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Les aliments d’allaitement incorporent désormais des huiles végétales durables voire de l'huile d'insecte

Avec -1,5 % en volume depuis début 2024, les aliments d’allaitement connaissent un certain répit après -12 % en 2022 et -6 % en 2023. Les opérateurs cherchent des relais de croissance dans l’innovation et l’international.

Les aliments d’allaitement se partagent entre ceux pour veaux de boucherie, principalement utilisés en intégration, et ceux pour les veaux d’élevage.
© indigoblues38 de Pixabay

La France est passée de 300 000 t d’aliments d’allaitement en 2021 à 250 000 t en 2023. « Le marché a perdu 50 000 t en deux ans mais l’année 2024 devrait revenir à une certaine stabilité », confirme Olivier van Ingelgem, directeur du SDVF (Syndicat De la Vitellerie Française). 

Les chiffres de volumes combinent les deux segments : les aliments d’allaitement pour veaux de boucherie, principalement utilisés en intégration, et les aliments pour les veaux d’élevage. 

Les raisons de cette décroissance sont nombreuses en commençant par la tension sur les veaux de 8 jours, le cours des produits laitiers (même s’ils redeviennent plus accessibles actuellement), l’inflation qui a explosé en 2022 après le coup d’arrêt lié aux confinements de 2020 et 2021 pour une viande relativement chère, sans oublier la concurrence de l’Espagne sur la ressource en veaux et l’arrêt de l’importation de veaux d’Irlande dans le cadre de la loi de santé animale dans l’objectif d’éradiquer la maladie IBR. 

Entre reformulation, concentration d'entreprises, matières premières durables et exportations...

Dans le premier cas, les intégrateurs ont réagi au contexte économique difficile en actionnant deux leviers : le changement de formules par la substitution de la poudre de lait écrémé par de la poudre de lactosérum, ou ses dérivés, afin de réduire le coût de leurs matières premières, et l’évolution du programme alimentaire avec la réduction des volumes distribués par un apport plus précoce de fibres.

 

 

Les difficultés économiques ont également conduit à des restructurations : ainsi, en avril dernier, Laïta et Even ont cédé leur filiale Ouest Elevage au groupe néerlandais VanDrie. Le groupe possède la marque d’aliments d’allaitement Schils, produits aux Pays-Bas, et dispose de deux abattoirs dans l’Hexagone (Sobeval et Tendriade). Une soixantaine d’éleveurs sont concernés par cette migration dans une nouvelle filiale nommée Production veau ouest. 

Du côté des matières premières, la tendance des aliments d’allaitement au même titre que toute la nutrition animale française est au recours aux matières premières durables, soja mais aussi palme.

Denkavit innove

L’approvisionnement local monte ainsi dans les communications des entreprises. Pour sa gamme d’aliments pour veaux d’élevage, Denkavit vient ainsi d’annoncer la sortie de "Denkamilk origin" qui contient un mélange de matières grasses d’origine européennes : huile de tournesol, de colza et de lin mais aussi d’insecte. « Denkavit est la première entreprise à incorporer de l’huile d’insecte dans un aliment d’allaitement pour veau. Son profil en acides gras correspond à celui d l’huile de coprah et Denkavit a démontré que leurs propriétés zootechiques sont identiques, notamment pour la bonne santé du microbiote ». Cet aliment, destiné donc aux futures vaches laitières, comporte aussi 100 % de protéines d’origine laitière, selon l’entreprise.

Autre relai de croissance, l’international. Plusieurs opérateurs hexagonaux ont une tradition d’exportation. L’idée est d’aller encore plus loin et, collectivement, la profession travaille avec les services de l’Etat sur l’ouverture d’un marché de taille, le marché chinois, notamment pour l’alimentation des porcelets

Lire aussi : "Nutrition animale : « La Bretagne dispose d’un potentiel important mais seul le redémarrage de l’élevage pourra contrer vingt-quatre ans de récession », affirme Hervé Vasseur"

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