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L’ex-Union soviétique en pôle position des céréaliers

La mer Noire cherche des investisseurs étrangers pour revenir en force sur les marchés céréaliers mondiaux

LA PART DES EXPORTATIONS russes sur le marché mondial des céréales pourrait atteindre les 20 % d’ici une dizaine d’années. Avec près d’un milliard de personnes sous-alimentées selon la FAO, la Russie, qui détient 40 % du tchernoziom mondial, entend bien répondre, en partie, à cette demande croissante en produits agricoles. Selon le président russe Dmitri Medvedev, qui accueillait les 6 et 7 juin à St Petersbourg le premier forum mondial des céréales, « la garantie de la sécurité alimentaire dans le monde passe par la résolution du problème des marchés céréaliers, et notamment par la limitation des utilisations bioénergétiques des matières premières alimentaires. » A cette occasion, les enjeux du développement des capacités agraires des pays de l’Est ont été évoqués, avec un focus particulier sur la Russie, où les perspectives d’accroissement des volumes de production de céréales sont plus importantes qu’ailleurs.

Retour aux niveaux de production d’antan
Les pays de l’ex-URSS ont perdu 24 Mha de terres arables depuis 1991 dont les trois quarts en Russie, a indiqué Dmitri Rylko, directeur de l’institut russe de conjoncture du marché agraire. Il met en cause « l’exploitation totalement improductive des terres agricoles du temps de l’Union soviétique, ainsi que la chute brutale des soutiens au secteur céréalier. » « La Russie n’a pas seulement du gaz, du pétrole et des métaux, nous avons aussi beaucoup de ressources céréalières », rappelle la ministre russe de l’Agriculture, Elena Shrynnik.
Ces dernières années, le pays est revenu dans le trio de tête en terme d’exportations, avec 108,4 Mt de céréales récoltées sur 2007/08, dont 20 Mt exportées. Le gouvernement russe souhaite accroître les productions jusqu’à 136 Mt de céréales afin d’en exporter 50 Mt d’ici 10 à 15 ans. Le président russe a souligné « l’importance pour les productions de céréales de la mer Noire d’accéder à de nouveaux marchés » et se dit prêt à créer « un couloir céréalier » vers l’Asie. Mais les obstacles restent nombreux en raison d’un sous-investissement dans les infrastructures.
Soutien aux investissements étrangers
Le principal défi auquel doit faire face le gouvernement russe est « le développement des infrastructures », selon Dmitri Rylko, qui pointe la vétusté des silos ainsi que leur nombre insuffisant. Les investissements nécessaires au développement du secteur ont été freinés par la crise financière. Dmitri Medvedev se dit prêt à soutenir tout investissement étranger à long terme dans l’agriculture de son pays. « Si des partenariats avec des étrangers existent pour l’exploitation minière et pétrolière, pourquoi pas dans l’agriculture ? » a déclaré Viktor Zoubkov, le vice-Premier ministre russe.
Vers un pool céréalier de la mer Noire
La Russie, l’Ukraine et le Kazakhstan s’en­gagent dans la phase officielle de la création d’un pool céréalier. Les volumes exportés par ces trois pays représentaient 26 à 27 % des expéditions céréalières mondiales en 2008/09. L’objectif serait d’atteindre les 30 à 35 % afin d’occuper une position prédominante à l’inter­national. Le pool permettrait une entraide au niveau des techniques de production et des soutiens financiers, ainsi qu’une mutualisation des investissements.

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