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Marché russe des grains
« Les taxes vont réduire de 2 à 3 Mt les exportations russes de blé tendre sur 2020/2021 »

Andrey Sizov, dirigeant du cabinet d’analyse russe SovEcon, a donné sa vision au sujet des récentes taxes sur les exportations de blé tendre russe décidées par le gouvernement local, lors d’un webinaire le 15 décembre.

© Hans-Pixabay

La décision russe du 15 décembre d’instaurer des taxes sur les exportations nationales de blé tendre pourrait engendrer « un repli de 2 à 3 Mt des ventes extérieures du pays sur la campagne commerciale 2020/2021 », a déclaré Andrey Sizov, dirigeant du cabinet d’analyse russe SovEcon, lors d’un webinaire organisé par le Chicago Mercantile Exchange le 15 décembre. Ainsi, les expéditions russes tomberaient à 37,8-38,8 Mt, contre 40,8 Mt prévu avant l’implantation de ladite taxe, d’après la même source.

Potentielle hausse des prix FOB Russie de 2 % à 4 % sur décembre-janvier

Les prix portuaires et sur le marché intérieur russes s’en verraient bien entendu affectés. « Nous prévoyons une hausse des prix FOB Russie de 2 % à 4 % pour des chargements sur décembre-janvier », rapporte Andrey Sizov. En effet, la demande portuaire risque de grimper, les exportateurs souhaitant exporter un maximum avant l’introduction de la taxe. Sur le marché intérieur, « les agriculteurs et organismes stockeurs seraient les principales victimes de la taxe. Il n’est pas impossible qu’une baisse des prix sur le marché intérieur russe de 10 % survienne lors des deux prochains mois », souligne l’analyste.

Les taxes à l’export s’élevant à 0 % pour l’orge et le maïs (au cas où le quota de 17,5 Mt n’est pas dépassé), Andrey Sizov ne prévoit pas de bouleversement majeur concernant les prix de ces commodités. « Il se pourrait qu’une légère baisse des cours survienne, compte tenu d’une offre en blé plus importante disponible pour les usages en alimentation animale. Mais ces reculs potentiels de cours devraient s’avérer moins marqués que ceux du blé tendre », précise-t-il.

Les pires conditions de semis depuis dix ans en Russie !

La politique gouvernementale restrictive au sujet des exportations russes devrait ainsi engendrer une hausse des stocks de report 2020/2021. Et donc faire pression sur les prix lors de la prochaine campagne ? Un stock russe plus important au démarrage de la campagne commerciale 2021/2022 est effectivement un facteur baissier, mais Andrey Sizov alerte sur la possible baisse de la récolte 2021/2022 : « Les conditions de semis sont les pires depuis dix ans ! ».

76,8 Mt de blé tendre russe en 2021/2022 ?

En effet, les agriculteurs russes ont semé leurs blés d’hiver dans des conditions extrêmement sèches. Les jeunes plantes devront donc affronter l’hiver dans un état fragilisé, et plus de 15 % des surfaces risquent de souffrir de « winter kill », indique le cabinet SovEcon. Au total, 22 % des surfaces d’hiver en Russie se développent dans des mauvaises conditions.

Si les surfaces d’hiver russes devaient augmenter entre les campagnes commerciales 2020/2021 et 2021/2022 passant de 16,5 à 18,6 Mha, les basses températures pourraient détruire des millions d’hectare, faisant finalement passer la sole de blé d'hiver à 15,5 Mha. Ainsi, « nous tablons sur une récolte russe à 76,8 Mt pour 2021/2022, pour une sole à environ 28,5 Mha, contre 85,5 Mt en 2020/2021, sur 29 Mha. Les surfaces de printemps pourraient augmenter, mais ne compenseraient pas les pertes de sole d’hiver, les variétés d’hiver étant plus productives », souligne Andrey Sizov. Il ajoute que le chiffre de 76,8 Mt pourrait être revu à la baisse, au vu des conditions d'emblavements très défavorables. Néanmoins, il convient de rester prudent quant à ces chiffres, beaucoup de choses pouvant se passer durant la campagne culturale 2020/2021.

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