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Protéagineux
Moins de féveroles en 2018 ?

Des experts de Terres Univia se montrent pessimistes concernant l’avenir de la féverole française. Celui du soja s’annonce sous de meilleures auspices.

Gousse de féveroles
© Jean Weber / Inra

« On pourrait voir une forte baisse des surfaces hexagonales de féverole ensemencées au printemps, entre 2017 et 2018 », s’est inquiétée Françoise Labalette, responsable Amont de Terres Univia le 27 février, en marge d’une conférence sur la protéine végétale au Salon international de l’agriculture. Si les experts de Terres Univia ont refusé de donner des projections précises, ses derniers voient plusieurs signes préoccupants : prix bas, agriculteurs, OS et industriels (alimentation animale et humaine) peu intéressés, en raison notamment du manque de solution pour lutter contre la bruche. « Seule la demande norvégienne, pour de la féverole décortiquée, permet de tenir le marché français pour le moment », concède Jean-Paul Lacampagne, analyste de Terres Univia. Les problèmes de bruche ont fermé les portes du marché égyptien, pénalisant fortement la filière. Les surfaces nationales décrochent, passant de 87 000 ha en 2015/2016 à 77 000 ha en 2017/2018, selon les chiffres de FranceAgriMer (Fam) de février 2018.

Pour le pois, la situation est plus mitigée. D’un côté, les problèmes de bruche et l’accès plus difficile au marché indien (hausse des taxes à l’importation) inquiètent. Mais de l’autre, « nous arrivons toujours à fournir des marchandises de qualité humaine à l’Inde », souligne Jean-Paul Lacampagne. « La Belgique (qualité animale) se montre également intéressée, tout comme des industriels français, tels que Roquette », ajoute Françoise Labalette. Ainsi, difficile pour ces experts de prévoir l’évolution des surfaces entre 2017 et 2018. Selon Fam, elles se sont stabilisées entre 2016 et 2017 à 218 000 ha.

Du soja dans le Nord-Est ?

Pour le soja, Terres Univia voit l’avenir plus sereinement. La production française progresse, s’élevant à 411 000 t en 2017 (342 000 t en 2016) selon Fam. « Les coopératives du Sud-Ouest intègrent peu à peu la rotation maïs-soja. […] Vivescia fait des tests pour implanter la culture dans le Nord-Est », renchérit Françoise Labalette. Le lancement en 2018 du soja certifié origine France non-OGM laisse espérer à la fois un intérêt accru des industriels et des producteurs pour la culture, selon Terres Univia.

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