Aller au contenu principal

Transport routier
Le maillage des stations BioGNV se densifie

La décarbonation des activités industrielles passe aussi par les poids lourds. Dans l’éventail des solutions, le carburant, comme le BioGNV distribué dans le réseau GRDF, devient plus accessible avec la densification du maillage des stations.

Une cinquantaine de stations publiques qui délivrent du BioGNV ont été ouvertes cette année.
© GRDF

Avec près de 200 stations publiques qui délivrent du gaz naturel renouvelable pour véhicules (BioGNV), dont une cinquantaine ouverte cette année, la question de l’autonomie des poids lourds qui roulent avec ce carburant s’allège. « La technologie est mature avec des constructeurs de matériels très engagés comme Scania et Iveco qui continuent à faire évoluer leurs gammes. Nous sommes à 400 km d’autonomie pour des tracteurs avec remorque très chargés et à 800 km voire 1000 km pour les porteurs », explique Benjamin Simon, responsable du marché de la mobilité chez GRDF pour les régions Bretagne, Pays de la Loire et Centre Val de Loire. « La technologie est éprouvée avec près de 28 millions de véhicules dans le monde. Et, quelle que soit leur génération, les quelques 20 000 véhicules qui roulent au GNV en France bénéficient de la vignette Crit’Air1 », souligne-t-il.

Les récentes enquêtes sur la réduction des émissions de particules fines (-95 % par rapport à la norme EuroVI) et de Nox (-50 % par rapport au seuil de la norme), du carbone (-80 % pour le Bio GNV comparé au diesel, selon la dernière étude Ademe) mais aussi du bruit (-50 % d’un diesel) motive la transformation de flottes de transport de personnes et de bennes à ordure mais aussi le transport de marchandises.

Pour ce dernier, GRDF comptabilise 6 000 véhicules dont un millier de nouveaux camions cette année, soit plus de 4 % des ventes en France.  « La trajectoire de décarbonation nationale prévoit que 60 % des poids lourds immatriculés en 2050 rouleront au BioGNV », indique Benjamin Simon. Les entreprises profitent d’avantages fiscaux : suramortissement de 140 %, exonération totale ou partielle de la vignette. Certaines régions soutiennent l’investissement, jusqu’à 10 000 € par véhicule si son propriétaire s’engage sur le BioGNV.

Un équilibre directement corrélé au nombre de kilomètres

Face au choix « diesel », l’équilibre économique pour le BioGNV est directement corrélé au nombre de kilomètres parcourus. « Les utilisateurs nous disent que pour un matériel de cinq ans, qui est la durée moyenne de la présence d’un poids lourd dans leur parc, l’équilibre par rapport au diesel est atteint entre 80 000 km/an  et  90 000 km/an. Nous verrons aussi comment le marché de la revente va s’organiser dans les années à venir car les premiers véhicules arrivent à quatre-cinq ans. Plusieurs transporteurs nous ont dit qu’ils envisageaient de les faire rouler plus longtemps puisqu’ils n’ont pas de soucis mécaniques », précise l’expert.

Aujourd’hui, 20 % des camions roulant au gaz naturel roulent en fait au BioGNV, qui est de 10 % à 15 % plus cher que le GNV mais garantie une réelle décarbonation. Sa production est largement suffisante pour couvrir les besoins de gaz liés à la mobilité : la production est en effet de 4 TWH injectés dans les réseaux GRDF pour 2 TWH de ce type de consommation. La production devrait d’ailleurs dépasser 12 TWH en 2023 pour un besoin estimé de 3 TWH pour la mobilité. Outre le réseau de stations publiques, il existe un modèle d’usage direct du gaz issu d’une station de méthanisation même si, à l’instar de l’électricité, le modèle contractuel favorise l’injection dans le réseau avec un tarif de rachat garanti. « Une unité moyenne de méthanisation (300 normo m3H) couvre le besoin de deux à trois poids lourds, selon leur nature et leur charge. Il est donc envisageable d’investir dans une station privative pour un coût de 200 000 € à 1 M€ » conclut Benjamin Simon.

Les plus lus

Tracteur qui épand des engrais dans un champ de blé.
FranceAgriMer : des bilans céréaliers lourds de nature à peser sur les prix

Le Conseil spécialisé Grandes cultures de FranceAgriMer s’est réuni le mercredi 15 avril 2026 pour analyser le marché des…

<em class="placeholder">Champ de soja sur le point d&#039;être récolté, dans la province de Buenos Aires, en Argentine.</em>
Des tourteaux de soja OGM brésiliens et argentins interdits en Europe détectés aux Pays Bas

La Chambre des huiliers argentins a confirmé auprès de La Dépêche-Le Petit Meunier que les douanes hollandaises ont émis une…

Graphique de la production d'aliments pour animaux par segment de marché.
Alimentation animale : baisse de près de 4 % des fabrications d'aliments en janvier

Le tonnage d’aliments pour animaux produit en France s’est replié en janvier 2026 par rapport à décembre 2025 et janvier 2025…

pistolets à carburants
Un surcoût de l’aliment pour animaux de 3 €/t en France conséquence de l’augmentation du prix du gazole

La hausse brutale du prix du gazole est répercutée sur les entreprises de la nutrition animale, dans un cadre légal.

Photo de blé, farine et pain.
Marché bio : activité en céréales atone sur la fin de campagne, complexe oléagineux sous tension

Les prix des céréales semblent amorcer une détente en fin de campagne, en raison de faibles volumes d’affaires. 

Marché des céréales du 1er avril - Les cours du blé et du maïs suivent la baisse de prix du baril de pétrole

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 31 mars et le 1er avril 2026, expliquée par La…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne