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Onic : légère hausse des semis de blé d’hiver

«AVEC LA PROPOSITION de Peter Mandelson, on maintient la préférence communautaire, mais pas avec les deux autres propositions (G20 et Etats-Unis). Ce qui corrobore les propos du commissaire européen au Commerce lorsqu’il explique que sa proposition est à la limite de l’acceptable, expliquait Bruno Hot, directeur général de l’Onic à l’occasion de son Comité permanent du 14 décembre. Au-delà d’une baisse de 50 %, le maïs européen est condamné.» L’Onic avait en effet effectué trois simulations avec les propositions que Peter Mandelson a présentées à l’OMC (baisse des droits de douane de 50 %), celles du G20 (-65 %) et des Etats-Unis (-85 %), en comparant le prix du maïs à Barcelone et le prix du maïs argentin auquel on a ajouté des coûts de fret pour arriver dans un port espagnol. Concernant le marché céréalier, l’Onic indique qu’après un début de campagne marqué par la forte concurrence de la mer Noire sur certaines de nos destinations de proximité, la France doit profiter de la période hivernale pour saisir toutes les opportunités. Les besoins du Maghreb et de l’Egypte sont en effet loin d’être couverts. Du succès de nos exportations dépendra en grande partie l’équilibre de nos bilans.

Maintenir une politique d’exportation dynamique

Avec près de 5 Mt de certificats d’exportation de blé délivrés depuis le début de la campagne, l’Union européenne a rattrapé son retard. Il faut poursuivre dans cette voie et donner aux opérateurs de la lisibilité pour la seconde partie de la campagne. La Commission européenne doit poursuivre une politique d’exportation dynamique, en adjugeant à l’exportation des quantités suffisantes pour ne pas plomber la prochaine saison. Les besoins des importateurs, Egypte comme Ma-ghreb, sont loin d’être couverts et l’Union européenne doit investir ce marché, au moment où nos principaux concurrents devraient être freinés par des difficultés logistiques hivernales.

Flux d’importation soutenu en blé et en maïs sur l’UE

En 2005/2006, les importations de céréales dans l’UE restent soutenues, en blé et en maïs. L’ouverture de nouveaux contingents en janvier (blé de basse et moyenne qualité et maïs abatimento à destination de l’Espagne) devrait amplifier ces flux. Alors que l’UE est globalement excédentaire et pourrait pourvoir à la plupart des besoins des Etats-membres déficitaires, certains d’entre eux préfèrent importer face aux difficultés intracommunautaires d’acheminement des marchandises. La performance des transports européens constitue aujourd’hui un enjeu crucial pour préserver la préférence communautaire.

Revente sur l’UE de 0,9 Mt de céréales d’intervention

Face au déficit fourrager de certains pays du sud de la Communauté, victimes de la sécheresse, la Commission européenne a décidé de remettre sur le marché une partie des stocks de céréales d’intervention communautaire dès le mois de juillet 2005. Près de 0,9 Mt de céréales d’intervention ont ainsi été revendues sur le marché européen depuis le début de la campagne, dont plus de 630.000 t ciblées sur l’Espagne.

Ces reventes permettent de désengorger progressivement les stocks de certains pays, en particulier des nouveaux Etats membres, qui ont eu massivement recours à l’intervention au cours de la campagne 2004/2005. Deux types d’adjudication ont ainsi été mises en œuvre par Bruxelles durant l’été. Il s’agit, d’une part, de la revente de plus de 800.000 t de maïs d’intervention sur l’ensemble du marché européen, au départ des stocks d’intervention allemand, autrichien, hongrois, français et polonais. Depuis le début de la campagne, près de 230.000 t de maïs ont ainsi été revendues sur le marché intérieur. Ces ventes se sont toutefois taries depuis deux mois, avec de faibles tonnages adjugés à partir des stocks français, désormais épuisés. A ces adjudications de maïs se sont ajoutées, depuis la mi-novembre, des remises en vente de blé d’intervention letton et lituanien ainsi que de seigle allemand pour la fabrication de bio-éthanol. Le deuxième type d’adjudication correspond à la revente sur le marché espagnol de céréales d’intervention (blé, maïs et orge), détenues par la Hongrie, la Slovaquie et l’Allemagne pour un volume initial de 500.000 t. Cette mesure n’a pas eu le succès escompté, avec quelque 50.000 t seulement adjugées à la mi-septembre. La Commission européenne a toutefois décidé de réactiver cette mesure et de l’élargir. Depuis le 6 octobre, 1 Mt de céréales d’intervention sont concernées (0,5 Mt de seigle allemand, 0,1 Mt de d’orge allemand, 0,2 Mt de blé hongrois, 0,1 Mt de maïs hongrois et 0,1 Mt de maïs slovaque). Le blé d’intervention français s’est ajouté à cette liste à la fin octobre, pour 0,2 Mt.

Premières offres françaises aux stocks communautaires

La campagne d’intervention 2005/2006 a démarré le 1 er novembre dernier. Certains pays européens ont eu recours au stockage public dès les premiers jours : la Communauté dénombrait déjà, début décembre, près de 4,7 Mt de céréales offertes à l’intervention. Comme l’an passé, ces offres sont particulièrement abondantes en Hongrie et en Allemagne. Pour l’heure, la France recense un peu plus de 30.000 t de céréales offertes à l’intervention, essentiellement du blé.

Légère hausse des semis de blé d’hiver, essor du colza

Selon les premières estimations de l’Onic, les surfaces consacrées au blé devraient légèrement progresser (+20.000 hectares environ soit +0,5 %) mais restent proches du niveau habituel de 4,9 millions d’hectares. Le blé dur gagnerait aussi quelque 25.000 hectares pour avoisiner les 450.000 hectares (+6 %). En progression régulière depuis plusieurs années, les surfaces en blé dur restent toutefois inférieures au record historique atteint en 1991/1992 (près de 495.000 hectares). Les prix attractifs de la campagne en cours et de la campagne précédente ont dopé cette culture en région Centre et en région Poitou-Charentes. En revanche, elle est en léger recul dans les zones traditionnelles de Marseille et Montpellier. Les surfaces en orges d’hiver devraient à peine progresser. Elles restent en deçà de 1,1 million d’hectares. En revanche, le colza, dopé par le développement des biocarburants, gagnerait 100.000 hectares pour couvrir plus de 1,3 million d’hectares, niveau proche du record atteint durant la campagne 1999/2000.

Au total, les cultures d’hiver occuperaient 150.000 hectares supplémentaires par rapport à 2005, laissant augurer une diminution des surfaces en jachère nue et/ou en maïs.

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