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Politique internationale
OCDE : trop de soutiens publics aux prix agricoles

L’organisation internationale estime que les soutiens étatiques provoquent encore trop de distorsions sur les marchés, et doivent être réorientés vers la gestion du risque contre les catastrophes naturelles.

© Isabelle Marandel - OCDE

Le rapport “Politiques agricoles : suivi et évaluation” du 28 juin de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) dresse un bilan assez négatif des soutiens publics à l’agriculture. Pour résumer, trop de pays utilisent des politiques de soutien aux marchés, générant des distorsions entre prix intérieurs et mondiaux. « Les progrès réalisés en matière de réduction des soutiens agricoles et de réorientation vers des mesures moins perturbatrices des marchés se sont largement ralentis », indique l’OCDE.

« Près de 70 % de la totalité des transferts vers ou financés par les producteurs agricoles restent attribuables à des mesures qui faussent leurs décisions », dénonce l’organisation. Elle estime que « le soutien total à l’agriculture dans les trente-six pays de l’OCDE s’est élevé à 325 milliards de dollars par an en moyenne sur 2016-2018, dont 72 % ont été versés aux producteurs eux-mêmes. Ce soutien représentait 18,5 % des recettes agricoles brutes sur 2016-2018 (30 % environ sur 2000-2002) ». Parmi ces aides à l’agriculture, près de la moitié d’entre elles est destinée à soutenir les prix de marché sur 2016-2018 (positivement ou négativement). Ces soutiens ont engendré des écarts entre marchés intérieurs et mondial, notamment en Inde (prix minimum pour le maïs et le soja accordés aux producteurs, relevant le prix intérieur par rapport au prix mondial) et en Argentine (taxes sur l’export de soja, engendrant des prix intérieurs inférieurs aux prix mondiaux).

L’OCDE prône la réduction, voire la suppression, des soutiens aux marchés, notamment ceux liés à la production, incitant les agriculteurs à utiliser trop d’intrants, et de les réorienter vers la gestion du risque contre les catastrophes naturelles, que le privé ne peut assumer. Le rapport alerte sur le fait que « les performances environnementales de l’agriculture progressent moins vite, voire qu’elles régressent depuis le milieu des années 2000 ». Une hausse des investissements publics et privés dans les systèmes d’innovation agricole et les infrastructures rurales est nécessaire pour combiner hausse de la production et baisse de la pression environnementale, selon l’organisation. Enfin, l’accélération des accords de libre-échange est également vue « comme un moyen d’aller de l’avant ».

 

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