Aller au contenu principal

Comment la grève des dockers sur les ports français pénalise les exportations céréalières ?

Après un mois de grève perlée, la Fédération nationale des ports et docks CGT appelle à de nouvelles actions en mars et adresse un courrier au président de la République.

 

Port de La Rochelle
Les zones portuaires en France sont perturbées par des mouvements sociaux des dockers et travailleurs portuaires concernant la retraite de ces derniers.
© Thierry Michel

La Fédération nationale des ports et dockers CGT, estimant que le gouvernement n’a pas répondu à ses attentes sur le sujet de la retraite des ouvriers dockers et travailleurs portuaires (avec des sujets liés comme la pénibilité au travail et l’amiante), a décidé, le 24 février, de renouveler en mars les modalités d’actions déjà prises en février. 

Lire aussi : Comment les grèves perturbent le transport des grains en France ?

Elles comprennent notamment la poursuite des arrêts des heures supplémentaires et des arrêts de travail de 4 heures les mardi 4, jeudi 6, lundi 10, mercredi 12, vendredi 14, lundi 24, mercredi 26 et vendredi 28 mars. La Fédération appelle aussi à une période de 72 heures d’arrêt de travail les 18, 19 et 20 mars ainsi qu’à une opération « Ports morts » le 18 mars.

Le mouvement social provoque des retards de chargement/déchargement, des surcoûts, des baisses de cadence et détourne certains clients vers des destinations autres que les ports français

Le syndicat a également décidé d’envoyer un courrier au président de la République, rappelant notamment l’historique de cette problématique depuis 2021. La Fédération nationale des ports et docks CGT a prévu une nouvelle assemblée générale le 25 mars pour examiner la suite à donner à ses revendications. De leur côté, les Unions maritimes portuaires ont aussi sollicité le gouvernement. « Nous avons envoyé une lettre au premier ministre et au ministre des transports pour lui demander de statuer sur ce sujet », explique Sébastien Hamon, directeur du pôle solides chez Sica Atlantique sur la zone portuaire de La Rochelle.

Perturbations pour les activités des chargeurs

Les grands ports traitant des grains et produits issus des grains, comme Rouen (Rouen et Grand-Quevilly) et Nantes Saint-Nazaire (Montoir et Donges) par exemple, ont été gênés dans leur activité (céréales, trituration, cacao…) en février (avec notamment une opération « Ports morts » le 27 février), avec des interruptions totales des opérations pendant les plages d’arrêt de travail de quatre heures programmées et des blocages de la circulation des camions au niveau des accès. 

Certains professionnels, travaillant avec les ports et les chargeurs, constatent des retards et des surcoûts (jusqu’à +25 % selon certains) dans leur programme commercial. D’autres acteurs estiment que les dockers se trompent de cible en bloquant les activités et suggèrent que ce sont les représentations de l’Etat dans les régions qui devraient faire l’objet des actions de contestation et non les acteurs économiques en première ligne.

« Nos entreprises souffrent. Ce mouvement national nous fait très mal voir à l’étranger avec des clients internationaux qui commencent à considérer d’éviter la France comme destination et envisagent d’autres pays comme point de chargement ou déchargement. Certains bateaux sont en attente au large et nos cadences de traitement sont considérablement ralenties », précise Sébastien Hamon. Ces baisses de gestion des flux peuvent atteindre -15 à -20 % dans certains cas, notamment au moment des débrayages de quatre heures. 

Le port maritime de Dunkerque ne semble pas impacter par ce mouvement. 

Cette situation pourrait devenir préoccupante dans les jours qui viennent, en particulier en matière de déchargement de fertilisants dont les agriculteurs ont besoin en sortie d’hiver. Attention aussi à un pic d’activité si une issue rapide est trouvée.  

Les plus lus

<em class="placeholder">granulé d&#039;engrais blancs</em>
Marché des engrais : incertitudes, tensions et ajustements face au MACF

La mise en place du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) par l’Union européenne a fortement impacté le marché…

Alain Charvillat, directeur Céréales export de Sénalia.
« Cette première partie de campagne céréalière est une bonne surprise en termes de flux à l’exportation », indique Alain Charvillat

Le directeur Céréales export de Sénalia, le plus important terminal portuaire de Rouen, est plus que satisfait du trafic de…

Photo d'Amadou Sarr, analyste chez Stratégie Grains, filiale d'Expana.
« Les exportations françaises de blé sont finalement moins exposées à la menace argentine que les origines mer Noire », déclare Amadou Sarr, analyste chez Stratégie Grains

La récolte record de l’Argentine en blé ne devrait pas pénaliser outre mesure les exportations françaises de blé tendre sur la…

Portrait de Pierre-Jean Huré, directeur commercial du groupe Sica Atlantique
« Nous espérons une meilleure dynamique à l’exportation en blé tendre sur la seconde partie de campagne », indique Pierre-Jean Huré

Le directeur commercial du groupe Sica Atlantique fait le bilan du premier semestre de la campagne de commercialisation 2025-…

De gauche à droite : Franck Bluteau, nouveau président de la Cavac, Jérôme Calleau, ancien président de la Cavac, et Olivier Joreau, directeur général
La coopérative Cavac garde un résultat net positif en 2024-2025

La campagne 2024-2025 a été difficile pour la Cavac, avec une forte baisse des volumes. Le résultat net de la branche…

Diego de la Puente, analyste du marché des grains chez Novitás.
Une récolte de blé record en Argentine pénalisée par la qualité

L’abondante récolte de blé argentin lui confère une grande compétitivité en ce début d’année. Les ventes vers l’Asie sont très…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne