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Filière amidon
Le secteur de l’amidonnerie présente une stratégie intégrant la Covid-19

A l’occasion de leur Assemblée générale, les amidonniers ont fait le point sur le monde d’aujourd’hui mais surtout sur celui de demain.

L'Assemblée générale de l'Usipa a permis à Thomas Gauthier, son délégué général, de présenter les priorités de demain pour le secteur.
© Usipa

L’Union des syndicats des industries des produits amylacés et de leurs dérivés (Usipa) a tenu son Assemblée générale ce mercredi 30 septembre, une AG en virtuel en raison de la crise sanitaire. Après avoir expliqué l’impact et les conséquences du Coronavirus sur le secteur, Thomas Gauthier, délégué général, a présenté une stratégie et des pistes de développement pour les années à venir.

Les ingrédients issus des matières premières utilisées par les amidonniers ont été reconnus, tout comme l’agriculture et l’agroalimentaire, comme secteur essentiel pour la Nation, comme défini par le président de la République et son gouvernement au moment du confinement et du quasi-arrêt de l’économie française. Les produits d’amidonnerie se retrouvent en effet présents dans l’alimentation au quotidien de tous (+ 123 % pour les ventes de maïzena lors du confinement) et dans l’alimentation spécialisée infantile et pour les seniors. Sans compter, hors alimentaire, les utilisations en solutions hydroalcooliques ou encore dans les poches de dialyse.

« Le secteur n’a connu aucune interruption de production et a été résilient, tout en s’adaptant en continu » a précisé Thomas Gauthier. Les problématiques se sont situées plutôt au niveau de la logistique (fret routier et ferroviaire) et au niveau de la façon de penser les modalités de travail. « Tout cela a engendré des surcoûts significatifs, pouvant aller jusqu’à 20 % dans certains cas précis ».

Si l’activité a bien redémarré post confinement, « le redressement est long à venir ». Les utilisations se sont bien maintenues pendant le confinement (+ 3 % comparé à la même période l’an passé) mais « les incertitudes liées à la reprise du marché des clients » ont caractérisé le secteur en juin. Pour la suite, tout repose sur cette fameuse reprise des marchés.

Penser la suite

En parallèle des difficultés conjoncturelles liées à la Covid-19, les représentants de l’Usipa ont profité de cette AG pour redéfinir « les priorités de demain », intégrant les nouveaux comportements sociétaux et de consommation émergents, et renforcés pour certains par la crise sanitaire, en matière d’alimentation. Les gens (people), la planète (planet) et les bénéfices (profit) sont au cœur de cette évolution.

Tout d’abord, il s’agit de de défendre la compétitivité de cette industrie en préservant le tissu économique et social des territoires où elle est implantée tout en garantissant l’indépendance de l’approvisionnement de la France. Rattraper le retard du fret ferroviaire apparaît ainsi comme un aspect essentiel. « En amidonnerie, 50 % des matières agricoles nécessaires au secteur sont livrées par le train. Or, la moitié des lignes de déserte fine du territoire (lignes capillaires) sont en danger. 590 km de voies ont une pérennité inférieure à 5 ans et 397 km à deux ans. Il faut donc investir en priorité sur ces tronçons pour préserver le raccordement au réseau ferré » précise Thomas Gauthier. C’est pourquoi l’Usipa a présenté au gouvernement un schéma directeur national sur ce sujet, porté avec Intercéréales. Le renforcement du transport par train s’inscrit aussi dans la logique de décarbonation et de développement durable des transports en général.

Par ailleurs, l’union de syndicats du secteur prévoit aussi de travailler sur l’intégration de matières premières adaptées au réchauffement climatique, au développement des énergies renouvelables utilisées pour la production, à la réduction de la consommation en eau par le secteur et enfin à la réduction des émissions de polluants.

Enfin, autre axe de travail : une nouvelle offre pour le consommateur. Cela passe par le développement des produits biosourcés issus de biomasse renouvelable et évitant le rejet de CO2. Cela passe aussi par le développement de travaux autour des protéines végétales pour accompagner la transition alimentaire. « Nous saluons les 100 M€ annoncés pour le plan protéine mais si on veut tout faire sur ce sujet, c’est bien peu » regrette toutefois Thomas Gauthier, qui met cette somme en perspective en citant les 1,2 md€ accordés au secteur agricole ou encore aux 4,7 Mds€ du secteur ferroviaire du plan France Relance.

« Le secteur est certes un peu chahuté avec la crise sanitaire et nous avons beaucoup d’interrogations par rapport à la reprise mais nous saluons le plan France Relance. Nous allons nous investir, notamment pour trouver de nouveaux débouchés. Quant à la décarbonation, elle ne se décrète pas, elle se construit avec l’ensemble des parties prenantes » a conclu Marie Laure Empinet, présidente de l’Usipa.

 

L’amidonnerie, un secteur ancré dans les territoires et fortement exportateur
Lors de la conférence de presse qui a précédé l’Assemblée générale, Thomas Gauthier, le délégué général de l’Usipa, a rappelé quelques chiffres pour l’année 2019. Le secteur représenté par cet organisme a réalisé un chiffre d’affaires de 3,1 Mds €, dont 2 Mds € pour les seuls produits amylacés, en 2019 et 3,1 Mt d’amidon produit. Cette « industrie de territoires » (15 900 emplois en France) est composée de 4 entreprises établies en France (ADM, Cargill, Roquette et Téréos) à travers 10 sites industriels (situés essentiellement dans les Hauts-de-France et le Grand Est) et réalise 75 % de son chiffre d’affaires à l’exportation (50,5 % dans l’UE, le solde sur pays tiers). L’amidonnerie, c’est aussi 650 kha de surfaces agricoles concernées, 6 Mt de matières premières agricoles valorisées (dont 2,7 Mt de blé et 2,1 Mt de maïs). Le secteur comprend bien sûr la production d’amidon mais aussi les produits d’hydrolyse, le gluten er des coproduits. L’alimentaire utilise 51 % de l’amidon produit en France. Le secteur de la boulangerie, pâtisserie et biscuiterie consomme 10 % de cette production (derrière la confiserie/chocolaterie, les entremets/crèmes glacées et la conserve de fruits et confitures).
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