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Maïs semences
Les multiplicateurs veulent une sécurisation des prix généralisée

Les rémunérations des producteurs de maïs semence seront cette année très variables. Tous les exploitants n’ont pu bénéficier d’un mécanisme de sécurisation des revenus fondé sur un prix plancher

« Cette année, il va y avoir des écarts de produit brut de 600 €/ha entre agriculteurs d’une même zone », a déploré Dominique Van Tornhout, producteur de maïs semences en Haute-Garonne, à l’occasion de l’assemblée générale de l’AGPM maïs semences, qui s’est déroulée le 16 septembre à Cournon d’Auvergne. En cause : le manque de mécanisme de régulation des prix. En 2008, mécontents de leur système de rémunération qui ne tenait pas compte de la volatilité des cours du maïs consommation, les producteurs ont négocié avec les semenciers la mise en place d’une nouvelle formule de calcul. Le produit brut d’un hectare de maïs semence y est égal à celui d’un hectare de maïs consommation additionné des charges spécifiques à la culture et d’une incitation à la production. Reconduit en 2009, cet accord s’est enrichi d’une recommandation nationale : mettre en place au niveau local un mécanisme permettant de prendre en compte la volatilité des céréales. L’objectif est de pouvoir encadrer les prix par des valeurs plancher et plafond.

Un prix plancher fixé en moyenne à 135 €/t
    Une idée « pas si idiote que ça », a plaisanté Pierre Blanc, président du syndicat, puisque la filière a utilisé ce mécanisme sur 70 % des surfaces cette année. En moyenne, le prix plancher a été fixé à 135 €/ha, pour une incitation de quelque 600 €/ha. Rappelons qu’aujourd’hui, le cours du maïs consommation rendu Bordeaux dépasse tout juste 110 €/t. Une opération plutôt profitable pour les producteurs, donc… sauf que 30 % d’entre eux n’ont pu bénéficier du système. « Nous n’avons pas réussi à obtenir de prix plancher de la part de notre semencier », a par exemple expliqué Benoît Laborde, producteur de maïs dans les Landes. De fait, Euralis semences et Maïsadour semences pour la façade atlantique ou Valgrain en Rhône-Alpes ne sont pas entrés dans la démarche. « Quand voici deux ans, nous avons décidé d’indexer dans une formule le prix du maïs semence à celui du maïs consommation, nous avons désécurisé le revenu car la volatilité du maïs s’était accrue », a commenté Régis Fournier, vice-président de l’UFS (Union française des semences), le 17 septembre, lors de l’assemblée générale de la FNPSMS (Fédération nationale de la production des semences de maïs et de sorgho), à Cournon.

Diffuser les informations aux producteurs avant la mi-janvier
    Pour ce responsable syndical, également directeur de Maïsadour semences, « des mécanismes de sécurisation se sont mis en place dans tous les réseaux de multiplicateurs ». Son entreprise a par exemple choisi de garantir une enveloppe à l’agriculteur, quels que soient ses rendements. Une mesure qui ne satisfait pas Anne-Claire Vial, productrice dans la Drôme : « Attention à l’intégration », prévient-elle.
    Les discussions entre producteurs et semenciers devraient se poursuivre dans les mois prochains. « Nous aimerions diffuser les informations sur le terrain avant la mi-janvier », a précisé Pierre Blanc, le 17 septembre, dans le cadre de la FNPSMS. Quoi qu’il arrive, la question ne sera probablement pas définitivement réglée. Comme l’a souligné Pierre Blanc le 16 septembre, « si l’on accepte le principe d’un prix plancher, cela signifie que lorsque le maïs consommation sera au-dessus du prix plafond, on ne dira rien ». Cette année, cette valeur plafond est fixée en moyenne autour de 185 €/t… Un chiffre qu’il sera toutefois bien difficile de ne pas rediscuter si le prix du maïs consommation dépasse de nouveau 200 €/t, comme en 2007.

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