualisation, avec une rémunération calculée sur la base des coûts de production, reste d’actualité. Le mot partenariat marche avec durable », insiste les dirigeants du groupe coopératif.
 

Les impacts présents et à venir de la guerre en Ukraine

« Dans l’absolu, les mouvements brutaux sur les marchés agricoles, à la hausse ou à la baisse, ne sont jamais une bonne chose », analyse les dirigeants d’Oxyane.

La guerre en Ukraine a généré une envolée des prix des céréales et du complexe oléagineux à l’échelle mondiale, ce qui a des impacts positifs et négatifs sur les adhérents du groupe coopératif de polycultures-élevage. « Le conflit armé russo-ukrainien a également entraîné une progression des coûts de production, notamment des engrais, avec une question : sera-t-on approvisionné ? », s’interroge l’équipe de direction d’Oxyane. Autre conséquence de cette crise : la pénurie en protéines végétales qui renchérit le prix de l’aliments pour animaux. Sans oublier la flambée des cours de l’énergie (carburant, électricité, gaz), avec des conséquences sur les coûts de séchage du maïs et de l’irrigation.

Le tout sans aucune visibilité sur l’évolution à long terme des prix des matières premières agricoles et de l’énergie… « Ce qui est certain, c’est que les conséquences seront plus longues que la durée de la guerre en Ukraine car il y aura un impact sur la production de semences (arrêt des usines ukrainiennes qui approvisionne les pays de l’Est) et les semis pour la récolte 2022, voire la suivante », indique les dirigeants du groupe coopératif.
 

Quid des assolements en 2022-2023 ?

« Au niveau de la coopérative Oxyane, grâce à l’offre de prix mutualisés via notre structure d’achat collectif sur le grand Est, nous avons assuré la disponibilité d’engrais à prix raisonnables à nos adhérents pour la campagne culturale 2021-2022 », affirme l’équipe de direction. A un mois des semis de printemps, les dirigeants n’attendent pas de grande évolution de l’assolement.

Quant à la campagne culturale 2022-2023, si les cours de l’énergie et des engrais restent élevés, et si le manque de disponibilité en tournesol ukrainien s’avère, on pourrait enregistrer un bouleversement de la sole en tournesol (non contraignant en termes d’irrigation) et en soja (moins gourmand en engrais azoté), s’inquiète l’équipe de direction.

« Il nous faut une véritable solidité financière pour passer certains caps difficiles, comme la Covid-19 ou la guerre en Ukraine, mais également une grande agilité pour profiter de toutes les opportunités de marché qui se présentent à nous. Cela marche ou cela ne marche pas mais dans tous les cas nous nous adaptons », conclut de Jean-Yves Colomb, Didier Levrat et Georges Boixo.

 

Vers une usine de trituration opérationnelle en 2023

« Les difficultés actuelles d’approvisionnement en tourteau de tournesol ukrainien pour les usines d’aliments françaises confirment la nécessité de développer notre résilience et notre indépendance alimentaire, notamment protéique », affirme l’équipe de direction d’Oxyane. Avant la période de crise, les opérateurs sur Sud-Est ont développé une filière soja locale non OGM, avec plus ou moins de réussite. « La Covid-19 et la guerre en Ukraine ont permis un alignement des planètes. Aujourd’hui, des aides pour développer les protéines végétales françaises sont débloquées, ce qui permet d’envisager de produire, transformer et consommer localement du tourteau de soja non OGM », déclare les dirigeants du groupe coopératif.
Le territoire d’Oxyane, qui s’étend sur les départements de l’Ain, de la Drôme, de l’Isère, du Jura, de la Loire, du Rhône, de la Saône-et-Loire, de la Savoie et de la Haute-Savoie (74), regroupe tous les types de productions animales et présente des conditions pédoclimatiques adaptées à la culture du soja. « Il nous manque juste une unité de transformation pour compléter notre filière Soja locale. Si tout va bien, notre outil de trituration devrait être opérationnel à la mi-2023, avec une dizaine d’emplois à la clef », se réjouit l’équipe de direction d’Oxyane. D’une capacité de 25 000 t de graine de soja, l’entité industrielle se situera entre un silo et une usine d’aliments pour animaux, sur son site de La Côte-Saint-André en Isère. « Cet équipement permettra, dans un premier temps de subvenir aux besoins d’Oxyane en termes de tourteau de soja. Les débouchés commerciaux au sein de filières spécifiques sont ainsi déjà assurés », précise les dirigeants du groupe coopératif. Et d’ajouter : « A terme, l’outil de trituration, dont la conception autorise un accroissement de sa capacité de production, permettra de répondre à la demande locale ».
Cet investissement de 5 M€ devrait être financé à 40 % par une subvention gouvernementale dans le cadre du Plan de relance. « Le dossier, soutenu en décembre, a été retenu mais nous n’avons pour l’heure aucune nouvelle concernant l’aide. Nous attendons l’arbitrage du ministère de l’Agriculture », indique l’équipe de direction d’Oxyane, qui poursuit : « Cependant, il nous faudra recalibrer les devis de construction, en prenant en compte la hausse actuelle du prix de l’acier ». Par ailleurs, cette usine de trituration, initialement dédié au soja, pourrait s’adapter à l’évolution du marché, notamment en termes d’approvisionnement en tourteaux de tournesol.

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